
 • En 2009/ 2010, le nombre d'enfants déférés devant la justice s’élève à 11.940.
 • 57,26% des enfants menacés sont des délinquants.
Le droit des enfants à la protection et à la sécurité est une évidence. Cependant, bon nombre de chérubins et d’ados sont privés de ce sentiment de sérénité douillette que procure le cocon familial. Ils se trouvent souvent victimes d’une démission parentale précoce et en proie, ainsi, aux divers dangers du milieu extérieur. L’enfance menacée occupe une place dans la société tunisienne. Elle fait l’objet de tout un travail d’investigation et d’analyse de la part des spécialistes œuvrant dans l’Observatoire de l’information, de la formation, de la documentation et des études sur la protection des droits de l’enfant. Elle préoccupe les adultes et, surtout, les enfants.
L’enfance est menacée aussitôt que les parents délaissent leur responsabilité protectrice. La protection parentale acquiert une dimension multiple. Elle englobe l’aspect économique, social, affectif et relationnel. Certes, l’enfant joue un rôle important dans la relation parentale/ filiale. Toutefois, et en raison de son immaturité naturelle et de sa fragilité, il subit beaucoup plus qu’il fait subir aux autres. Se sentant négligé, maltraité ou manquant du nécessaire matériel et affectif, l’enfant dévie sitôt. Sa déviance s’avère accélérée, favorisée par son incapacité à se défendre et à appréhender le danger. C’est un réel appel au secours à prendre au sérieux.
En 2009, le nombre des enfants recueillis par l’Institut national de la protection de l’enfance (Inpe) s’élève à 846 enfants dont 58,4% garçons et 41,6% filles. Ces enfants sont délaissés par leurs parents, abandonnés. Pour combler le vide affectif et remédier à cette cruelle rupture, l’Inpe opte pour diverses formes d’insertion comme l’adoption, l’emplacement de l’enfant dans une famille d’accueil ou encore dans un centre intégré. Parmi les 846 enfants abandonnés, 736 ont réussi à trouver une place dans une famille ou dans une structure sociale leur permettant de mener leur vie et de s’intégrer dans la société. En 2010, les enfants intégrés étaient au nombre de 629.
Il faut dire que l’emplacement des enfants et des ados menacés dans des structures sociales n’est pas la solution la plus rassurante pour le bon développement psycho-affectif de l’enfant. Toutefois, elle leur garantit les droits de protection, de sécurité et répond à leurs besoins élémentaires. Selon les données fournies par l’Observatoire, le nombre d'enfants bénéficiant des prestations des complexes d’enfance suit une courbe décroissante. En 2002, ces enfants étaient au nombre de 3.241 pour ne compter en 2010 que 2.633. En revanche, les enfants recueillis dans les centres intégrés sont plus nombreux. Ils étaient 3.166 en 2002 pour compter 3.422 en 2010. Encore faut-il souligner que les enfants démunis ou délaissés représentent 23,07% de l’enfance menacée dans notre pays.
Abandon et démission parentaux
Par ailleurs, le paysage juridique spécialisé dans le domaine de l’enfance menacée s’applique à traiter les dossiers qui lui sont remis et à intervenir afin de soutenir l’enfant et rappeler la famille à l’ordre de ses responsabilités. En 2010, les délégués de l’enfance ont eu à traiter quelque 6.968 déclarations portant sur des enfants en danger, soit 2,3 cas pour mille. Les délégués de l’enfance ont réussi à trouver des compromis en faveur de l’enfant dans 58,4% des cas. N’empêche que 24,1% des dossiers ont été remis à la justice. Les efforts des délégués de l’enfance dans l’optique de secouer la famille et de la sensibiliser quant à l’impératif d’encadrer l’enfant et de le sauver de la délinquance ne réussissent que dans 18,1% des cas. La démission parentale, le manque d’encadrement et de protection touche près de 18% des enfants menacés. S’ancrant de plus en plus dans le mode de vie de l’enfant, ce déficit sécuritaire et affectif se transforme en une délinquance juvénile; cette dernière s’empare de 57,26% des enfants menacés.
Délaissé, l’enfant succombe à la délinquance et se prépare, spontanément et sans retenue, à la carrière criminelle. Pour faire face à cette déchéance et éviter le pire, la loi intervient, munie de tout un dispositif spécial délinquance juvénile. En 2009/ 2010, le nombre des enfants déférés devant la justice s’élève à 11.940; un nombre important qui représente pas moins de 13,1 pour mille enfants âgés entre 13 et 17 ans. Pis encore : le taux de criminalité infantile progresse. En effet, les enfants déférés devant le juge pénal sont passés de 431 en 2008/ 2009 à 459 en 2009/ 2010. Le récidivisme chez cette catégorie d’enfants menacés, va crescendo depuis 2007. En cette année-là , les récidivistes n’étaient que 24 enfants. En 2009, ils sont passés à 75 pour atteindre la centaine en 2010. Plus qu’une attirance pour le délit, le récidivisme s’avère chez ces enfants un insistant appel au secours.
 Un séminaire sur le thème « Migration et développement pour la création d’emplois et d’investissement en Tunisie » sera organisé les 15 et 16 février à Sbeïtla (Kasserine) par l’Union maghrébine des agriculteurs
 Une nouvelle association vient de voir le jour à Sfax en ce début de 2012. L’Association développement de l’industrie des engrais chimiques et de la protection de l’environnement regroupe des industriels du secteur de l’industrie des engrais, des chercheurs et des représentants de la société civile.
2 article(s) trouvé(s)
Veuillez remplir le formulaire ci-dessous pour recommander cette page à un ami par email.