Par Leïth BEN BECHER *
Si l’agriculture contribue pour 12% au Produit Intérieur Brut, voire plus si l’on comptabilise la part de l’agro-alimentaire et qu’elle occupe encore près du quart de la population active, elle souffre malheureusement, toujours d’un déficit d’image autant que d’un manque flagrant de représentation. Cet état est, en fait, hérité de l’histoire contemporaine du pays et d’une certaine conception des priorités économiques arrêtées au lendemain de l’indépendance. Mais il est, aussi, dû à la désaffection à peine dissimulée, sinon une certaine défiance des élites dirigeantes vis à vis du monde paysan depuis l’indépendance.
Notre profession pourtant nombreuse, (prés de 500.000 agriculteurs au dernier recensement) est la moins bien représentée politiquement. Comme il est, par ailleurs, vrai que l’unique syndicat agricole qu’est l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap) héritière de l’Union nationale des agriculteurs, voulue par Bourguiba contre l’Ugat jugée proche de Ben Youssef, n’est aujourd’hui, qu’une organisation dite nationale (comme bien d’autres) destinée à encadrer les professionnels pour mieux les domestiquer. Les deux dernières décennies n’ont fait qu’aggraver cette situation en réduisant encore plus le rôle syndical au bénéfice du rôle politique de second plan, faisant de l’Utap une officine du RCD ayant pour tâche essentielle d’embrigader des professionnels agricoles et des pêcheurs de plus en plus marginalisés et atomisés.
Nous avons espéré, un moment, que le dernier congrès de l’Utap tenu en avril 2010, permettrait un sursaut. Malheureusement, ce ne fût qu’un énième rendez-vous manqué !
C’est en grande partie pour cela que nous assistons depuis plus d’un mois et demi, à une vague de contestation qui s’est propagée à travers les régions et qui a, notamment, conduit à la démission de M. Mabrouk Bahri de la présidence de l’organisation agricole. Mais cette «victoire» symbolique du camp des contestataires, n’était pas une fin en soi. Elle devait marquer le début d’une rénovation en profondeur ayant pour but de bâtir sur des bases nouvelles, une organisation syndicale plus représentative et plus crédible. Or, force est de constater que les choses tardent à bouger et l’on se rend compte que, malgré la persévérance de beaucoup ici et là , qui ont réussi à faire bouger les lignes; la rénovation tarde à venir, tant est encore grande la résistance des apparatchiks de l’Utap, arc-boutés sur leurs acquis, sinon leurs privilèges, et tant sont nombreux les foyers réactionnaires qui n’entendent rien céder et s’opposent à tout changement.
Mais d’une manière ou d’une autre, la refondation du syndicat agricole s’imposera et cela doit intervenir très vite. Car, face aux nombreux défis de notre agriculture et dans la perspective d’une redéfinition négociée de la politique agricole nationale pour les années à venir, la structure actuelle de l’Utap peu représentative, n’est pas en mesure d’être un partenaire crédible des pouvoirs publics.
Défis et perpectives
Notre agriculture est à la croisée des chemins, obligée de faire face à une double contrainte ; celle de la libéralisation des échanges (notamment avec une Europe qui soutient fortement son agriculture) d’une part, et de la nécessaire adaptation aux changements climatiques, dont les effets sont particulièrement marqués en Méditerranée, d’autre part.
Or, les agriculteurs assistent désemparés depuis quelques années, à un désengagement de l’Etat des activités d’appui et de soutien à la production, en même temps qu’à une politique unilatérale de dérégulation des prix, qui les fragilise chaque jour un peu plus et qui risque si rien n’est fait pour redresser cette tendance, de condamner de larges secteurs productifs comme les céréales, l’huile d’olive et l’élevage. A terme, c’est notre sécurité alimentaire que l’on met en péril.
