KABOUL (AFP) — Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates est arrivé hier en Afghanistan pour une visite surprise au lendemain d'un passage en Irak où il a annoncé la fin des opérations de combat de l'armée américaine dans ce pays, a constaté une journaliste de l'AFP à Kaboul.
M. Gates doit notamment rencontrer à Kaboul le Président afghan Hamid Karzaï, ainsi que le commandant en chef des forces internationales, le général américain David Petraeus, selon son entourage.
Cette visite intervient au moment où les soldats américains, qui constituent les deux tiers des quelque 150.000 militaires internationaux déployés en Afghanistan, essuient leurs plus lourdes pertes en neuf années de guerre contre les rebelles talibans.
 Le Président américain Barack Obama a appelé mardi ses compatriotes à «tourner la page» de la guerre d'Irak lancée avec l'invasion de 2003, braquant encore un peu plus les projecteurs sur l'autre grande guerre américaine, celle d'Afghanistan, entamée, elle, à la fin 2001.
M. Obama a réaffirmé que le retrait des troupes américaines d'Afghanistan s'amorcerait à l'été 2011, tout en soulignant que le rythme du départ des GI's dépendrait de la situation sur le terrain.
Une prudence en ligne avec celle du général Petraeus qui a expliqué mardi à l'AFP à Kaboul que le retrait serait progressif et débuterait dans de petites zones considérées comme sécurisées.
Depuis son arrivée à la Maison- Blanche, M. Obama a envoyé quelque 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, portant le nombre de militaires américains à environ 100.000.
Les stratèges militaires américains tentent d'imposer en Afghanistan les mêmes recettes appliquées en Irak à partir de 2007 et qui se sont révélées efficaces pour réduire les violences: l'envoi de renforts et la formation de milices locales pour épauler les forces afghanes et occidentales.
De passage à Kaboul à la mi-août, le sénateur démocrate John Kerry avait regretté que les forces internationales aient attendu décembre 2009 pour avoir une stratégie en Afghanistan.
Après neuf ans de guerre et des dizaines de milliards de dollars engloutis en dépenses civiles et militaires, le bilan occidental est loin d'être glorieux: depuis plus de trois ans, l'insurrection des talibans s'est considérablement intensifiée et étendue à la quasi-totalité du pays, et les rebelles infligent de plus en plus de pertes aux troupes étrangères.
 «Je pense que personne ne peut contester le fait que les talibans étendent leur présence», a lui-même admis le général Petraeus.
Le bilan n'est guère plus reluisant au niveau civil où le faible gouvernement du Président Hamid Karzaï, porté au pouvoir en 2001 par les Etats-Unis et réélu l'été dernier dans un contexte de fraudes massives, ne cesse d'être accusé d'être gangrené par la corruption.
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 Par Soufiane Ben Farhat
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