
 Quand la solitude et la souffrance s’invitent au quotidien de l’homme et se banalisent au point d’en devenir des éléments normaux, la conscience humaine vacille, se révolte ou se réfugie dans l’aliénation pour apaiser ses douleurs. C’est sur ce sujet existentiel que s’est penché le dramaturge Noômen Hamda dans sa pièce Kasr ech’chouk. Présentée vendredi dernier au Théâtre de la ville de Tunis, cette création produite par «Co-production arts - culture et le Centre des arts dramatiques du Kef est une ode à la révolte de l’être, un être souvent assommé par ses problèmes sociaux et psychiques, mais «réanimé» par sa volonté de se faire écouter et de faire bouger les choses .
La scène s’ouvre sur un décor très sobre , les perfusions et les paravents médicaux nous indiquent que l’action se déroule dans un hôpital. Une musique nostalgique, voire angoissante, altère l’atmosphère silencieuse et même lugubre du lieu, préparant l’entrée d’hommes et de femmes en blouses blanches.
Les personnages ? Un patient, un médecin, une infirmière (épouse de ce dernier), un infirmier et une jeune femme qui attend des nouvelles de sa jumelle internée aux urgences...
Des allers-retours incessants ont lieu sur cet espace scénique reflétant le malaise des personnages, brillamment interprétés par Abdelmonôm Chouaiet, Jamila Chihi, Ghazi Zoghbani, Amina Dachraoui et Noureddine Bousselmi.
Se révélant mi-présent, mi- absent, mi-vivant, mi-mort, le comateux rôde sur scène et intervient soit par un nerveux va-et-vient, soit par un monologue. Il est conscient de son état, mais il est incapable de faire quoi que ce soit. Il est l’incarnation même de la conscience humaine qui médite sur la vie et la mort, d’un corps qui se perd avec le temps, attaché à la vie par de simples fils électriques, luttant en silence tout en écoutant le son du cardiographe.
 La solitude de l’infirmière, l’épouse du médecin, ni regardée ni écoutée, est mise en relief par ses demandes de dialogue qui tombent en rade face à un mari, aux prises avec sa conscience professionnelle. Elle lui mendie une attention et un amour devenus impossibles. Tous les deux sont incapables de se soulager de leurs maux et blessures causés par l’indifférence et le refoulement affectif. Conséquence logique, grands «coups de gueule», colère, ressentiment et regrets s’enchaînent tour à tour. Cette ambiance est aggravée par l’infirmier qui a du mal à s’exprimer et qui se sent éttouffé par une société cruelle et intolérante.
 Profondément attachants, les personnages s’ébrouent petit à petit, et de leurs conversations anodines surgissent, une à une, leurs blessures profondes et leurs interrogations sur des désirs trop longtemps tus. Assoiffés de changement et désireux de s’en sortir, ils se révoltent en écrasant le mur du silence.
Raconter l’histoire d’êtres humains vivants et d’autres entre la vie et la mort, voilà l’objectif annoncé de cette pièce, un objectif amplement atteint. Il s’agit bien d’une histoire d’hommes et de femmes, avec leurs envies, leurs travers, leurs secrets et leurs ambiguïtés. Difficile de ne pas y être sensible. Une pièce intéressante, assez bien ficelée qui invite à la réflexion!
 Fathi Akkari n’a pas besoin de se tendre comme un arc pour formuler ses pensées. Dans sa tête, celles-ci sont comme des nuages et les mots, des gouttes de pluie qu’ils laissent tomber.
 • Un concours rĂ©unira de jeunes Tunisiens et FrançaisÂ
Entre sciences, arts plastiques et engagement écologique, transformer la science en art, plaisir, jeu et rire, est l’esprit du concours «2000 mètres sous les mers».
 «Le roman tunisien», tel est le thème d’un colloque organisé, les 4 et 5 février à Gabès, à l’initiative de l’Association du centre du roman arabe de Gabès, avec la participation de plusieurs écrivains tunisiens.
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