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Nous sommes le vendredi 3 septembre, la nuit est fraîche, mais assez douce malgré tout, dans le légendaire café d’El Saf-Saf, à La Marsa, revêtu de ses plus beaux atours, entre décor et lumières, l’atmosphère respire un parfum traditionnel : des mélodies arabo-andalouses s’échappent des instruments d’une troupe de malouf, celle de Rached Ben Miled, célébrant dans une suite de pièces musicales et vocales l’amour divin ou l’amour tout court. L’assistance, composée en majorité de familles, apprécie visiblement… C’était-là la première partie d’une des veillées ramadanesques de Layali El Saf-Saf, un festival fraîchement né qui se déroule du 14 août au 5 septembre sous le label «le passé revisité ». Dans la foulée vint le tour de l’historien et conteur de la mémoire, M. Abdessatar Amamou, qui proposa une causerie s’égrenant autour du thème Ya Hasra El Marsa.

 Le narrateur raconta l’histoire de la ville : port ou plutôt lieu de mouillage depuis l’époque punique et romaine, faisant partie des faubourgs de Carthage, elle connut, comme plusieurs villages situés sur les hauteurs des côtes, à l’avènement de l’époque arabo-musulmane, la construction d’un Ribat, édifié pour la protection des villes.
Sidi Abdelaziz Mahdaoui , saint patron de la ville, mystique érudit, se retira dans le Ribat, y monta la garde et y enseigna le soufisme à de nombreux disciples dont Sidi Bousaïd , de son vrai nom Abou Said Khalaf Ibn Yahia Tamimi El Bèji. Puis, notre conteur d’évoquer La Marsa à l’époque des Hafsides où trois palais, des résidences estivales en fait, au nom d’El Abdelliya, furent construits par Abou Abdallah El Mutawakill, et de préciser que seul hélas le plus grand a subsisté. Enfin il causa de La Marsa à l’époque des Beys, qui vit naître notamment le palais Esaâda, que Naceur Bey construisit pour son épouse Lella Kmar…
La causerie a repris après un interlude musical, consacré par la troupe aux airs les plus connus de Ali Riahi, mais cette fois-ci illustrée par la projection de photos d’époque de ce haut lieu de villégiature de la banlieue nord de Tunis, prisé aussi bien par les Beys que les dignitaires et les artistes. Un moment de nostalgie pour les Marsois de souche présents qui ont eu l’opportunité de revisiter le passé au fil des instantanés montrant les quartiers et les monuments les plus emblématiques de la ville dont la mosquée Ahmadi, Qobbet El Hawa, pavillon construit par les Beys pour soustraire aux regards indiscrets les baignades de la famille régnante, l’ancien TGM de Marsa-Plage, le quartier Al Saf-Saf, haut lieu d’animation, et son mythique café qualifié par le journal français Le Monde «comme le plus beau café du monde» que célèbre notre chanteuse nationale Naâma dans l’exquise et immortelle El Bir, Wa Saf-Saf, Wa Naoura.
Tourisme...culturel
Bref,l’idée de la manifestation est née d’un désir ardent des propriétaires des lieux, la famille Bahri, de rendre au Saf-Saf son lustre d’antan, autrement dit «faire renaître ce lieu qui commençait à dépérir et ses traditions culturelles» et d’une rencontre avec un spécialiste du tourisme culturel, M.Souheil Mouldi , de l’agence Expédition, et de deux autres figures de l’animation culturelle, la comédienne Houda Ben Amor et Abdessatar Amamou qui ont tous deux largement contribué au programme et à l’animation de ce festival qui, nous dit-on, se tiendra, désormais tout au long de l’année en partenariat avec Expédition Al Saf-Saf, Expédition et l’ASVM (Association de sauvegarde de la ville de La Marsa) en attendant la confirmation de celui de l’Anep.
Bref, le programme de cette 1ère édition, 19 soirées en tout, «a constitué un premier pas pour attirer le public, tenter de le fidéliser en lui montrant que l’on peut se divertir en apprenant et en joignant l’utile à l’agréable, loin de la médiocrité». Le menu du festival ayant allié la bonne musique, le plus généralement de chambre, entre tarab, mjarrad, soufi, takht, soirée nostalgie, mais aussi des spectacles de Aissaouia, Stambali et de musique instrumentale avec Khaled Ben Yahia notamment. Mieux, ces veillées, explique Houda Ben Amor, «ont généré des collaborations ou des duos musicaux, tels celui entre Olfa Souissi et sa troupe Assfar et Rania Jedidi et son Ensemble Foundou».
