La Tunisie a entrepris, depuis les années soixante, une action louable en vue de sauvegarder son patrimoine archéologique, de l’étudier et d’en faire un outil de développement. Aujourd’hui, elle peut s’enorgueillir, à juste titre, de remarquables réalisations. Mais cette action n’a pas su, au fil des décennies, mobiliser toutes les ressources nationales pour atteindre les objectifs qui pouvaient être légitimement escomptés tant au niveau de l’étude du patrimoine concerné qu’au plan de sa sauvegarde et de son ancrage dans l’œuvre de développement. Ces limites sont d’autant moins acceptables que les ressources financières provenant de l’exploitation du patrimoine sont loin d’être négligeables et que les ressources humaines sont de plus en plus étoffées et spécialisées. Ce constat est d’autant plus regrettable que notre patrimoine archéologique offre un champ d’étude extrêmement vaste et constitue un gisement d’emplois encore insuffisamment exploité. Pour remédier à cette situation qui a duré trop longtemps, de nombreuses mesures peuvent être envisagées en vue de résoudre des problèmes urgents et de préparer un avenir meilleur. Telles qu’elles sont présentées, ci-après, ces mesures ont pour trait commun d’être en rapport avec les universités où se trouvent les enseignants-chercheurs et les formations diplômantes.
Voici ce que nous proposons :
1) Créer un Conseil national de la recherche archéologique dans lequel seront représentées toutes les parties concernées par l’étude, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine archéologique ainsi que par son intégration dans les stratégies de développement régional (ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la Culture, du Tourisme, de l’Emploi…). Ce conseil aura pour missions essentielles : l’harmonisation de l’action des divers intervenants, la planification et la programmation des opérations d’inventaire, de fouilles et de mise en valeur ainsi que l’examen de toute question en rapport avec son champ de compétence et qui toucherait l’intérêt général en matière de patrimoine archéologique.
2) Développer la coopération entre les établissements et les instances relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et ceux qui relèvent du ministère de la Culture. Cette action passera d’abord par la concrétisation de toutes les dispositions qui figurent dans les conventions bilatérales existantes ou qui restent à établir (l’intégration concertée des étudiants tunisiens dans les activités de formation, de prospection et de fouilles entreprises par les instances du ministère de la Culture, l’autorisation d’accès aux sites archéologiques et aux réserves des musées aux enseignants-chercheurs et aux doctorants des universités tunisiennes qui devraient effectuer, sans entrave, les recherches agréées d’une manière concertée, l’octroi aux universités de sites-écoles qui serviront à la formation des futurs cadres et techniciens qui gèreront le patrimoine archéologique…)..
3) Engager, dans les meilleurs délais, de grandes actions d’inventaire et de fouilles archéologiques encadrées par les chercheurs relevant des ministères de la Culture et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ces chercheurs seront secondés, sur le terrain, par des diplômés formés dans les métiers du patrimoine et qui recevront, au besoin, une formation technique complémentaire. Les chantiers de fouilles et les opérations de prospection sont à engager en priorité dans les régions qui, tout en comprenant de grands potentiels archéologiques, souffrent particulièrement du chômage. A titre d’exemples, nous signalons l’opportunité, tant du point de vue scientifique que du point de vue socio-économique, des fouilles archéologiques qui peuvent être entreprises dans de grands sites qui relèvent aujourd’hui des gouvernorats de Kasserine, Kairouan, Gafsa, Sidi Bouzid, Siliana, Le Kef, Jendouba, Médenine, Tataouine, Gabès, Kebili, Tozeur…
4) AccroĂ®tre d’une manière significative le nombre de postes Ă pourvoir dans les Ă©tablissements en charge du patrimoine archĂ©ologique au sein du ministère de la Culture. La politique de recrutement doit ĂŞtre, quantitativement, Ă la hauteur des besoins rĂ©els du domaine et, qualitativement, en conformitĂ© avec les prioritĂ©s qui doivent ĂŞtre dĂ©finies d’une manière prĂ©cise. A cet Ă©gard, des domaines tels que la recherche en prĂ©histoire, en archĂ©ologie et Ă©pigraphie libyques et puniques, en archĂ©ologie islamique ainsi que la spĂ©cialisation en matière de restauration sont Ă considĂ©rer sous l’angle de l’urgence absolue. Les performances des universitĂ©s tunisiennes en matière de formations diplĂ´mantes liĂ©es au patrimoine archĂ©ologique, qui sont le fruit de l’effort national depuis plusieurs dĂ©cennies, peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©es, malgrĂ© les tares de la politique Ă©tatique, d’un niveau globalement honorable. Toute insuffisance en ce domaine est Ă traiter sereinement et sans dĂ©lai en vue de rectifier et de complĂ©ter tout ce qui doit l’être.    Â
5) Décentraliser la gestion du patrimoine archéologique en créant des structures régionales dotées des moyens humains et matériels adéquats pour la sauvegarde et la promotion de cette grande richesse nationale. Ces structures, qui pourraient être envisagées sous forme de circonscriptions archéologiques ou d’agences régionales du patrimoine archéologique, travailleront en collaboration avec les administrations régionales et locales, sous l’autorité d’un personnel scientifique installé dans les régions concernées. Elles auront des prérogatives bien définies —y compris en matière de recrutement pour pourvoir certains postes— qui relayeront celles des instances centrales.
