Il y a à peine une semaine les Tunisiens avec à leur tête le Président de la République, rendaient hommage dans le recueillement aux martyrs de la bataille de l’Evacuation à Bizerte.
Cette date-phare de l’histoire nationale est une occasion pour les Tunisiens de renouveler, dans le respect, le souvenir de tous ceux et toutes celles qui se sont battus pour la liberté de leur pays, qui ont combattu et qui ont souffert pour la chère Tunisie.
Un 15 octobre 1963, la Tunisie scellait le couronnement d’un long combat contre le colonialisme, pour l’indépendance et la souveraineté.
Il est difficile de trouver les mots justes pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vécu la bataille de l’Evacuation de Bizerte, marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair, ceux qui l’ont vécue et ceux qui en ont été témoins.
A pareille occasion, alors que l’on s’attend à voir des voix s’élever en France pour exiger des excuses aux familles des martyrs, quelques médias français ont choisi le dernier jour de la campagne électorale, soit la veille de la journée dite de réflexion, pour organiser une attaque contre une jeune démocratie en pleine fête électorale, au mépris de toute règle et inconscients de toute déontologie.
Pris dans la tourmente de l’usinage médiatique de prétendus martyrs ces personnalitésqui glapissent d’une tribune à l’autre, pris d’une telle pseudo frénésie démocratiqueérigeant leur engagement citoyen en spectacle, ne se souciant guère de causer d’aussi lourds traumatismes collectifs à des Tunisiens attachés à leur Président et fidèles à ses choix et principes.
S’il est très difficile de comprendre le mécanisme de la haine de ces gens envers notre pays, il semble cependant clair qu’on ne peut professer de l’amitié envers des acteurs, aussi puissants soient -ils, quand ils attribuent les plus noirs desseins à notre nation.
En effet, la mémoire de pierre de ces médias,leur arrogance et leur prétention dominatrice à donner des leçons au monde entier vient rappeler les innombrables épisodes qui font de la mémoire du Sud une mémoire blessée.
Car, cette culture du juron et cette fureur inexplicable ne peuvent qu’être perçues que comme un acte d’exorcisme et de délivrance d’un mal qui rongerait de manière souterraine des hommes frappés par la malédiction du pacte avec le diable.
En effet, parmi leurs outils qui servent à transmuer un bienfait universel en une peste médiatique pour pouvoir parader dans les médias, ils invoquent à tort l’absence de libertés, de démocratie, allant même jusqu’à oser caricaturer la Tunisie d’être une dictature et représenter son peuple comme un peuple opprimé ?!
Réveillez-vous, les Tunisiens ne sont plus ces indigènes ignorants à la merci de ces prédateurs blancs venus leur donner des leçons.
Mais quand Paris déroule le tapis rouge aux activistes et autres militants des droits de l’Homme pour leur délivrer des prix et des certificats en reconnaissance de leurs prises de parole courageuses et en compensation de leurs souffrances, on a applaudi à Tunis en signe de solidarité.
C’est qu’il y a parmi ces gens-là, des porteurs d’espérance qui nous invitent à prendre de nouveaux sentiers pour relever de nouveaux défis démocratiques et nous ramener à l’essentiel, soit à l’Homme et aux attributs de sa dignité. Ceux-là sauront faire découvrir au monde de nouveaux chemins de la démocratie, de nouveaux sentiers d’humanité, qui favoriseront l’unité, la tolérance, la paix. On les applaudit de toutes nos forces ! Mais il y a aussi des gens qui, avec leur génie malfaisant, agissent avec une précision mécanique pour démolir les jeunes édifices démocratiques. Les remparts occidentaux offrent à ces derniers l’occasion de s’attaquer directement aux piliers mêmes de la démocratie insoucieux des risques encourus par le jeune édifice.
Ceux-ci, la Tunisie en rit et continue sa marche.
Un acharnement injustifié
Pourquoi, un tel acharnement? Comment expliquer cette hargne? La vérité c’est que ces contestataires aux dents longues, se taisent et courbent l’échine devant des crimes injustes perpétrés un peu partout dans le monde. Quand l’Occident, qui s’érige en chantre de la liberté, piétine les droits de l’Homme, ce cortège d’esprits dits démocratiques préfèrent regarder ailleurs, plus doués pour compter leurs exploits médiatiques que les cadavres des autres. C’est le revers sanglant de la médaille dorée de la liberté à l’occidentale.
