L'effet a fait mouche. Le discours à la nation, le premier, "joué" comme une partition par un Premier ministre plein de fougue et de jeunesse retrouvée réussit le tour de force de ressusciter l'homme providentiel de la Tunisie résistante puis indépendante. Ce Bourguiba pourtant tué politiquement deux fois par l'insolence et la stupide indigence historique de son successeur, mais aussi par la lâcheté de sa Cour et la lassitude  des citoyens, tué deux fois : une fois quand, gravement affaibli, il a été déposé et déclaré "médicalement" incapable grâce à l’avis d’une équipe de spécialistes de la Faculté devenu une pièce essentielle du coup d'Etat. Une seconde fois quand le fondateur de la Tunisie décolonisée, effectivement décédé, se fait transporter à Monastir, sa première et dernière demeure, dans la soute d'un avion de ligne nommé "7 novembre". Tout le pays a été saisi par un sentiment de dégoût, d'une indignation silencieuse ou tue, comme celle de ces ouailles d'une religion abolie qui voyant leur idole brisée par l’iconoclaste triomphant, trouvent la démesure de leur adoration à la mesure de celle du sacré profané se laissant ainsi détruire aussi aisément ! 
Voici l'une des nombreuses leçons de ce que nous venons de vivre et vivons pour longtemps encore. Une de ces leçons que la célérité du temps révolutionnaire dérobe à la perception immédiate et que doivent méditer en premier nos responsables "au sommet".
Un humain quel qu’il soit est une fine et complexe machine de passions toutes légitimes à se faire valoir du fait même qu’il ne s’agit que d’un humain. A chaque passion destructrice ou suspecte correspond une ou plusieurs qui nous portent à l’amour du vrai, de la justice, du beau, qui nous portent même à la négation de soi et au sacrifice. Le tout lorsqu’on se met ensemble et que la multitude choisit l’ordre de la Cité et du bien-être commun, c’est d’établir ce contrat que de nombreux penseurs ont différemment analysé, de Platon à nos théoriciens politiques contemporains en passant par Farabi et Ibn Khaldoun, tous ont touché à ce point dont nulle paix de la Cité ne saurait négliger; il y a un troc qui consiste à aliéner ces passions malfaisantes, destructrices ou suspectes contre ce que la Cité pacifiée offre à tous, c'est-à -dire la possibilité pour chacun de satisfaire ses nobles passions de vérité et de justice, de beauté et d’ordre. 
Mais, souvent une passion néfaste s'avance déguisée, tout habillée de vertus et d'une charmeuse rhétorique qui prétend servir et convaincre que le don de soi est le seul dessein de celui qui demande aux citoyens de le choisir ou de l’accepter pour les gouverner. Tôt ou tard, souvent très vite,  le vrai visage de ce mal pernicieux se dégage lentement de son apparence et se révèle tout comme se révèle, d'abord imperceptiblement puis de plus en plus net, le contour de la photo plongée dans le bassinet de la solution chimique…
Dans cette transfiguration du citoyen-gouvernant en une idole exigeant du citoyen tout court un culte et des rites méticuleux, la part de la victime est aussi déterminante que celle de ce bourreau assassin de sa lucidité et de sa passion de liberté. C'est bien elle, la victime, qui troque ces belles passions contre une autre, la plus maléfique entre toutes: celle qui nous porte à nous délester de notre destin et l'offrir en gérance à une personne qu'il faudrait, nécessairement et de ce fait, diviniser. Car cela procède d’une autre passion, celle de ce narcissisme inné qui refuse qu’un semblable soit supérieur à soi. Aussi, pour que le gouvernant soit enfin admis, force est de le distinguer du commun des mortels, de lui aménager un piédestal, de l’ériger en hauteur et de lui vouer le culte qui sied à l’incomparable. Qui d’entre nous oublie qu’il n’y a pas si longtemps, à peine deux mois, du standardiste du palais de Carthage jusqu’aux conseillers et ministres, du militant de base du RCD jusqu’au membre du bureau politique de ce parti, tous ne nommaient Ben Ali que par l’usage théologique de la troisième personne, de «Siedtou», «Sa maîtrise» ?
