
  • Au moins 32 morts hier, 11 civils, dont deux enfants de 12 et 14 ans, et 21 soldats de l’armée régulière
  • Les Etats-Unis annoncent leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas afin d’assécher les sources de financement et les livraisons d’armes du régime
DAMAS (AFP) — Le veto sino-russe à l’ONU contre une résolution condamnant la répression en Syrie a provoqué hier l’indignation dans le monde arabe, en Occident et au sein de l’opposition, les violences dans le pays ne montrant aucun signe d’essoufflement.
Après l’échec des efforts diplomatiques à l’ONU, les Etats-Unis ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas afin d’assécher les sources de financement et les livraisons d’armes du régime du président Bachar Al-Assad.
La Russie, alliée de Damas ayant opposé samedi avec la Chine un veto à une résolution du Conseil de sécurité condamnant les violences, a assuré avoir «l’intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide» de la situation en Syrie.
Moscou a confirmé une visite demain à Damas de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour évoquer la mise en place rapide de «réformes démocratiques indispensables».
Pour le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, ce double veto donne au régime un «permis de tuer».
L’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe 57 membres dont la Syrie, a regretté les vetos mettant en garde contre le risque de guerre civile.
Sur le terrain, les violences ont encore fait 32 morts hier, 11 civils, dont deux enfants de 12 et 14 ans, et 21 soldats de l’armée régulière, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (Osdh).
Samedi, 48 morts personnes avaient péri, dont une moitié de civils, en plus du bombardement d’une violence inédite dans la nuit contre la ville rebelle de Homs (Centre), qui a fait plus de 230 morts selon l’Osdh.
Le régime a démenti avoir bombardé Homs et accusé l’opposition d’avoir incité à cette «attaque terroriste» pour influencer le vote à l’ONU.
En dépit de ce massacre qui a suscité l’écœurement des capitales occidentales et arabes, la Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi au Conseil de sécurité de l’ONU à un projet de résolution.
Le texte, approuvé par les 13 autres membres du Conseil, condamnait les «violations flagrantes» des droits de l’Homme par le régime syrien et appelait à une transition démocratique suivant le plan adopté par la la Ligue arabe le 22 janvier.
 C’est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de près de 11 mois de silence sur la Syrie, pendant lesquels la répression a fait au moins 6.000 morts selon les militants. Un veto des deux pays avait bloqué un précédent projet de résolution en octobre.
Ce veto est destiné à permettre «la poursuite de la recherche d’un règlement pacifique de la crise syrienne (...) épargnant ainsi au peuple syrien de nouveaux troubles et victimes», a affirmé l’agence officielle chinoise Chine Nouvelle.
Mais l’argument n’a pas convaincu et les deux pays se sont attirés de vives critiques de l’Occident, de pays arabes et de l’opposition syrienne.
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Ligue arabe : éviter une intervention militaire étrangère
 Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, a estimé dans un communiqué que ce double veto «irresponsable» donnait au régime un «permis de tuer (...) dans l’impunité».
Le CNS a cependant annoncé qu’il poursuivrait ses efforts politiques «à tous les niveaux» et qu’il porterait l’affaire devant l’Assemblée générale de l’ONU pour «obtenir une résolution soutenant le peuple syrien».
Il a aussi appelé «les pays arabes et amis à prendre toutes les mesures économiques et diplomatiques» contre les pays ayant bloqué le texte.
Faisant écho à cet appel, les Frères musulmans jordaniens et syriens ont appelé à boycotter les produits russes et chinois.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a annoncé que l’organisation panarabe comptait poursuivre ses efforts avec le régime syrien et avec l’opposition pour mettre fin aux violences en Syrie afin d’éviter une intervention militaire étrangère.
Le veto sino-russe «n’empêche pas qu’il y a un soutien international clair aux décisions de la Ligue», a insisté M. Al Arabi dans un communiqué.
  De nombreux Syriens s’en sont pris à leurs ambassades à travers le monde pendant le week-end, en particulier au Caire, à Koweït, Athènes, Berlin, Londres et Canberra. D’autres ont aussi exprimé leur colère devant les ambassades de Russie, comme à Tripoli et à Beyrouth.
Le Premier ministre du Qatar, Hamed Ibn Jassem Al-Thani, a estimé que le vote de la Russie et de la Chine donnait «le droit de tuer» à M. Al Assad.
Et le Premier ministre tunisien a appelé la communauté internationale à rompre ses relations diplomatiques avec Damas. «Le peuple syrien attend des actes (...) La moindre des choses est de rompre l’ensemble des relations avec le régime syrien», a déclaré Hamadi Jebali à Munich.
A Paris, le ministre français de la Défense a estimé que la position de Moscou n’était pas tenable: «La Russie, pour des raisons à peu près inavouables, bloque tout (...). Nous avons le devoir, nous Européens, de montrer que nous n’accepterons jamais ce régime (syrien). La Russie peut tenir 15 jours, deux mois, mais elle ne peut pas tenir indéfiniment», a-t-il assuré.
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 LE CAIRE (AFP) — Protestataires et police anti-émeutes s’affrontaient au Caire hier, au quatrième jour de heurts déclenchés par la mort de 74 personnes lors de violences à l’issue d’un match de football, que les forces de sécurité sont accusées de ne rien avoir fait pour empêcher.
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