6) Mettre au point une politique claire en matière de tourisme culturel, dans son volet archéologique. Cette politique, qui aura pour but l’exploitation d’une niche de tourisme pourvoyeuse de nombreux postes d’emploi et de grandes ressources en devises devra s’appuyer sur une programmation précise des priorités, des moyens et des échéances. Elle englobera aussi les dispositions nécessaires à la promotion de ce type de tourisme et à la mobilisation des médiateurs de haut niveau.
7) Mettre réellement en œuvre les circuits touristiques thématiques annoncés depuis longtemps sans voir le jour ou qui restent à concevoir et à proposer aux professionnels du voyage culturel de par le monde : thèmes de l’eau, de l’olivier, des oasis, des ksour, du limes, des voies et parcours historiques, des îles et de la mer…).
Les agences de voyages tunisiennes, spécialisées dans le tourisme culturel, qui sont maintenant peu audibles, sont à consolider dans un premier temps par un effort étatique à l’instar de ce qui a été fait, il y a un demi- siècle, pour le décollage de l’activité touristique en Tunisie. Les entrepreneurs étatiques ou privés ne peuvent réussir une telle entreprise qu’en mobilisant des cadres ayant reçu la formation universitaire idoine. Nous ne nous tromperons certainement pas en affirmant que la Tunisie ne compte pas actuellement de nombreux guides hautement qualifiés qui maîtrisent les langues asiatiques (le chinois, le japonais, le coréen…) parlés par des touristes connus aussi bien pour leur important pouvoir d’achat que pour leur haute exigence en matière de qualité de service.
8) Encourager la mise en place de sociétés spécialisées dans les fouilles archéologiques. Non soumises à des conditions financières rédhibitoires, ces entreprises pourront recruter des diplômés de l’enseignement supérieur formés dans les métiers du patrimoine et dans des métiers annexes (architectes, topographes…) ainsi que des personnels de qualification moindre qui pourront intervenir aussi bien dans les opérations d’inventaire que dans les fouilles programmées et de sauvetage.
L’affermissement de telles sociĂ©tĂ©s Ă travers l’expertise qu’elles auront acquise en Tunisie pourrait leur ouvrir la voie de l’emploi Ă l’étranger oĂą la demande se fait de jour en jour plus pressante, compte tenu de la place qu’occupe la recherche archĂ©ologique dans la politique des Etats de par le monde.  Â
9) Dynamiser les musées et les mettre à niveau, en étoffant le corps des conservateurs qui devraient recevoir la formation qu’il leur faut, en revoyant le mode d’exposition et de signalétique de nombreux établissements, en élargissant les horaires de visite, en programmant des séances nocturnes, en organisant régulièrement des expositions temporaires appuyées par des catalogues, des démonstrations, des conférences et des visites guidées par un personnel qualifié. Un tel développement ne manquera pas d’avoir des incidences positives sur l’emploi des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur formés dans de nombreuses disciplines et des personnels administratif et ouvrier.
10) Créer de véritables syndicats d’initiative du tourisme aussi nombreux que nécessaires et les doter d’un personnel compétent et disposant d’outils de travail adéquats (plaquettes, cartes, dépliants, répertoires de différentes catégories, banques de données informatisées, moyens de communication…). De nombreux jeunes diplômés des établissements d’enseignement supérieur trouveront, assurément, dans ces structures, des emplois en rapport avec leur formation (histoire, métiers du patrimoine, langues vivantes, tourisme…).
Les dix suggestions formulées ci-dessus à propos du patrimoine archéologique sont à placer dans le cadre de l’effort global qui doit être entrepris pour les autres catégories de patrimoine culturel : arts et traditions populaires, arts plastiques, musique. Dans ces domaines aussi, les universités tunisiennes peuvent, par leurs expertises et par leurs formations, devenir un vrai levier du développement régional.
Ahmed M’charek (Université de Tunis), Abdellatif Mrabet (Université de Sousse), Houcine Jaidi (Université de Tunis), Samira Sehili (Université de La Manouba), Mohammed Grira (Université de Tunis) Lotfi Naddari (Université de Sousse), Lamia Ben Abid (Université de Tunis), Hosni Abid (Université de Sfax), Riadh Hamrouni (Université de Kairouan).
Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) est dissous, annonce, mercredi, le tribunal de première instance de Tunis. (TAP)
Dimanche après-midi. Les douaniers, qui accueillent les voyageurs arrivant de Tozeur le temps d’une escale à Djerba en attendant de repartir à Tunis, portent tous des masques pharmaceutiques.
«Jradou aime la vie», «Sauvez nos enfants, nos terres et nos plantes». Ces slogans, entre autres, sont scandés par les habitants de Jradou et bon nombre du personnel de l’unité de collecte et de traitement des déchets située dans la région.
L'effet a fait mouche. Le discours à la nation, le premier, "joué" comme une partition par un Premier ministre plein de fougue et de jeunesse retrouvée réussit le tour de force de ressusciter l'homme providentiel de la Tunisie résistante puis indépendante.
