La mĂ©moire est courte, dit-on.âCelle du public des mĂ©lomanes lâest dâautant plus quâune couche Ă©paisse dâoubli enveloppe de grandes figures malheureusement insuffisamment mĂ©diatisĂ©es en leur temps. Il en est ainsi de feu Abdelaziz Jemayel, une incontournable rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de maĂąlouf et de chant andalou et maĂźtre de grandes lignĂ©es de musiciens Ă©mĂ©rites.
Le club du maĂąlouf
De par son mĂ©tier de fabricant de luths, il a Ă©tĂ© happĂ© trĂšs vite par la passion de la musique.âSon petit atelier a Ă©tĂ© tenu par la suite par ses propres enfants. En fait, dans un coin de cet atelier se trouve une petite piĂšce appelĂ©e El Khalwia dâoĂč sortirent des gĂ©nĂ©rations dâartistes dont le plus grand dâentre tous, Ali Riahi.
Un coin dorĂ©, assurĂ©ment.âNĂ© rue Gharnouta, Ă Tunis, en 1895, Abdelaziz Jemayel a poursuivi ses Ă©tudes Ă lâĂ©cole Sadiki.âDâorigine kĂ©libienne, son pĂšre Ă©tait notaire Ă Rahbet Sidi Jebali. Il nâallait pas pousser plus loin sa scolaritĂ©, puisquâil prĂ©fĂšra se consacrer Ă la fabrication des chĂ©chias.
Avant de pratiquer la menuiserie, Ă la veille du dĂ©clenchement de la PremiĂšre Guerre mondiale, Si Abdelaziz frĂ©quentait avec ses amis un club situĂ© prĂšs du cafĂ© Sidi Amara, Ă Halfaouine. Câest lĂ quâil apprit quatre noubet du MaĂąlouf des mains de Mohamed Mayel :El maya, Edhil, Al Irak, et Al aspahan.
Un an durant, lui et Mohamed DĂ©rouiche, BĂ©chir Jouini, Azouz Galalou et bien dâautres ont puisĂ© aux sources de la musique authentique.
LâannĂ©e suivante, ils suivirent les cours de cheĂŻkh Ouerdiane, un Ă©rudit des arts tunisiens quâil a eu le mĂ©rite de mettre en relief Ă travers le pays.
Des menuisiers musiciens !
Le hasard a voulu que la plupart de nos grands artistes aient pratiquĂ© la menuiserie. Parmi ceux-lĂ se trouve Mohamed Boudaya, dĂ©fenseur jaloux dâun maĂąlouf pur et dur et lui aussi, grande rĂ©fĂ©rence pour tout ce qui touche aux mouachahat en Tunisie.
Menuisier de son Ă©tat, il eut la bonne idĂ©e de fabriquer une flute dans laquelle il sâamusait Ă souffler Ă ses heures perdues.âIl apprendra par la suite à âjouer de la zokra.
Boudaya maĂźtrisera Ă©galement 13 noubas de feu Sidi El Karray et frĂ©quentera assidĂ»ment lâatelier de Abdelaziz Jemayel et sa fameuse El Khalwia aux cĂŽtĂ©s de KhemaĂŻes Ternane. Il fit la connaissance de Fadhila Khetmi qui apprenait des bacharifs turcs des mains de Farouz El Ahfadh.âCet enseignement touchait au Rast, Essika, El Jaharka, El Hijaz, Enaoua, El HosseĂŻn, El Irak, El Orj, El ochak, Echourk et Essaba.
Mais Mohamed Boudaya avait un faible pour naoubet eddhil.
Le plus grand gala
Lâun des plus beaux souvenirs concernant feu Boudaya se rapporte au plus grand gala organisĂ© Ă Sfax. CâĂ©tait le gala de mariage de lâun des enfants de lâartiste Mohamed El Euch.
En 1923, Boudaya conduisait ce soir-là une troupe composée des plus grandes figures de la musique tunisienne dont Khemaïes Ternane et Mohamed Kadri.
Au cours de ce mĂ©ga-gala furent Ă©gorgĂ©s 40 moutons, 17 bĆufs et 100 poulets !
