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Essahafa
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Editorial
Un sentiment d’unité


Les liens qui unissent les pays maghrébins et qui fondent la légitimité d’un projet commun — l’Union du Maghreb arabe — se fondent sans doute sur une multitude d’épisodes de l’histoire et, bien sûr, sur l’appartenance commune à une même région, une même terre bordée au sud par les grands espaces sahariens et, au nord, par les flots de la mer Méditerranée. Cette situation géographique représente, à travers les siècles, ce qui a fondé une communauté de destin : bien souvent, dans le passé, les épreuves ont été vécues ensemble par les différents peuples de la région, ainsi que les dénouements d’ailleurs. C’est sans doute ce qui nous autorise à parler de «fraternité» à propos des liens profonds qui nous unissent, par-delà les circonstances.

Il est cependant des moments forts de cette relation intermaghrébine qui, plus que d’autres peut-être, illustrent ce lien de parenté et, du même coup, rappellent à quel point le socle existe en vue de la construction d’une maison commune. Les événements de Sakiet Sidi Youssef font partie de ces moments forts et gardent, pour les peuples tunisien et algérien, une forte charge symbolique qui remémore pour les générations qui se suivent la solidarité qui a uni ces deux peuples dans l’adversité et en vue de recouvrer ensemble la pleine dignité dans leur marche vers l’avenir.

Aujourd’hui, et alors que tant est à accomplir afin de faire de l’espace maghrébin un espace qui soit davantage celui de la rencontre et de l’échange sur les plans économique, social, culturel et politique, les grands symboles qui disent la fraternité entre les peuples maghrébins sont, plus que jamais, à rappeler.

Le Président Zine El Abidine Ben Ali, saisissant l’occasion du 52e anniversaire des événements de Sakiet Sidi Youssef, n’a pas manqué de le faire en adressant un message au Président algérien, Abdelaziz Bouteflika. L’esprit de sacrifice dont a été témoin cet épisode particulier de notre histoire commune au service de la cause de notre liberté à nous deux, peuple tunisien et peuple algérien, demeure comme un noble geste dont la signification n’a pas fini de nous interpeller et de requérir, surtout de la part des nouvelles générations, une attention particulière, voire une méditation.

Les aspirations des peuples maghrébins à davantage de bien-être dans leur vie quotidienne et pour l’avenir de leurs enfants ne sauraient se passer, pour renforcer l’écho de leur légitimité, de la mémoire de tels épisodes de notre histoire partagée, en tant qu’ils sont le signe éloquent d’un sentiment d’unité qui traverse les frontières nationales.

Il est évident que c’est en s’appuyant sur un tel sentiment que le projet maghrébin trouvera en lui le souffle et l’énergie dont il a besoin pour accomplir de grandes ambitions qui transformeraient profondément le réel de nos peuples.

Il est toutefois significatif que le Chef de l’Etat, en cette année mondiale particulière qui est vouée — sur sa propre initiative — à la jeunesse, ait souligné dans ce message toute l’espérance qu’il est possible de placer dans les «jeunes générations» dès lors qu’elles auront saisi la valeur d’exemple que recèlent les événements de Sakiet Sidi Youssef et les faits héroïques qui y sont rattachés.

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