
Bien installĂ©s dans ces palaces gĂ©ants qui dĂ©fient les vagues et offrent des croisiĂšres de rĂȘve oĂč se mĂ©langent confort, sĂ©curitĂ© et dĂ©foulement, les passagers de ces super-embarcations semblent ignorer totalement le risque de naufrage. Sauf peut-ĂȘtre lorsque leurs yeux croisent par hasard ces canots de sauvetage et ces bouĂ©es qui sâalignent Ă intervalles rĂ©guliers sur le pont. «Qui sait?», se disent-ils peut-ĂȘtre, au fond dâeux-mĂȘmes: «La mer nâest jamais sĂ»re et⊠le Titanic a bien coulĂ© lors de sa premiĂšre traversĂ©e, alors que personne ne soupçonnait que ce tragique Ă©vĂ©nement allait survenir».
Mais il existe une diffĂ©rence de taille entre une croisiĂšre de plaisance en MĂ©diterranĂ©e au cours de lâĂ©tĂ© Ă bord de ces joyaux de la marine et naviguer en plein ocĂ©an au cours de violentes tempĂȘtes, disons ouragans, quasi apocalyptiques dans un vieux rafiot ou mĂȘme un chalutier. LĂ , partir la peur dans les tripes est la rĂšgle. Quand le bateau commence Ă sĂ©rieusement tanguer et que le ciel sâassombrit, il ne reste plus aux passagers quâĂ prier, et Ă lâĂ©quipage quâĂ limiter les dĂ©gĂąts. Finir dans le ventre des poissons est le pire des cauchemars.
Robinson face Ă âSindbad
Jonas, leâprophĂšte dont la mĂ©saventureâest bien relatĂ©e par les Ă©critures saintes, a bien fini,âlui, dansâleâventreâdâun gros poisson : le cachalot. Mais câĂ©tait sans compter sur âla providence divine, car Jonas a Ă©tĂ©, en fait, sauvĂ© de la noyade par ce gros mammifĂšreâmarin qui lâaârejetĂ© sur une plage dĂ©serte. Autreâcalvaire. Il fallait survivre dans ce dĂ©nuement total, Ă âla diffĂ©renceâduâcĂ©lĂ©brissime Robinson crusoĂ©, le hĂ©ros du roman Ă succĂšsâdeâDaniel Defoe (1719). LĂ âaussi, la providence Ă©tait au rendez-vous pour Jonas.
Mais ce sont les aventures de Sindbad le marin, dans les Milleâet une nuits, qui ont sans doute le plus banalisĂ© les naufrages prĂ©sentĂ©s dansâces contes quasi mythiques comme Ă©tant des Ă©vĂ©nements tellement anodins que le lecteur pourrait croire quâil sâagit lĂ plutĂŽtâde «non-Ă©vĂ©nements».âCroyant avec uneâferveur Ă toute Ă©preuve Ă âsa bonneâ Ă©toile, Sindbad, le commerçant -marin, arrivait toujours Ă sâen sortir, alors que tous sesâcompagnons de voyage pĂ©rissaient.âCe quiâpourrait expliquer unâtant soit peu sesâmultiples rĂ©cidives, alors que la plupartâdesârescapĂ©s de naufrages rĂ©els attrapaientâjuste aprĂšs la phobieâdes mers.
MaisâcesânaufragesârĂ©currents avaient pourâSindbad un cĂŽtĂ©âbĂ©nĂ©fique. Non seulement ils luiâconfĂ©raient une assuranceâet uneâconfiance en soiâavec pour rĂ©sultat une maturité psychologique Ă envier, mais ilsâ(lesânaufrages) dĂ©bouchaient systĂ©matiquementâsur dâĂ©normes gainsâfinanciers.
Faisant partie intĂ©grante du mythe «Sindbad», lesâretombĂ©es positives duânaufrage ont Ă©tĂ© âexploitĂ©es par le cĂ©lĂšbre romancier français Jules Verneâ(1828-1905) Ă des buts certesâde suspense et dâintrigues, rĂ©citsâdâaventure obligent,âmais aussi pour des motifs pĂ©dagogiques:
Ne pas succomber au dĂ©sespoir, se dĂ©brouiller, coloniser, vivre en groupeâŠ
Il suffit de lire LâEcole des Robinsons, (1882), ou encore mieux Deux ans de vacances (1988) pour sâen convaincre.