Fattouma El Kerkennia, la pionniĂšre
Il faut rappeler quâĂ Sfax, la premiĂšre femme Ă avoir Ă©pousĂ© une carriĂšre artistique fut Fattouma El Kerkennia qui, comme son nom lâindique, est nĂ©e Ă lâIle de Kerkennah, mais pratiquait ce mĂ©tier dans la capitale du Sud.
En 1906, elle prĂ©sentait des concerts au Fondouk, câest-Ă -dire dans une Ă©curie pour les bĂȘtesâ! Chose impensable, nĂ©anmoins attestĂ©e par Mohamed Boudaya lui-mĂȘme.
A cĂŽtĂ© de Fattouma sâexhibaient dans ces concerts sa sĆur Aziza, et une certaine Aziza Ettounsia.
Tout y passait, chant, danse, mouachahat andalous⊠Fattouma reprenait aussi des airs dâOum Kalthoum. En 1912, la premiĂšre fanfare a vu le jour Ă Sfax  en mĂȘme temps quâune troupe théùtrale sur initiative de HĂ©di Chennoufi (lâoncle du musicien Naceur Zghonda).
Revenons Ă feu Mohamed Boudaya pour raconter cette anecdote. En 1922, un citoyen allemand en visite dans notre pays rencontra le baron dâErlanger Ă Sidi Bou SaĂŻd.
Le baron est lui aussi allemand, mais nĂ© Ă Londres le 15 mars 1866. Il dĂ©barqua Ă Tunis, au dĂ©but du siĂšcle dernier, et tomba sous le charme de la citĂ© «Sidibou» oĂč il construisit le fameux palais portant son nom.
Le baron dâErlanger sây installa jusquâĂ sa mort le 29 octobre 1932. Lâamoureux transi du charme secret de Sidi Bou SaĂŻd sâest intĂ©ressĂ© Ă la musique arabe, consacrant un quart de siĂšcle de son existence Ă en Ă©tudier les origines et les techniques.
Il sâintĂ©ressa plus particuliĂšrement aux airs du chant tunisien.
Le baron rassembla ainsi une Ă©quipe des plus grands artistes et chercheurs en matiĂšre musicale qui travaillĂšrent sous sa conduite dans le cadre de son palais des Mille et Une Nuit. Ont fait partie de cette Ă©quipe cheĂŻkh Ahmed El Ouafi, Mohamed Ghanem, Ali DĂ©rouiche, invitĂ© dâAlep, en Syrie pour enseigner et jouer de la flute (naĂŻ)⊠Et câĂ©tait lĂ le noyau de ce qui allait devenir la Rachidia en 1934. KhemaĂŻes Ternane rejoindra ce groupe pour enseigner le luth.
Le baron et son hĂŽte allemand
Autre Ćuvre colossale que nous devons au baron Rudolf dâErlangerâ: un recueil en six tomes consacrĂ©s aux fondements de la musique arabe et rĂ©digĂ© avec lâassistance de Manoubi Senoussi (1901-1967).
Donc, cet Allemand qui rencontra en 1922 le baron se déplaça ensuite à Sfax pour enseigner le maùlouf. A Jebeniana, il fit la connaissance de Mohamed Ben Othmane.
Mohamed Boudaya, accompagnĂ© de sa troupe, se fit prĂ©senter au citoyen allemand. Un gala a Ă©tĂ© organisĂ© Ă son intention oĂč on joua lâart andalou et des airs tunisiens.
Quelle ne fut la surprise du cheĂŻkh Boudaya en voyant son hĂŽte sauter de son banc pour se mettre Ă danser sur des airs quâil connaissait parfaitement. Eh bien, lâAllemand lui raconta quâil Ă©tait tombĂ© amoureux de cet art andalou et tunisien en Ă©coutant des prisonniers de guerre tunisiens, tous originaires du Cap-Bon (Nabeul, Soliman, BĂ©ni Khiar, KorbaâŠ) et qui combattaient sous les couleurs de la France.âCes prisonniers furent capturĂ©s en France par son pĂšre, un officier de lâarmĂ©e allemande.