Il est donc vital que les agriculteurs puissent rapidement se prendre en main pour être des interlocuteurs responsables et crédibles des pouvoirs publics (ministères de l’Agriculture, du Commerce et des Finances notamment) sur des thèmes majeurs et notamment sur :
La situation économique et financière des agriculteurs, toutes catégories confondues, de plus en plus fragilisée par le double effet d’une fausse libéralisation (l’homologation des prix est toujours pratiquée aux dépens des paysans) et de l’explosion des coûts de production,. Mais il y aussi le poids insupportable des taux d’intérêts bancaires aggravé par la récurrence des années de déficit hydrique et enfin la totale inadaptation d’un système de crédit qui ne touche seulement que 7% des agriculteurs.
La nécessité d’une organisation des filières de production ainsi que des marchés, afin de garantir les intérêts des producteurs, de sécuriser les approvisionnements et d’assurer la traçabilité des produits de plus en plus réclamée par les consommateurs. Ceci sans parler de la nécessité qu’il y a de prévoir des mécanismes de régulation et de soutien publiques. Car la dernière crise alimentaire de 2008 nous a montré combien il peut être risqué de mettre l’agriculture d’un pays entre les seules mains du commerce mondial et son autorégulation supposée.
L’urgence d’une mise à niveau de l’agriculture, qui devrait être au moins équivalente à celle dont a bénéficié l’industrie avec des moyens conséquents et des objectifs à respecter définis en concertation. D’autant qu’à travers des décennies de politique de prix administrés et des transferts que cela a permis, les agriculteurs ont largement financé l’essor de larges secteurs de l’économie nationale et ainsi contribué à la « paix sociale ». Ce ne serait donc qu’un juste retour des choses.
Faute d’une action ambitieuse et concertée entre un gouvernement qui aura acquis la légitimité par les urnes et une profession organisée et représentative pour la définition de notre politique agricole sur ces thèmes et sur bien d’autres, la prochaine étape avec notamment l’ouverture annoncée de nos frontières aux produits agricoles d’Europe et d’ailleurs, risque d’être bien dévastatrice aussi bien pour nos paysans que pour notre pays.
* Agriculteur, président de Groupements de développement agricoles
Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) est dissous, annonce, mercredi, le tribunal de première instance de Tunis. (TAP)
Dimanche après-midi. Les douaniers, qui accueillent les voyageurs arrivant de Tozeur le temps d’une escale à Djerba en attendant de repartir à Tunis, portent tous des masques pharmaceutiques.
«Jradou aime la vie», «Sauvez nos enfants, nos terres et nos plantes». Ces slogans, entre autres, sont scandés par les habitants de Jradou et bon nombre du personnel de l’unité de collecte et de traitement des déchets située dans la région.
L'effet a fait mouche. Le discours à la nation, le premier, "joué" comme une partition par un Premier ministre plein de fougue et de jeunesse retrouvée réussit le tour de force de ressusciter l'homme providentiel de la Tunisie résistante puis indépendante.
 Les nouveaux membres du gouvernement provisoire ont prêté serment, hier, devant le président de la République par intérim, M. Foued Mebazaâ.
L'ambassadeur du Royaume d'Espagne à Tunis, Antonio Cosano, a affirmé que "son pays est prêt à continuer ses efforts d'assistance et d'évacuation des réfugiés en coordination avec les autorités tunisiennes et les organisations internationales concernées".
''Le Premier ministre tunisien a une vision claire de l'urgence qu'il y a pour son pays à reprendre le travail et à faire revenir les investisseurs étrangers'', a déclaré, à l'agence TAP, Mme Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), à l'issue de sa rencontre, hier en fin d'après-midi, au Palais du gouvernement à la Kasbah, avec M. Béji Caïd Essebsi, Premier ministre du gouvernement provisoire.
