
• Il a été décoré, en 2007, des insignes du Grand Cordon de l'Ordre du mérite national, au titre du secteur culturel, par le Président Zine El Abidine Ben Ali, qui l'a entouré de sa sollicitude durant sa maladie.
Le critique de cinéma tunisien et fondateur des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) Tahar Cheriaâ s'est éteint hier à l'âge de 83 ans, annonce, dans un communiqué publié hier soir, le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine.
Né à Sayada (gouvernorat de Monastir) en 1927, Tahar Cheriaâ poursuit des études secondaires à Sfax. Licencié en lettres arabes de l'université de Tunis, il part pour Paris approfondir ses études. Sa passion pour le septième art s'est d'abord manifestée au sein des ciné-clubs, dont il a présidé la fédération nouvellement tunisifiée. Il a créé le service cinéma au sein du ministère de la Culture, et contribué à  l'élaboration des textes régissant le secteur, publiés en 1960 dans ce qui deviendra le Code de l'industrie cinématographique.
Il est le fondateur, en 1966, des Journées cinématographiques de Carthage, premier festival de cinéma arabo-africain, dont il présida les quatre premières sessions, celles de 1966, 1968, 1970 et 1972.
Les JCC, en leur 23e session (23-31 octobre 2010), ont tenu d'ailleurs à rendre, encore une fois, un hommage à leur fondateur, lors d'une soirée spéciale au Théâtre municipal de Tunis, le 27 octobre. Affaibli par la maladie, Tahar Cheriaâ n'a pas manqué le rendez-vous. Il était monté une dernière fois sur le podium de la biennale à laquelle il a donné vie.
Au sein de l'Agence de coopération technique, l'ancêtre de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a joué un rôle actif dans la création, en 1971,du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).
Critique et historien du septième art, Tahar Cheriaâ a publié plusieurs articles dans des revues tunisiennes et étrangères et des livres autour du cinéma. Il a également traduit de la poésie, de et vers l'arabe.
Tahar Cheriaâ a été décoré, en 2007, des insignes du Grand Cordon de l'Ordre du mérite national, au titre du secteur culturel, par le Président Zine El Abidine Ben Ali, qui l'a entouré de sa sollicitude durant sa maladie.
Par Mansour M’HENNI
Il est des moments d'intense méditation parce que d'intense douleur, ces moments où la mort vient rappeler que la grandeur est éphémère et de petite satisfaction devant la majesté d'une action et la beauté d'une réalisation. La nouvelle de la mort de Tahar Chériaâ est pour moi de cette même intensité et de cette égale douleur.
Tahar Cheriaâ, cinéaste-pionnier et figure phare du cinéma du tiers monde, celui qui a marqué le cinéma tunisien, arabe et africain de son empreinte indélébile, n’est plus.
Il nous a quittés, hier, à l’âge de 83 ans, quelques jours seulement après la clôture de la 23e édition des JCC. Ces journées cinématographiques de Carthage, qu’il a fondées il y a 44 ans. Signe du destin, le père fondateur de ce premier festival panafricain et panarabe a comme fait ses adieux aux nombreux professionnels et invités arabes et africains, tous des amis, en fait, venus nombreux assister à l’hommage qui lui a été rendu lors d’une «séance spéciale» au Théâtre municipal de Tunis.
• Moscou, la Place rouge, les plaines d’Ukraine, tout un monde où l’essence éternelle des choses est présente chez un artiste authentique, nourri à la sève de la perfection la plus absolue
Le programme d'activité de 2010 de la Jeune chambre internationale d'Ezzahra ne manque pas de diversité. La preuve : il consacre une part aux arts et à la culture. La dernière action en date s'intitule : «Galerie des photos artistiques». Plus qu'une exposition, il s'agit d'une compétition à l'échelle nationale ouverte aux photographes amateurs et professionnels qui doivent présenter des travaux autour du thème du patrimoine architectural de la Tunisie.
Par Soufiane Ben Farhat
Les dernières Journées cinématographiques de Carthage ont consacré des séances spéciales d’hommage à Hédi Jouini et Mohamed Jamoussi. Né en 1910 et décédé en 1982, Jamoussi était aussi un brillant poète et homme de lettres.
Peu de jeunes gens le savent. Mais Jamoussi n’en a pas moins honoré avec brio le panthéon de nos poètes romantiques. Pour y accéder, il est vrai, ce n’est guère un tour de passe-passe du genre "ainsi font, font, font, trois petits refrains et puis s’en vont…". Le Précurseur — la majuscule est de mise —, Abou El Kacem Chabbi, avait mis la barre très haut. Seuls les géants sont, depuis, autorisés à s’y hasarder.
L'activité culturelle a connu une dynamique réelle au cours des deux dernières décennies, faisant de notre pays un centre de l'action culturelle au niveau national et international.