Après avoir écouté le discours de M. Béji Caïd-Essebsi, provisoirement amené à la barre par les hommes et les femmes du sit-in de la Kasbah qui ont fait chuter son prédécesseur, nous observons çà et là , dans ce qu’on appelle désormais la rue, une allégresse qui nous paraît suspecte et dangereuse. Elle sent à plein nez ce court intermède, ce pétard mouillé, du sit-in de la Coupole, dont M. Mohamed Ghannouchi a vainement tenté d’allumer la mèche. Reconnaissons au nouveau Premier ministre le mérite et le courage de s’être donné les premiers immunisants contre la tentation de quitter l’espace horizontal des citoyens et de décoller vers l’altitude des autocrates. Son gouvernement abandonne l’instrument le plus efficace pour la monopolisation des décisions et des pouvoirs, cette police politique, temple de prêtres sanguinaires qui rendent le dieu terrifiant pour qui n’obéisse et ne se prosterne. Ce, après avoir admis que tout citoyen adversaire ait, tout comme lui et les siens, droit de cité et droit d’imaginer, concevoir et, éventuellement, appliquer sa vision propre d’une Tunisie toujours meilleure.
Il nous reste à nous de répondre, cette fois-ci sérieusement, que «nous l’avons compris». Que nous ferons tout pour le maintenir à sa place, à sa juste place de citoyen doté d’une charge dont nous l’avons investi, que nous pouvons à tout moment lui retirer si nous le confondons de déviance ou de duplicité.
Les Tunisiens seraient heureux de l’entendre dire que pour eux tous l’époque des sauveurs est définitivement révolue. Loin d’avoir sauvé qui que ce soit ou quoi que ce soit, c’est bien la Révolution des Tunisiens qui l’a sauvé, lui, d’un destin ordinaire et terne dans lequel le «combattant suprême» un jour l’a relégué.
Encore un effort Monsieur Caïd-Essebsi ! D’ici le 24 juillet, ce jour où le peuple tunisien commencera à inscrire sur le marbre et pour longtemps sa volonté de prendre son destin en main, votre devoir est de polir ce noble support en continuant à asséner au vieux monde les coups qui en dissipent la nuit : encore un effort et dites-nous la vérité sur les meutes des Seriati & Cie, sur la mafia des Trabelsi et consorts, sur les sanctions et les restitutions des biens et deniers publics, sur les procédures de ce que nul Tunisien ne vous pardonnera d’oublier, à savoir la mise à l’écart et la mise en jugement de ce que vous avez appelé les «personnalités-symboles» du régime abattu qui ne peuvent d’aucune manière se refaire des habits neufs et ressusciter à la politique…
Ainsi, au moins vous dira la Tunisie, vous aurez sauvé votre honneur en elle. Et c’est déjà une bien grande gloire ! Â
Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) est dissous, annonce, mercredi, le tribunal de première instance de Tunis. (TAP)
Dimanche après-midi. Les douaniers, qui accueillent les voyageurs arrivant de Tozeur le temps d’une escale à Djerba en attendant de repartir à Tunis, portent tous des masques pharmaceutiques.
«Jradou aime la vie», «Sauvez nos enfants, nos terres et nos plantes». Ces slogans, entre autres, sont scandés par les habitants de Jradou et bon nombre du personnel de l’unité de collecte et de traitement des déchets située dans la région.
 Les nouveaux membres du gouvernement provisoire ont prêté serment, hier, devant le président de la République par intérim, M. Foued Mebazaâ.
L'ambassadeur du Royaume d'Espagne à Tunis, Antonio Cosano, a affirmé que "son pays est prêt à continuer ses efforts d'assistance et d'évacuation des réfugiés en coordination avec les autorités tunisiennes et les organisations internationales concernées".
''Le Premier ministre tunisien a une vision claire de l'urgence qu'il y a pour son pays à reprendre le travail et à faire revenir les investisseurs étrangers'', a déclaré, à l'agence TAP, Mme Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), à l'issue de sa rencontre, hier en fin d'après-midi, au Palais du gouvernement à la Kasbah, avec M. Béji Caïd Essebsi, Premier ministre du gouvernement provisoire.