Ecrites dans un rĂ©alisme parfois excessif enrobant une imagination foisonnante, les Ćuvres citĂ©es naissaient dans le sillage du mouvement colonialiste au vrai sens du mot et sâemployaient par la mĂȘme occasion Ă Ă©taler non sans triomphalisme (du style de jules Verne), les multiples preuves de la suprĂ©matie intellectuelle et matĂ©rielle de lâOccident.
Dâun cĂŽtĂ©, les Occidentaux (Français, Britanniques, AmĂ©ricainsâŠ) avec leurs Ă©quipements sophistiquĂ©s (de lâĂ©poque), leur esprit Ă la fois rationnel et pragmatique, leur dĂ©sir de sâapproprier le monde aprĂšs avoir un tant soit peu apprivoisĂ© la nature. CâĂ©tait lâeuphorie du modernisme positif de lâĂ©poque imprĂ©gnĂ©, dâun racisme Ă©vident, mais bien dĂ©guisĂ©. De lâautre, les indigĂšnes⊠un point Ă la ligne.
NâempĂȘche. sâembarquer Ă bord dâun roman Ă la Jules Verne demeure une vraie partie de plaisir, du moins pour les amateurs dâaventures ayant offert au grand Ă©cran plusieurs chefs-dâĆuvre.
De lâeau salĂ©e⊠rien de plus
Mais entre des rĂ©cits de romanciers de talent confortablement assis devant leur cheminĂ©e et la rĂ©alitĂ© dâun naufrage il y a tout un monde.
Quand Ibn Khaldoun, alors Ă©tabli au tout dĂ©but du XVe siĂšcle au Caire, perdit toute sa famille venue le rejoindre, au large dâAlexandrie, nous sommes en effet loin de lâambiance que dĂ©gagent ces beaux dessins au trait Ă lâencre de Chine qui illustraient les Ă©ditions successives de ces fabuleux rĂ©cits.
Le naufrage de «La Méduse» en 1816, puis celui du Titanic en 1912 resteront célÚbres à jamais de par leur cÎté tragique. Du cannibalisme caractérisé lors du premier, surtout sur le radeau ayant permis à certains de sauver leur peau. Du cannibalisme symbolique lors du second. Ceux qui pouvaient payer pouvaient monter dans les canots.
Il faudrait attendre lâavĂšnement de la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle pour assister à «lâindustrialisation» des naufrages. Dâabord avec les «boats-people» de lâAtlantique emportant les clandestins cubains, haĂŻtiens et autres excitĂ©s Ă bloc par le rĂȘve amĂ©ricain puis leurs homologues africains (du Nord et subsahariens) Ă la recherche de lâEldorado europĂ©en plus connus sous le surnom de «harragas».
FascinĂ© par ce phĂ©nomĂšne tragique qui est la seconde mort Ă bord du canot de sauvetage, un mĂ©decin français du nom dâAlain Bombard a rĂ©alisĂ© en 1952 un exploit qui restera gravĂ© Ă jamais dans les annales de la relation homme-mer.
Bombard (1924-2005) a, en effet, traversĂ© lâAtlantique en solitaire sur un pneumatique en partant de Las Palmas aux Ăźles Canaries pour accoster Ă la Barbade, aux CaraĂŻbes.âSans provisions, mĂȘme pas une petite gourde dâeau douce, il a pu ainsi tenir le coup en se nourrissant de plancton et en buvant de petites quantitĂ©s dâeau de mer ou en suçant lâeau contenue dans la chair de petits poissons volants piĂ©gĂ©s par sa voile. Cela sans oublier lâeau de pluie.â(Voir son rĂ©cit «Naufrage volontaire»).
Certes, Bombard avait perdu un peu plus de trente kilos au terme de son périple, mais il était grosso modo bien portant et surtout avec un moral intact.
Notre «naufragĂ© volontaire» a voulu ainsi montrer (et dĂ©montrer) que la mort qui survient Ă bord des canots de sauvetage est essentiellement due au dĂ©sespoir.âLes naufragĂ©s dĂ©jĂ sous le choc, se laissaient aller et succombaient Ă la soif, la faim et la fatigue car ne pouvant reprendre leur destin en main.
