
«Comment amener la ville de Tunis, en perpétuelle transformation, à devenir un espace ouvert à des expérimentations artistiques et culturelles ? Comment susciter le développement de nouvelles formes de citoyenneté et de réappropriation de l’espace public dans notre pays en reconstruction? Comment sensibiliser le politique ou l’Etat, à la présence de la communauté culturelle et quelles formes d’échanges dynamiques sont à inventer entre ces deux mondes»? Ce sont ces mêmes questions que se pose Dream City, la biennale artistique pluridisciplinaire, depuis sa création en 2007. Ce festival qui s’organise en forme d’itinéraires urbains, pour rêver et se réapproprier la Médina de Tunis, en sera prochainement à sa troisième édition et s’inscrira, comme de nature, dans la marche du monde.
La deuxième édition a eu lieu en octobre 2010 et l’effervescence est de mise, actuellement, dans les bureaux de Dream City, pour la préparation de la prochaine session qui se tiendra du 5 au 7 octobre 2012 à Tunis. L’appel à projets a été lancé il y a plus de 6 mois, conviant les artistes tunisiens et étrangers, à penser des œuvres pour la ville et qui traiteraient du thème suivant : «L’artiste face aux libertés». Cette troisième édition qui s’intitule «Paradise now» est également ouverte aux artistes contemporains d’Afrique et d’Asie centrale, dans le but de créer un pont sensible avec ces sociétés, dominées pendant des décennies, par des régimes totalitaires. Selma et Sofiane Ouissi, concepteurs et directeurs artistiques du festival, sont convaincus que ce soulèvement populaire tunisien de janvier 2011 a été, ou sera, contagieux auprès des voisins. Le duo écrit dans son dossier de presse, qu’il lui semble important de partager notre histoire et de donner de «l’espace» à ces artistes pour l’exercice concret de leur citoyenneté. «De nouveaux liens émergeront des faits politiques récents, et il est fondamental de mettre ces cultures en communication pour interagir et ouvrir la voie de la réelle universalité de ces droits culturels pour la construction de sociétés démocratiques, quel que soit le régime qui les régit».
Le coup d’envoi de Dream City III, sera donné à Sfax du 26 au 30 septembre 2012. Le festival gagne donc du terrain pour explorer d’autres espaces publics et évoluer au cœur d’un nouveau paysage, celui d’une ville industrielle à l’atmosphère singulière, avant de regagner Tunis.
 Les Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie contemporaine, sont la principale manifestation consacrée à la photo et à la vidéo africaines. Un hommage y a été rendu aux révolutions tunisienne et égyptienne.
 L’activité culturelle reprend doucement et on commence à trouver des affiches de nouvelles productions devant les rares salles de spectacle. Ce week-end, le public de la capitale aura droit, enfin, à une nouvelle création inspirée du glissement sécuritaire et les troubles politiques et sociaux qu’a connus la Tunisie, suite à la révolution du 14 janvier.
 A l’occasion de la journée des Nations unies, la maison de la Culture Ibn-Khaldoun accueille aujourd’hui, à partir de 16h00, une cérémonie en hommage à Aboulkacem Chebbi, comprenant une projection du film de Hajer Ben Nasr qui a pour titre le nom de ce grand homme de la poésie tunisienne et une conférence de Hatem Bouriel sur «La vie et l’œuvre du poète de la liberté».
 Spécialiste de la photo arabe et moyen orientale, la Tunisienne Michket Krifa, qui vit et travaille à Paris, dirige avec Laura Serani la Biennale africaine de la photo depuis 2007. Rencontre.
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