En effet, la Tunisie a enregistré l'organisation de plusieurs manifestations et colloques d'une grande envergure, dont la célébration du centenaire de la naissance de nombreuses personnalités et figures de proue tunisiennes, à l'instar du chantre de ''La volonté de vivre'' et "poète de la vie", Abou El Kacem Chebbi, Cheikh Mohamed El Fadhel Ben Achour, l'artiste Hédi Jouini, l'écrivain Ali Douaji, le poète Mustapha Khraief et le plasticien Aly Ben Salem, outre la commémoration de la mémoire de l'illustre érudit Ibn Khaldoun.
L’Association du 7e art de Kairouan organisera, du 4 au 10 décembre, la 8e session du festival international du film de l’environnement sur le thème : «L’avenir entre vos mains» et qui coïncide avec la célébration de l’Année internationale de la biodiversité et de l’Année internationale de la jeunesse.
Le comité d’organisation présidé par le cinéaste Amor Nagazi a prévu pour cette session trois tables rondes autour des thèmes : «Les jeunes et les changements climatiques», «La Tunisie et le développement durable» et «Le cinéma et l’environnement».
La Tunisie a misé sur la culture et les créateurs dans l'édification de son projet de société fondé sur l'adhésion à la modernité et la réalisation du développement intégral.
Pour que la Tunisie conserve son rayonnement civilisationnel, le Chef de l'Etat a consacré un volet important à la culture dans son programme présidentiel quinquennal 2009-2014.
Ainsi, il a ordonné de faire de l'année 2010 l'année du cinéma, de 2011, l'année du livre, de 2012, l'année de la musique et de la danse, de 2013, l'année du théâtre et de 2014, l'année des arts plastiques.
En concrétisation de cette décision, les structures exerçant dans le secteur culturel ont commencé l'élaboration de programmes mensuels spécifiques à chaque art.
Le programme des principales manifestations culturelles à venir pour la région de Sousse — établi récemment par le commissariat régional à la culture et à la sauvegarde du patrimoine de Sousse — est actuellement fin prêt. Il prévoit des manifestations variées dans les maisons et les centres de culture de la région.
• Une compétition fiction au cru moyen
On considère les Journées cinématographiques de Carthage de plusieurs façons. Pour certains, c’est une excellente aubaine pour voyager.
C’est sur un palmarès controversé que s’est achevée la 23e édition des JCC. C’est que Sherley Adams, long métrage du Sud-Africain Oliver Hermanus, en lice dans la compétition officielle de fiction, qui a été plébiscité à l’unanimité aussi bien par le public que par la critique, ainsi qu’un grand nombre de professionnel du cinéma arabe et africain, a été totalement ignoré par le jury de cette session, présidé par le cinéaste haïtien, Raoul Peck, qui lui a préféré Microphone de l’Egyptien Ahmed Abdallah. N’ayant remporté aucun des tanits, Shirley Adams a dû se contenter du prix de l’interprétation féminine, raflé haut la main et avec brio par la superbe Denise Newman, qui n’a pu retenir des larmes d’émotion en recevant son prix des mains de notre acteur national Fathi Heddaoui.
Consacrer une page au fait théâtral est désormais une nécessité, un besoin eu égard à l’éclosion de l’expérience théâtrale qui, aux confins de son centenaire, est aujourd’hui en passe d’éblouir les uns et de susciter chez d’autres, des interrogations, des incertitudes.
Fonder une troupe de théâtre, le Théâtre organique, puis créer un espace privé et ensuite lancer un centre arabo-africain de formation et de recherches théâtrales… L’ambition de Ezzeddine Gannoun n’aura pas eu de limites, son désir de perfection non plus. C’est l’illustration parfaite de la notion de l’acteur en devenir, développée par notre collègue Mohamed Moumen (lire «Deviens ce que tu es»).
«Homme, deviens ce que tu es !». Cette injonction des pythiques de Pindare (2, 72), que cite Nietzsche sans cesse dans Le Gai savoir, dans Ecce Homo et dans pratiquement toute son œuvre, cherche désespérément à nous inciter à croire que le passé n’est pas derrière, mais qu’il est bien au contraire devant nous.
Le supplément « Lettres et pensée » a vécu. Son existence aura été brève, puisqu’elle n’aura pas dépassé la durée de la saison dernière. Mais il renaît aujourd’hui de ses cendres, dans une version plus ouverte à la diversité de l’activité de création. Sa nouvelle naissance a lieu sous le signe d’une am
Dans son livre La Méditerranée. Odyssée des cultures (Cf. La Presse du 3 mars 2009), Alia Bournaz Baccar a écrit : «La paix ne s’impose pas à coups de baguette magique. La paix s’instaure en douceur, presque imperceptiblement. Son processus doit épouser le mouvement naturel de la vie, de la coexistence. La paix est un acte volontaire, fruit d’une profonde conviction, voire d’une foi indéfectible que seul l’échange culturel est susceptible de soutenir durablement. Conjuguons nos cultures, appelons à celles des autres, entreprenons un dialogue permanent» (pp.255-256).