Câest en fait la mĂȘme chose dans notre vie de tous les jours, certains «naufragĂ©s» se laissent aller et sâĂ©croulent, dâautres rĂ©sistent et se relĂšvent. Un phĂ©nomĂšne quâont vĂ©cu certaines personnes profondĂ©ment traumatisĂ©es par des Ă©vĂ©nements tragiques, mais ayant su panser leurs blessures et renouer avec la vie.
Cela sâappelle «rĂ©silience», un terme mis au point par le Dr Boris Cyrulnik, psychiatre et Ă©thologue français nĂ© en 1937. Ce dernier a, en effet, vĂ©cu un Ă©pisode traumatisant (dĂ©portation des juifs français), mais a su aprĂšs se remettre sur pied.
Importance des tests de plans de continuité
Dans le cadre du festival international dâĂ©tĂ© de lâInternet tenu du 2 au 4 aoĂ»t au port El Kantaoui, sâest dĂ©roulĂ© un cycle de formation ayant pour thĂšme : «La pĂ©rennitĂ© des systĂšmes dâinformation et la gestion de continuitĂ© dâactivitĂ©s» et qui a regroupĂ© pas moins de 40 participants, parmi lesquels on relĂšve des responsables dâadministrations des secteurs public et privĂ©.
Le gouvernorat de la Manouba vient de souffler sa 10e bougie. A cette occasion, il a publiĂ© une revue spĂ©ciale intitulĂ©e : âLe gouvernorat de La Manouba: dix ans de rĂ©alisations, dâacquis et de performancesâ, mettant en lumiĂšre les acquis de la rĂ©gion et les rĂ©alisations enregistrĂ©s au fil des ans.
 En prĂ©vision du mois de Ramadan, une rĂ©union prĂ©sidĂ©e rĂ©cemment par M. Yassine Barchouche, gouverneur de Kairouan, a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă lâexamen des prĂ©paratifs menĂ©s par les divers services concernĂ©s, afin dâassurer un bon dĂ©roulement du mois saint 1431 de lâHĂ©gire.
Enthousiate, Yousra Zayani, 12 ans, Ă©lĂšve en 6e annĂ©e Ă lâĂ©cole Erriadh, prend au sĂ©rieux ses nouvelles fonctions de maire de Maamoura (Conseil municipal des enfants). Elue samedi, par ses pairs, tous Ă©lĂšves des deux Ă©coles primaires de la localitĂ© (Erriadh et Ibnou Sina), lors dâune sĂ©ance solennelle tenue dans la grande salle du conseil Ă lâhĂŽtel de ville, elle ne cache pas sa fiertĂ© de cette confiance et de cet honneur. Les deux Ă©coles avaient chacune proposĂ© leurs candidats et douze dâentre eux ont Ă©tĂ© finalement retenus, sur la base des meilleures moyennes scolaires, de lâassiduitĂ© et de lâexcellence.
«Il faut mĂ©riter ses Ăźlesâ», disait Armand Guibert et nombreuses sont les Ăźles qui façonnent le paysage des cĂŽtes tunisiennesâ: La Galite, Zembra, Zembretta, Kuriat, Plane, Khneiss, autant de noms qui suscitent la curiositĂ© et incitent Ă la dĂ©couverte. Autant dâĂźles pour autant de mystĂšres et dâhistoire.
En Ă©tĂ©, le Tunisien aime manger Ă lâextĂ©rieur. Devant ce fait, les gargotes, les â fast-foods â et les restaurants trouvent dans cette pĂ©riode estivale leurs comptes et lâeldorado promis.
La mĂ©moire est courte, dit-on.âCelle du public des mĂ©lomanes lâest dâautant plus quâune couche Ă©paisse dâoubli enveloppe de grandes figures malheureusement insuffisamment mĂ©diatisĂ©es en leur temps.
Câest un sujet rĂ©current qui revient Ă intervalles rĂ©guliers, plus particuliĂšrement en pĂ©riodes et situations de forte promiscuitĂ© (et Dieu sait si lâĂ©tĂ© est idĂ©al sous cet angle, ce qui pourrait expliquer la visibilitĂ© amplifiĂ©e du phĂ©nomĂšne).
La belle saison sâĂ©coule paisiblement, pas dâorage qui pointe Ă lâhorizon,âces quelques jours de chaleur intense ont laissĂ© place Ă une tempĂ©rature plus agrĂ©able.
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