Le théâtre, de son côté, était tout aussi présent avec les prestations de plusieurs comédiens qui ont présenté des scènes de leurs pièces respectives : L’impasse des étreintes de Jamel Madani, Ana Wa rouhi de Mohamed Ali Dammak et Nabiha Gouider, Hkayett Ness Zmen de Khaled Chnen, Honna, Kid Ennssa et Alhikayet de Houda Ben Amor.
Le livre et la photo n’ont pas été en reste puisqu’une petite exposition de livres de certaines maisons d’édition et librairies bien de chez nous, de vieilles cartes postales et des instantanés de Tounès Kifech Kanet sont proposés au public.
Enfin chaque soirée étant articulée autour d’un thème musical, mais aussi d’une causerie et d’un conte qui, tel un feuilleton, se décline en plusieurs épisodes, les organisateurs espèrent, ainsi, susciter la curiosité du public présent et le fidéliser d’une manière assez plaisante et judicieuse. D’où les causeries de Amamou qui se sont focalisées sur des thèmes susceptibles d’être captivants pour les uns et attachants pour les autres ou les deux à la fois, tels, donc, les noms de rues de la Médina, les femmes mécènes en Tunisie, les portes de Tunis, etc.
Espérons donc que Layali Al Saf-Saf, qui seront programmées une fois par semaine après Ramadan, atteindront leur double objectif : voir le fabuleux café d’Al Saf-Saf , célèbre de par le monde, retrouver la splendeur et l’éclat culturel du passé et le public marsois ou autre, d’ici et d’ailleurs, «consommer» également de la culture et assouvir, ainsi, sa soif de culture et de nourriture spirituelle en goûtant aux plaisirs capiteux de tous les arts.
• Des avis mitigés distinguent l’évolution d’une production en dents de scie
Avec Ramadan qui touche à sa fin, les Tunisiens vivent les ultimes épisodes des fictions télévisées qui ont cette particularité de les sédentariser et de leur faire aimer ces platitudes qui, pour la plupart, manquent d’originalité et de crédibilité, exception faite pour Casting et Njoum ellil (saison 2) de Madih Belaïd. Selon toute vraisemblance, ce feuilleton, diffusé sur Hannibal, bat tous les records de l’indice d’écoute, toutes chaînes tunisiennes confondues.
La première édition de la manifestation culturelle et d'animation "La Joie de l'Aïd" a démarré, avant-hier 5 septembre, pour se poursuivre jusqu'au 8 septembre.
Cette manifestation, dont les activités se déroulent sur le parcours culturel et touristique de la Médina, dans les principales places et devant les sites historiques, s'inscrit dans le cadre de l'animation des veillées ramadanesques et vise à mieux faire connaître les monuments et places de la Vieille Ville, tels que l'Arc de Bab Bhar, Souk El Berka, Bir Lahjar, la place du Tribunal, la place de la Kasbah...
Si la diaspora a un avantage, c'est bien celui de fournir au monde des arts et de la littérature des noms qui ont marqué l'histoire par leurs œuvres. Le cas de la diaspora libanaise, active dans plusieurs domaines, l'illustre bien à travers le parcours de poètes et d'écrivains comme Jibran Khalil Jibran, Michael Nouaïma, Ilya Abou Madhi et Amine Maâlouf. Il se trouve que ce dernier a un neveu musicien et compositeur, Ibrahim, le même que nous avons découvert dimanche dernier sur la scène du Festival de La Médina, au Palais Kheïreddine, invité de l'Institut français de coopération.
Par Khaled TEBOURBI
Assez épilogué sur les festivals, réfléchissons aux prochains, songeons d’ores et déjà à leur éviter de tomber dans les mêmes erreurs et, autant que possible, à les rendre meilleurs.
En un mot : positivons; les projet culturels n’avancent qu’ainsi.
Suite à la parution sur vos colonnes de l’article “Quand Oussama Farhat se trompe de cibles”, dans la rubrique “Réflexion”, en date du 26 aout 2010, écrit par le journaliste Slaheddine Grichi, nous nous voyons dans l’obligation de vous apporter, à vous ainsi qu’à vos lecteurs, les précisions suivantes :
C’est le défi de l’album Aujourd’hui l’Afrique que proposent les éditions Casterman à ses jeunes lecteurs - de onze à quatorze ans. Ce livre encyclopédique, grand format, et richement illustré sera d’un soutien précieux pour introduire enfants et élèves à une connaissance en profondeur de cette Afrique d’aujourd’hui. Rédigé dans un langage clair et précis par deux de nos journalistes de RFI, Marie Joannidis et Ariane Poissonnier, l’ouvrage est égayé par des animations graphiques très réussies signées Cécile Chaumet.
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