Le conseil national de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), réuni, les 6 et 7 mars, à Tunis, a souligné l'engagement de la Ligue à "contribuer à la réussite de l'élection d'une assemblée nationale constituante dans le cadre d'élections libres, pluralistes et transparentes, faisant remarquer que cette assemblée aura à jeter les fondements d'un Etat qui garantit le respect des droits de l'Homme et des libertés dans le cadre d'un régime démocratique".
La situation du secteur touristique et les difficultés des entreprises hôtelières ont été au centre d'une séance de travail tenue à Tunis en présence de M. Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme, M. Slim Chaker, secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, M. Mohamed Belajouza, président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie (FTH), ainsi que les membres du conseil exécutif de cette structure.
La Tunisie participera à la Bourse internationale du tourisme (ITB), la plus grande plateforme de rencontres entre les professionnels du marché des voyages qui se tient du 9 au 13 mars 2011 à Berlin, en Allemagne.
Ils sont 30 à 45 enfants, âgés de trois mois à quatre ans, à trouver refuge avec leurs familles dans le camp de Choucha à Ras Jedir, fuyant la situation humanitaire tragique en Libye.
• 105 mille réfugiés ont franchi les frontières jusqu’à lundi
Après plus de dix jours d'affluence massive des réfugiés, la situation se stabilise progressivement au poste frontalier de Ras Jedir.
La campagne lancée par l'organisation non gouvernementale (ONG) « Enda Inter-arabe» pour la collecte de dons auprès de ses employés et auprès des participants au sit-in de la coupole d'El Menzah, a permis de réunir 20 mille dinars.
Un hôpital de campagne marocain a été installé au camp de réfugiés à Ras Jedir et a commencé depuis dimanche à accueillir des centaines de réfugiés de différentes nationalités, dont des ressortissants marocains, en provenance de Libye.
M. Mouldi Kéfi, ministre des Affaires étrangères, a reçu hier, au siège du département, MM. Antonio Gutterres, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et William Lacy Swing, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le ministère de l'Intérieur a autorisé la constitution de 10 nouveaux partis politiques.
Le Mouvement "Ettajdid" a appelé les jeunes et les forces vives du pays à faire preuve d'un surcroît de vigilance et de militantisme pour réaliser les objectifs de la révolution et garantir la relance de l'économie nationale en regagnant les postes d'emploi et les classes.
Mme Margherita Boniver, envoyée spéciale du ministère italien des Affaires étrangères, a réaffirmé la disposition de son pays à aider la Tunisie qui a accueilli plus de cent mille réfugiés en provenance de Libye.
 • M. Sharran Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale syndicale : «C’est un moment critique pour les femmes arabes»
Spécialiste principal du programme Division de la liberté d'expression, de la démocratie et de la paix de l'Unesco, Sylvie Coudray est parmi nous dans le cadre d'une visite officielle d'évaluation des secteurs de l'information et de la communication.
Les unités de la garde nationale dans les gouvernorats de Sousse et Sfax ont réussi, ces deux derniers jours, à mettre en échec deux opérations d'émigration clandestine à destination de l'Italie.
La Tunisie a entrepris, depuis les années soixante, une action louable en vue de sauvegarder son patrimoine archéologique, de l’étudier et d’en faire un outil de développement.
Par ZeĂŻneb Ben SaĂŻd CHERNI(*)
Ce texte qui rend compte du passé et qui a été écrit au mois de janvier appelle à une amnistie générale susceptible d’effacer, du moins juridiquement, une période d’horreurs et de souffrances d’anciens détenus politiques.
Par Habib CHAGHAL
Dégage…ce cri de ralliement des jeunes tunisiens a été lancé dès les premiers jours de janvier  à l’encontre du président déchu.
Par un collectif d’anciens détenus(*)
Nous, anciens militants et militantes, jugé(e)s et incarcéré(e)s dans les diverses prisons de Tunisie (Borj Roumi, prison des femmes de Manouba, prison civile de Tunis, etc.), ayant appartenu à Perspectives-Amel Tounsi, déclarons :
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