Après le vol du tableau de Van Gogh au musée Mahmoud— Khalil, les autorités égyptiennes emploient la manière forte : le musée est fermé et plusieurs employés ont l’interdiction de voyager. Le vol de « Coquelicots et marguerites », samedi 21 août 2010, n’est pas le premier de l’année. Les disparitions d’œuvres d’art, réputées pourtant invendables, posent de nouveau la question de la sécurité dans les musées.
Le vol de « Coquelicots et marguerites », peint par Van Gogh en 1887, a eu lieu en plein jour. Comme les autres œuvres impressionnistes composant la collection du musée Mahmoud-Khalil, ce tableau devait être prochainement décroché. Le musée cairote avait le projet de se moderniser et de renforcer la sécurité.
Le vol de « Coquelicots et marguerites » n’est pas le premier de l’année. Tout récemment, un bronze de Dali, « La femme aux tiroirs », a été dérobé dans un musée de Bruges, en Belgique. Ce bronze, exposé dans le cadre d’une exposition temporaire, ne bénéficiait pas de protection particulière. Les caméras de surveillance ont fonctionné, elles ont montré que le voleur avait descellé la sculpture de son socle pour l’emporter. « Il faut qu’après les caméras, du personnel soit là pour réagir», explique Julien Anfruns, directeur général de l’ICOM, le Conseil international des musées, émanation de l’Unesco.
Autres disparitions, en mai 2010, cette fois au musée d’art moderne de la ville de Paris. Cinq tableaux signés Braque, Léger, Matisse, Modigliani et Picasso, disparaissent en pleine nuit. Là encore, ce casse d’une ampleur artistique exceptionnelle, a été filmé par les caméras de surveillance. Mais ici, l’alarme était en panne. Comme dans les histoires de Fantomas, un visiteur cagoulé est passé par la fenêtre et a emporté les toiles après les avoir dégagé de leur cadre.
 Certains diront que le vol d’un tableau de maître dans un musée égyptien est une fatalité, l’Egypte ayant des difficultés à protéger son gigantesque patrimoine. Mais la disparition de cinq pièces importantes dans un musée de la ville de Paris est plus étonnante. Il y a trois ans, un rapport avait mis l’accent sur les défaillances de la sécurité à la française avec comme principal point faible, l’absentéisme des gardiens.
Caméras de surveillance, détecteurs de bris de vitres, présence de surveillants, sont la base de la sécurité dans les musées. Parfois, ils emploient les grands moyens pour protéger leurs trésors comme Le Louvre avec La Joconde : elle est désormais dans un coffre en verre blindé. Le musée y gagne en tranquillité, mais le visiteur est mis à distance.
 Les musées sont généralement installés dans des bâtiments anciens. Y organiser la sécurité des œuvres—et des visiteurs—est généralement plus compliqué que dans un édifice récent. En plus de l’installation d’équipements de surveillance sophistiqués, l’ICOM prône une gestion informatisée des objets exposés. Leurs mouvements vers les réserves ou vers les expositions temporaires devraient être systématiquement relevés.
« Les collections sont toujours à risque », explique Julien Anfruns, le directeur général de l’ICOM. Et les risques sont divers ; pour empêcher que des œuvres soient dérobées, on peut les protéger de façon mécanique, en les attachant au mur par exemple. On ne peut plus les voler, « mais en cas de feu, on ne peut pas évacuer l’œuvre d’art en question»…
 Le musée d’art moderne de la ville de Rio de Janeiro a brûlé à 90% dans les années 70. Il s’est reconstitué grâce à la volonté de l’Etat brésilien et avec la générosité de mécènes. Les responsables du musée ont cherché l’équilibre entre la sécurité incendie du bâtiment, sujet sensible, et les risques de vol. A Seoul, le nouveau musée a pris une décision radicale : tout est montré dans des vitrines.
Jusqu’à présent, dans un musée, les œuvres on pouvait presque les toucher. C’est une «tradition occidentale de laisser les œuvres à portée de la main », indique encore Julien Anfruns. Il n’est pas certain que l’habitude persiste si les vols continuent.
(RFI)
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