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Le public du Quatrième art a renoué l’autre jour avec les délices d'un art pas du tout comme les autres.
Représentée en avant première par une belle soirée ramadanesque, La vie à corps perdu (Qasr echaouq), texte et mise en scène de Noôman Hamda, met en scène un microcosme jeune et inquiet, où chacun est à la recherche de sa vérité propre, mais se montre en même temps très soucieux de préserver ses attaches avec l’univers social. L’action se déroule dans un hôpital. Des cas urgents à n’en pas finir, un patient qui réside depuis treize mois (Noureddine Bousselmi), un cas de coma, un infirmier en quête de libération de soi (Abdel Moneêm Chwayet) et une visiteuse (Amina Dachraoui), à la recherche de sa sœur jumelle : tel est l’ensemble constituant l’entourage des deux personnages centraux, une femme et un homme. Elle, c’est Jamila Chihi, excellente dans le rôle d'une infirmière égarée en chemin. Plutôt tapageuse quand elle évoque son droit à la vie et à l'amour. Lui, c'est Ghazi Zaghbani, admirable dans son rôle de médecin totalement pris par sa vie professionnelle.
Le vécu du couple à l’intérieur de l'hôpital commande l'évolution dramatique de la pièce.
Récits de l'attente
«Je t'ai attendu, mais tu n'es pas venu ; Aurai-je quelque chose pour ce soir»? Sur ces paroles chargées de sens débute la pièce. S'adressant à son conjoint, l'infirmière lui reproche son indifférence par rapport à sa flamme passionnelle lancinante. Toutefois, ce dernier s'en soucie peu : «Occupe- toi de ton malade», répond-il sur un ton sec et glacial. Au fil du dialogue, il revient cependant sur l'histoire d'un amour autrefois pur et splendide.
D'un acte à l'autre, l'infirmière affiche son tiraillement entre son amour conjugal et son sens de l’humanisme, entre un mari qui lui demande de se débarrasser d'un cas désespéré et un appel intérieur à la bonté et à la miséricorde. L'infirmière traverse alors toutes sortes d'épreuves, mais elle résiste, espère et attend, car elle sait qu'il lui reste la vie. D’où cette puissance tragique qui se dégage de son personnage.
Autour de l'attente, s'articule également le vécu de cet infirmier contrarié à l’idée d’avoir à passer la nuit du réveillon dans les murs de l'hôpital, à monter les étages. Au fil de ses confidences face à une infirmière qui subit le même sort, les mots s’étranglent dans sa gorge. Il parle, s'énerve, gesticule, trébuche, donnant lieu à une communion gestuelle assez révélatrice. Une sorte d'accrochage adouci qui prend la forme d'une danse émancipatrice, d’une rêverie à deux qui laisse émerger la parole du cœur.
Les victimes de l'attente sont légion dans la pièce. Ce patient qui gît depuis treize mois, présent sur scène à travers de longues séances d'aller-retour, et parfois coincé sur une chaise, vit… à corps perdu. Trahi par les mots, il ne lui reste qu'une âme décadente et hystérique. Grâce à une belle voix off accompagnante, on apprend que le personnage est hanté d'interrogations pour lesquelles la réponse importe moins que le rituel du questionnement. Il s'interroge en son for intérieur sur son passé, son présent, son avenir puis, dans une action de déshabillage, fait peut-être songer à l'éphémère d'une vie. Ou à l'inconsistance et à la souillure liée à la condition humaine. Le temps use et emporte : tel serait probablement la révélation finale de ce personnage.
A chacun son récit. Celui de la visiteuse recherchant sa jumelle perdue depuis quatorze ans est perçu à la lumière de ses incessantes pérégrinations sur scène, de ses émouvantes confessions sur son passé malheureux d’orpheline.
Habilement construite
La vie à corps perdu est, en outre, construite comme l'est un film, de manière séquentielle et linéaire, entièrement fondée sur le suspense. Les face-à -face opposant le couple ou les deux infirmiers s'avèrent conçus suivant une composition fragmentaire, tenant compte du déroulement progressif de l'action. La voix-off prend la forme d'un leitmotiv éclairant l'éblouissante musique sensuelle de Léonard Cohen, y compris les synthétiseurs, tel celui rappelant les couacs d'un corbeau.
En conférant de l'épaisseur psychologique à ses personnages, Noômen Hamda nous présente des gens un peu comme nous, des prototypes sympathiques de la société d'aujourd'hui.
De même, l'aspect psychanalytique dont se teintent plusieurs déclarations enracine l'œuvre dans son genre : un théâtre de la vérité et de la réalité humaine.
Cela n'empêche pas d'admettre, néanmoins, que l'aspect comique de l'œuvre aurait été plus élaboré si on avait mieux exploité le potentiel de Abdel Moneêm Chwayet, l'infirmier dans la pièce.
Un texte léger et profond, tendre et un peu amer, une mise en scène remarquable, une musique formidable : c'est une pièce très réussie et bien jouée par des comédiens de grand tempérament.
Une saisissante métamorphose et un témoignage vivant sur la fragilité de l'amour et de la vie.
Après dix ans d’existence, l’ancien comité de l’Association du festival de la Médina de La Manouba a passé le flambeau, le 21 juin dernier, à une nouvelle équipe, sous la présidence de Montasser Hassani. Ingénieur, directeur au ministère du Transport et amateur de musique, le président a fourni des efforts colossaux pour mener à bien la 11e session du festival de la Médina de La Manouba qui a eu lieu, cette année, du 20 août au 2 septembre à Kobbet Enhas. Malgré la période de préparation, trop limitée (un mois), la programmation n’a manqué ni de dynamisme ni de qualité. Montasser Hassani nous explique les astuces et les spécificités de cette session particulière, réalisée à la hâte.
Les spectacles se suivent sur la scène des différents festivals et pourtant le secret demeure toujours bien gardé : qu'est-ce qui fait la réussite d’un spectacle musical ? En réalité, avec tout ce que nous lisons, tout ce que nous écoutons et tout ce que nous voyons, nous avons parfois tendance à perdre le nord. Vraiment.
La ville japonaise de Miyazaki, de l'île de Kyushu, accueille, du 31 juillet au 12 septembre, la huitième étape de l'exposition tunisienne itinérante "Héritage de Carthage" au Japon.
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