Il les Ă©coutait religieusement chanter Nawbet Edhil, Chghol fah el ward, YaĂą zamane el inchirah. Il apprit vite ces mouachahat venus dâAndalousie. Et câest peut-ĂȘtre lĂ le secret de la grande maĂźtrise de la musique tunisienne, notamment de ses dĂ©rivĂ©s venus dâEspagne du temps des splendeurs andalouses.
Importance des tests de plans de continuité
Dans le cadre du festival international dâĂ©tĂ© de lâInternet tenu du 2 au 4 aoĂ»t au port El Kantaoui, sâest dĂ©roulĂ© un cycle de formation ayant pour thĂšme : «La pĂ©rennitĂ© des systĂšmes dâinformation et la gestion de continuitĂ© dâactivitĂ©s» et qui a regroupĂ© pas moins de 40 participants, parmi lesquels on relĂšve des responsables dâadministrations des secteurs public et privĂ©.
Le gouvernorat de la Manouba vient de souffler sa 10e bougie. A cette occasion, il a publiĂ© une revue spĂ©ciale intitulĂ©e : âLe gouvernorat de La Manouba: dix ans de rĂ©alisations, dâacquis et de performancesâ, mettant en lumiĂšre les acquis de la rĂ©gion et les rĂ©alisations enregistrĂ©s au fil des ans.
 En prĂ©vision du mois de Ramadan, une rĂ©union prĂ©sidĂ©e rĂ©cemment par M. Yassine Barchouche, gouverneur de Kairouan, a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă lâexamen des prĂ©paratifs menĂ©s par les divers services concernĂ©s, afin dâassurer un bon dĂ©roulement du mois saint 1431 de lâHĂ©gire.
Enthousiate, Yousra Zayani, 12 ans, Ă©lĂšve en 6e annĂ©e Ă lâĂ©cole Erriadh, prend au sĂ©rieux ses nouvelles fonctions de maire de Maamoura (Conseil municipal des enfants). Elue samedi, par ses pairs, tous Ă©lĂšves des deux Ă©coles primaires de la localitĂ© (Erriadh et Ibnou Sina), lors dâune sĂ©ance solennelle tenue dans la grande salle du conseil Ă lâhĂŽtel de ville, elle ne cache pas sa fiertĂ© de cette confiance et de cet honneur. Les deux Ă©coles avaient chacune proposĂ© leurs candidats et douze dâentre eux ont Ă©tĂ© finalement retenus, sur la base des meilleures moyennes scolaires, de lâassiduitĂ© et de lâexcellence.
«Il faut mĂ©riter ses Ăźlesâ», disait Armand Guibert et nombreuses sont les Ăźles qui façonnent le paysage des cĂŽtes tunisiennesâ: La Galite, Zembra, Zembretta, Kuriat, Plane, Khneiss, autant de noms qui suscitent la curiositĂ© et incitent Ă la dĂ©couverte. Autant dâĂźles pour autant de mystĂšres et dâhistoire.
En Ă©tĂ©, le Tunisien aime manger Ă lâextĂ©rieur. Devant ce fait, les gargotes, les â fast-foods â et les restaurants trouvent dans cette pĂ©riode estivale leurs comptes et lâeldorado promis.
Câest un sujet rĂ©current qui revient Ă intervalles rĂ©guliers, plus particuliĂšrement en pĂ©riodes et situations de forte promiscuitĂ© (et Dieu sait si lâĂ©tĂ© est idĂ©al sous cet angle, ce qui pourrait expliquer la visibilitĂ© amplifiĂ©e du phĂ©nomĂšne).
Bien installĂ©s dans ces palaces gĂ©ants qui dĂ©fient les vagues et offrent des croisiĂšres de rĂȘve oĂč se mĂ©langent confort, sĂ©curitĂ© et dĂ©foulement, les passagers de ces super-embarcations semblent ignorer totalement le risque de naufrage.
La belle saison sâĂ©coule paisiblement, pas dâorage qui pointe Ă lâhorizon,âces quelques jours de chaleur intense ont laissĂ© place Ă une tempĂ©rature plus agrĂ©able.
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