 Les nouveaux membres du gouvernement provisoire ont prêté serment, hier, devant le président de la République par intérim, M. Foued Mebazaâ.
L'ambassadeur du Royaume d'Espagne à Tunis, Antonio Cosano, a affirmé que "son pays est prêt à continuer ses efforts d'assistance et d'évacuation des réfugiés en coordination avec les autorités tunisiennes et les organisations internationales concernées".
''Le Premier ministre tunisien a une vision claire de l'urgence qu'il y a pour son pays à reprendre le travail et à faire revenir les investisseurs étrangers'', a déclaré, à l'agence TAP, Mme Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), à l'issue de sa rencontre, hier en fin d'après-midi, au Palais du gouvernement à la Kasbah, avec M. Béji Caïd Essebsi, Premier ministre du gouvernement provisoire.
Le conseil national de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), réuni, les 6 et 7 mars, à Tunis, a souligné l'engagement de la Ligue à "contribuer à la réussite de l'élection d'une assemblée nationale constituante dans le cadre d'élections libres, pluralistes et transparentes, faisant remarquer que cette assemblée aura à jeter les fondements d'un Etat qui garantit le respect des droits de l'Homme et des libertés dans le cadre d'un régime démocratique".
La situation du secteur touristique et les difficultés des entreprises hôtelières ont été au centre d'une séance de travail tenue à Tunis en présence de M. Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme, M. Slim Chaker, secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, M. Mohamed Belajouza, président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie (FTH), ainsi que les membres du conseil exécutif de cette structure.
La Tunisie participera à la Bourse internationale du tourisme (ITB), la plus grande plateforme de rencontres entre les professionnels du marché des voyages qui se tient du 9 au 13 mars 2011 à Berlin, en Allemagne.
Ils sont 30 à 45 enfants, âgés de trois mois à quatre ans, à trouver refuge avec leurs familles dans le camp de Choucha à Ras Jedir, fuyant la situation humanitaire tragique en Libye.
• 105 mille réfugiés ont franchi les frontières jusqu’à lundi
Après plus de dix jours d'affluence massive des réfugiés, la situation se stabilise progressivement au poste frontalier de Ras Jedir.
La campagne lancée par l'organisation non gouvernementale (ONG) « Enda Inter-arabe» pour la collecte de dons auprès de ses employés et auprès des participants au sit-in de la coupole d'El Menzah, a permis de réunir 20 mille dinars.
Un hôpital de campagne marocain a été installé au camp de réfugiés à Ras Jedir et a commencé depuis dimanche à accueillir des centaines de réfugiés de différentes nationalités, dont des ressortissants marocains, en provenance de Libye.
M. Mouldi Kéfi, ministre des Affaires étrangères, a reçu hier, au siège du département, MM. Antonio Gutterres, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et William Lacy Swing, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le ministère de l'Intérieur a autorisé la constitution de 10 nouveaux partis politiques.
Le Mouvement "Ettajdid" a appelé les jeunes et les forces vives du pays à faire preuve d'un surcroît de vigilance et de militantisme pour réaliser les objectifs de la révolution et garantir la relance de l'économie nationale en regagnant les postes d'emploi et les classes.
Mme Margherita Boniver, envoyée spéciale du ministère italien des Affaires étrangères, a réaffirmé la disposition de son pays à aider la Tunisie qui a accueilli plus de cent mille réfugiés en provenance de Libye.
 • M. Sharran Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale syndicale : «C’est un moment critique pour les femmes arabes»
Spécialiste principal du programme Division de la liberté d'expression, de la démocratie et de la paix de l'Unesco, Sylvie Coudray est parmi nous dans le cadre d'une visite officielle d'évaluation des secteurs de l'information et de la communication.
Les unités de la garde nationale dans les gouvernorats de Sousse et Sfax ont réussi, ces deux derniers jours, à mettre en échec deux opérations d'émigration clandestine à destination de l'Italie.
Par ZeĂŻneb Ben SaĂŻd CHERNI(*)
Ce texte qui rend compte du passé et qui a été écrit au mois de janvier appelle à une amnistie générale susceptible d’effacer, du moins juridiquement, une période d’horreurs et de souffrances d’anciens détenus politiques.
Par Habib CHAGHAL
Dégage…ce cri de ralliement des jeunes tunisiens a été lancé dès les premiers jours de janvier  à l’encontre du président déchu.
Par LeĂŻth BEN BECHER *
Si l’agriculture contribue pour 12% au Produit Intérieur Brut, voire plus si l’on comptabilise la part de l’agro-alimentaire et qu’elle occupe encore près du quart de la population active, elle souffre malheureusement, toujours d’un déficit d’image autant que d’un manque flagrant de représentation.
Par un collectif d’anciens détenus(*)
Nous, anciens militants et militantes, jugé(e)s et incarcéré(e)s dans les diverses prisons de Tunisie (Borj Roumi, prison des femmes de Manouba, prison civile de Tunis, etc.), ayant appartenu à Perspectives-Amel Tounsi, déclarons :
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