En effet, cette sémantique de la haine et du mépris, qui détourne de sa mission essentielle le journaliste, laisse libre cours à son égoïsme, son égotisme et à cette facilité de balayer une oeuvre aussi grandiose que celle du Changement en Tunisie. En effet, d’un simple adjectif, on se livre à cette jubilation palpable dans le désir d’annihiler.
Ce manque d’humilité, cette jouissance sadique et destructrice, ce style arrogant, cette cruauté facile et plaisante, ce goût du calembour et du bon mot assassin, quand le journaliste les commet et s’en délecte, il devrait savoir qu’il flatte une relation avec son lecteur qui n’est pas d’une grande élévation d’esprit.
Que leur reprochons-nous? Tout simplement de tordre le cou aux vérités comme cela les arrange.
Sinon comment expliquer que du coup, ces gardiens du temple ont horreur des élections et craignent le verdict des urnes comme le diable fuit l’eau bénite. Au fait, ce qui nous chagrine, c’est cette méconnaissance de la Tunisie, cette méconnaissance de l’Histoire.
Alors peut-être faut-il leur raconter le Changement, leur parler de l’une des périodes où l’affrontement social et idéologique y était des plus violents. Période durant laquelle les tenants du marxisme en perte de vitesse et les admirateurs de l’islamisme rétrograde y tenaient encore le haut du pavé dans un pays en tourmente et en butte à des luttes intestines. Une époque où tout le pays était en panne ou presque.
Comment leur communiquer les préceptes et les fondamentaux qui ont guidé l’uvre du Changement.
La vérité qu’ils devraient savoir c’est qu’avec Ben Ali, la Tunisie n’a pas seulement changé de président, elle a changé de cap, changé de valeurs, changé de politique. C’est une inflexion majeure. Et elle récompense une stratégie d’abord fondée sur ce qui devrait être au cur de tout engagement politique : le respect scrupuleux des engagements. Des engagements clairement énoncés dans la Déclaration du 7 Novembre.
Chacune des réformes engagées répond à chacun des engagements du Président. Cette fidélité à son projet est le propre de sa force intime. Si on fait la somme de toutes ces évolutions, que trouve-t-on derrière chacune d’entre elles, sinon une transformation de fond.
En quelques années, des pans entiers de la société se sont métamorphosés.
Cela, sous le regard médusé d’une poignée de détracteurs qui a fondé son action soit sur la violence religieuse, soit sur le dénigrement, qui aurait tellement voulu gagner par la rue ce qu’elle n’a pas su gagner par les urnes. Pourtant, on ne transforme pas un pays comme la Tunisie en quelques années seulement. Nous avons besoin de la durée, de la ténacité et de la continuité. Et c’est parce que la Tunisie change que nous pouvons dès à présent en tirer quelque orgueil. Ce que le Président a promis, il l’a fait ! Car quand on croit à ce que l’on veut faire, on le fait et on le fait bien. Depuis plus de vingt ans, Ben Ali a tracé le chemin sans fléchir, sans céder. Il l’a fait aussi sans arrogance et sans brutalité, mais avec la conviction intime que la préservation de nos acquis et la défense des valeurs républicaines ainsi que la modernisation de notre pays n’étaient pas négociables.
Hier on était les porte-parole d’une Tunisie acquise au Changement. Aujourd’hui, dans ce moment électoral, il nous revient, aux côtés de Ben Ali, de nous faire les interprètes d’un pays qui toujours dans le changement poursuit ses objectifs avec la même ferveur.
Ces objectifs constituent des défis pour les années à venir. Grâce au Changement, le peuple tunisien a atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité qui lui procure le droit d’aspirer à une citoyenneté plus active et de postuler non seulement à la jouissance de droits civiques mais aussi le droit à une contribution constructive à la gestion de ses affaires.
Enfin, on ne peut s’empêcher de songer à la réponse qu’un homme d’Etat a fait à un journaliste : «Vous savez, a-t-il dit, les optimistes et les pessimistes meurent de la même façon. Mais ils vivent différemment». Et pour la Tunisie de Ben Ali, notre souhait c’est de vivre différemment, dans l’optimisme.
Chokri BEN NESSIR