
• Plus de 230 morts dans la ville rebelle et Obama demande à Al-Assad de quitter le pouvoir
• Sergueï Lavrov et le chef des renseignements extérieurs russes, ce mardi, à Damas
DAMAS (AFP) — Les forces syriennes ont bombardé hier la ville rebelle de Homs, tuant plus de 230 civils dans un «massacre terrifiant», a affirmé l’opposition, les Occidentaux restant déterminés à voter un texte à l’ONU condamnant la répression en Syrie malgré l’opposition de Moscou.
La tuerie à Homs (centre), démentie par le régime syrien, a été condamnée par les capitales occidentales.
Le président américain Barack Obama a demandé hier au président syrien Bachar Al-Assad de quitter le pouvoir, accusant son régime d’avoir «assassiné des civils» lors des «attaques abominables» qui ont eu lieu dans la ville de Homs dans la nuit de vendredi à samedi.
«Assad doit arrêter tout de suite les tueries et les crimes contre son propre peuple, il doit quitter le pouvoir et permettre la mise en place immédiate d’une transition démocratique», a indiqué M. Obama dans un communiqué.
«Hier, le gouvernement syrien a assassiné des centaines de citoyens syriens, dont des femmes et des enfants [...] je condamne fermement ces attaques abominables du gouvernement syrien contre le peuple de Homs et je présente ma plus profonde sympathie à ceux qui ont perdu des proches», a ajouté le président américain. [...]
De son côté, la Russie a décidé d’envoyer mardi à Damas son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et le chef des renseignements extérieurs russes, Mikhaïl Fradkov, pour tenter de trouver une issue pacifique à la crise.
Malgré au moins 6.000 morts selon les militants depuis le début de la révolte mi-mars 2011, l’ONU s’est montrée jusqu’à présent incapable d’adopter une résolution sur la Syrie. Un précédent texte a été bloqué en octobre par un veto russe et chinois.
Et pendant ce temps, le régime a poursuivi sans répit ses opérations meurtrières pour tenter d’étouffer la contestation selon les militants pro-démocratie.
Dans l’épisode le plus meurtrier en près de 11 mois de révolte populaire, plus de 230 civils, dont des dizaines de femmes et d’enfants, ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi quand les forces du régime ont pilonné des quartiers résidentiels à Homs, selon les organisations de l’opposition.
Il était difficile de confirmer l’information de source indépendante en raison des fortes restrictions imposées à la presse étrangère dans le pays.
Les autorités syriennes ont démenti tout bombardement sur Homs, surnommée «capitale de la révolution», et affirmé que les violences étaient dues à des «groupes armés», comme elles le font depuis le début mi-mars 2011 de la révolte dont elles refusent de reconnaître l’ampleur.
«Le pilonnage a cessé ce matin, et les habitants sont sortis à la recherche des morts et des blessés enfouis sous les décombres», a déclaré par téléphone Hadi Abdallah, un militant de ce quartier.
Et les habitants ont commencé à enterrer leurs morts. «Près de 200 martyrs seront enterrés dans le jardin de la Liberté», a-t-il ajouté.
Selon le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (Osdh), Rami Abdel Rahmane, le nombre des morts à Homs s’élève désormais à 237, dont 99 femmes et enfants.
Le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition d’opposants, a pour sa part fait état de 260 morts et de centaines de blessés dans le bombardement au mortier de zones résidentielles à Khaldiyé et Qoussour, parlant de l’un des «massacres les plus terrifiants» depuis mars.
Le bilan risque cependant de s’alourdir, dans la mesure où les hôpitaux manquent de tout pour soigner les blessés et que nombre de victimes sont encore bloquées sous les décombres, selon les militants.
Les chaînes arabes Al-Arabiya et Al-Jazira ont montré des dizaines de corps sans vie jonchant les rues de Homs.
Hier encore, les forces du régime ont tiré sur une foule participant aux funérailles de victimes de la veille à Daraya près de Damas, faisant 12 morts et 30 blessés, selon l’Osdh. Neuf autres civils, dont deux enfants, ont péri sous les balles des troupes, dans la région de Damas et à Idleb (nord-ouest).
Les Frères musulmans, qui font partie du CNS, ont appelé à l’ouverture d’une enquête internationale et demandé à la Croix-Rouge internationale, «absente sur le terrain, d’agir immédiatement pour sauver les blessés».
A l’étranger, les violences à Homs ont suscité l’indignation.
Paris a estimé que le régime Al-Assad a «franchi un pas supplémentaire dans la sauvagerie» et Londres l’a accusé de «cynisme sans pitié». L’Allemagne a appelé l’ONU à «condamner» les violences du régime et la Turquie a estimé que l’ONU devait adopter «une position claire».
De nombreux Syriens s’en sont pris à leurs ambassades, en particulier au Caire à Koweït, à Athènes et à Londres. Et la Tunisie s’apprête à expulser l’ambassadeur syrien.
LE CAIRE (AFP) — Des heurts entre policiers et manifestants se sont poursuivis hier matin de manière sporadique près du ministère de l’Intérieur au Caire, mis en cause ainsi que le pouvoir militaire après la mort de 74 personnes à l’issue d’un match de football à Port-Saïd (nord).
KOWEIT (AFP) — La victoire des islamistes aux législatives du Koweït sanctionne le gouvernement, accusé de corruption, et traduit la montée en puissance des tribus de plus en plus influentes au sein de l’opposition, ont estimé hier des experts.
MOSCOU (AFP) — Des dizaines de milliers de Russes, opposants et partisans de l’homme fort de Russie Vladimir Poutine, se sont rassemblés à Moscou, défiant un froid glacial hier, jour du début de la campagne présidentielle du 4 mars.
• Le bilan s’alourdit à moins 260 morts
KIEV (AFP) — Le bilan de la vague de froid qui sévit depuis une semaine en Europe continuait à s’alourdir, atteignant au moins 260 morts hier, particulièrement dans l’est, où l’Ukraine et la Pologne sont les plus touchées avec 167 décès à elles seules.
TRIPOLI (AFP) — Un ancien ambassadeur libyen à Paris, Omar Brebesh, est mort probablement sous la torture 24 heures après son arrestation par une milice, a annoncé avant-hier l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch.
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