Le conseil national de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), réuni, les 6 et 7 mars, à Tunis, a souligné l'engagement de la Ligue à "contribuer à la réussite de l'élection d'une assemblée nationale constituante dans le cadre d'élections libres, pluralistes et transparentes, faisant remarquer que cette assemblée aura à jeter les fondements d'un Etat qui garantit le respect des droits de l'Homme et des libertés dans le cadre d'un régime démocratique".
La situation du secteur touristique et les difficultés des entreprises hôtelières ont été au centre d'une séance de travail tenue à Tunis en présence de M. Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme, M. Slim Chaker, secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, M. Mohamed Belajouza, président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie (FTH), ainsi que les membres du conseil exécutif de cette structure.
La Tunisie participera à la Bourse internationale du tourisme (ITB), la plus grande plateforme de rencontres entre les professionnels du marché des voyages qui se tient du 9 au 13 mars 2011 à Berlin, en Allemagne.
Ils sont 30 à 45 enfants, âgés de trois mois à quatre ans, à trouver refuge avec leurs familles dans le camp de Choucha à Ras Jedir, fuyant la situation humanitaire tragique en Libye.
• 105 mille réfugiés ont franchi les frontières jusqu’à lundi
Après plus de dix jours d'affluence massive des réfugiés, la situation se stabilise progressivement au poste frontalier de Ras Jedir.
La campagne lancée par l'organisation non gouvernementale (ONG) « Enda Inter-arabe» pour la collecte de dons auprès de ses employés et auprès des participants au sit-in de la coupole d'El Menzah, a permis de réunir 20 mille dinars.
Un hôpital de campagne marocain a été installé au camp de réfugiés à Ras Jedir et a commencé depuis dimanche à accueillir des centaines de réfugiés de différentes nationalités, dont des ressortissants marocains, en provenance de Libye.
M. Mouldi Kéfi, ministre des Affaires étrangères, a reçu hier, au siège du département, MM. Antonio Gutterres, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et William Lacy Swing, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le ministère de l'Intérieur a autorisé la constitution de 10 nouveaux partis politiques.
Le Mouvement "Ettajdid" a appelé les jeunes et les forces vives du pays à faire preuve d'un surcroît de vigilance et de militantisme pour réaliser les objectifs de la révolution et garantir la relance de l'économie nationale en regagnant les postes d'emploi et les classes.
Mme Margherita Boniver, envoyée spéciale du ministère italien des Affaires étrangères, a réaffirmé la disposition de son pays à aider la Tunisie qui a accueilli plus de cent mille réfugiés en provenance de Libye.
 • M. Sharran Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale syndicale : «C’est un moment critique pour les femmes arabes»
Spécialiste principal du programme Division de la liberté d'expression, de la démocratie et de la paix de l'Unesco, Sylvie Coudray est parmi nous dans le cadre d'une visite officielle d'évaluation des secteurs de l'information et de la communication.
Les unités de la garde nationale dans les gouvernorats de Sousse et Sfax ont réussi, ces deux derniers jours, à mettre en échec deux opérations d'émigration clandestine à destination de l'Italie.
La Tunisie a entrepris, depuis les années soixante, une action louable en vue de sauvegarder son patrimoine archéologique, de l’étudier et d’en faire un outil de développement.
Par Zeïneb Ben Saïd CHERNI(*)
Ce texte qui rend compte du passé et qui a été écrit au mois de janvier appelle à une amnistie générale susceptible d’effacer, du moins juridiquement, une période d’horreurs et de souffrances d’anciens détenus politiques.
Par Habib CHAGHAL
Dégage…ce cri de ralliement des jeunes tunisiens a été lancé dès les premiers jours de janvier  à l’encontre du président déchu.
Par Leïth BEN BECHER *
Si l’agriculture contribue pour 12% au Produit Intérieur Brut, voire plus si l’on comptabilise la part de l’agro-alimentaire et qu’elle occupe encore près du quart de la population active, elle souffre malheureusement, toujours d’un déficit d’image autant que d’un manque flagrant de représentation.
Par un collectif d’anciens détenus(*)
Nous, anciens militants et militantes, jugé(e)s et incarcéré(e)s dans les diverses prisons de Tunisie (Borj Roumi, prison des femmes de Manouba, prison civile de Tunis, etc.), ayant appartenu à Perspectives-Amel Tounsi, déclarons :
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