Au centenaire du poète Mustapha Khraïef (1910-1967) à Nefta, sa ville natale, la poésie était à l’honneur d’après le programme distribué à la dernière minute comme pour camoufler les mauvaises intentions de certains organisateurs des festivités.
L'entretien qui suit a eu lieu à l'occasion de la dernière Foire du livre. On y découvre de plus près celui qui compte parmi les grandes figures de la littérature tunisienne en langue française, l'auteur de La rage aux tripes, de Gloire des sables et de Un après-midi dans le désert : Mustapha Tlili. Heureuse initiative que nous devons au Pr. Samir Marzouki, et heureuse rencontre pour marquer la reprise de ce supplément, dans sa version enrichie.
En raison de sa longueur, nous le présentons en trois parties. Voici la première.
Par Saloua RACHDI
Le «Rocking-chair» a été édité par Cérès en 2002, puis libéré à la vente en 2008 après une longue… attente ! C’est le deuxième roman de Amel Mokhtar. L’écrivaine a, entre-temps, publié deux recueils de nouvelles, puis un troisième roman, Maestro, en 2006, pour lequel elle a obtenu le Comar du jury.
Par le Pr Nébil RADHOUANE
Un jour, alors qu’une pléiade de professeurs universitaires débattaient de la légitimité d’une prose en versets (qui devait pour certains d’entre eux supplanter définitivement la poésie versifiée), une éminente stylisticienne française s’est brusquement arrêtée de parler, ayant constaté qu’elle devait, en s’adressant à l’un de ses contradicteurs, lui dire carrément que lui-même se contredisait.
• La médecine arabo-islamique, d’expression arabe à ses débuts, puis persane, turque et urdue par la suite, s’est appuyée autant sur les fondements culturels arabes originels que sur l’héritage grec, perse ou indien, toujours plus ou moins reconsidéré à travers les valeurs morales et déontologiques venues de l’Islam.
La littérature tunisienne est au cœur de l’événement grâce au dernier numéro de la prestigieuse revue littéraire londonienne, Banipal, Magazine of modern arab literature.
Par Habib HAMDA JERBI*
" C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal." Hannah Arendt.
Poète et écrivain, Paul-Auguste Arène est né en 1843 à Sisteron en Provence. Bien qu’ayant publié une quinzaine de titres entre 1868 et 1896, il n’en demeure pas moins vrai qu’il reste parmi les écrivains français méconnus, son nom n’étant le plus souvent cité que pour évoquer une certaine amitié avec Alphonse Daudet, en compagnie duquel «il fréquente les cafés littéraires» à Paris. Il semble même que Les Lettres de mon moulin furent le fruit d’une coopération entre les deux hommes, avant que Paul Arène ne décide de voler de ses propres ailes. C’est à partir de 1868 que Paul Arène commence sa véritable carrière de poète et d’écrivain ; Vingt jours en Tunisie paraissent en 1884, deux années après le voyage que l’auteur fit dans la régence de Tunis, désormais protectorat français.
Par Hmida BEN ROMDHANE
Il ressemble plus à un jeune cadre dynamique qu’à un imam. Costume impeccable, chemise et cravate assorties, rasé de très près, l’imam Hassan Chalghoumi parle calmement et sereinement. Pourtant, c’est un homme révolté. Révolté contre toutes les formes d’extrémisme, qu’elles soient d’origine laïque ou religieuse. Mais sa révolte se concentre surtout contre ceux qu’il appelle «les escrocs islamistes», «les apprentis fascistes», «les tueurs d’innocents».
Une nouvelle traduction en langue arabe du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes vient d’être publiée par l’Organisation arabe de la traduction, en collaboration avec la Commission nationale libanaise pour l’Unesco. La traduction était confiée par l’organisation au traducteur libanais Paul Ghanem, avec une préface du professeur tunisien Abdelaziz Labib.
Aly Ben Salem fut, incontestablement, l’un des pionniers de la peinture en Tunisie. Il se réclamait lui-même, d’ailleurs, comme étant «le fondateur de l’Ecole de la Tunisie» par opposition — et vieilles querelles — à ceux qui se réclamaient plutôt de «l’Ecole de Tunis». De par sa vocation première de peintre illustrateur du patrimoine tunisien à Dar El Monastiri (école des arts dits «indigènes»), il était déjà en avance sur son temps durant les années 30, passant ainsi de cet apprentissage bénéfique dans le domaine des recherches ethnographiques, à son propre univers pictural quand il s’installa en Suède. Un univers marqué par un certain goût de la quiétude et de l’hédonisme parfait. Ceci, sans oublier le digne patriote qu’il fut lorsqu’il eut à militer pour l’indépendance de la Tunisie à partir des pays scandinaves.
Par Dr Leïla Habbachi, Musicologue
Comment les Journées musicales de Carthage peuvent-elles contribuer à la réforme de la musique tunisienne?
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