C’est le cas, ces derniers jours, avec une certaine tendance au port de la tenue sectaire, notamment chez les jeunes filles, les élèves et les étudiantes. Ce phénomène est accompagné de grandes discussions ici et là sur l’obligation ou non du port de cette tenue. Certains sont allés jusqu’à se découvrir une vocation, voire un talent de "théologien" et de grand connaisseur de la religion.
Ce phénomène a pris des proportions parfois démesurées, ce qui a nécessité des mises au point et des rappels à la raison. C’est donc dans cet ordre d’idées que le Président Zine El Abidine Ben Ali a tenu à rappeler, en recevant mercredi 11 octobre le ministre des Affaires religieuses, que "la Tunisie, de par son attachement constant à la sublime religion islamique, qui se fonde sur la modération, l’ouverture, le juste milieu, la tolérance et le dialogue constructif, est soucieuse de consacrer les valeurs de décence et de pudeur et considère que les tenues vestimentaires en usage dans les villes et les campagnes tunisiennes sont à même de préserver ces valeurs".
Le Chef de l’Etat a souligné, par ailleurs, qu’il est impératif de distinguer entre les tenues d’inspiration sectaire importées de l’extérieur et l’habit tunisien authentique, symbole de notre identité nationale.
Cette mise au point est venue réaffirmer ce qu’il avait indiqué dans son discours du 25 juillet 2005 : "
En Tunisie, pays de civilisation arabo-musulmane authentique, nous veillons à préserver nos traditions et coutumes et sommes fiers de tout ce qui s’y rapporte, y compris les tenues vestimentaires décentes en usage dans nos villes et villages. Nous n’avons de réserve ou de rejet que pour les tenues importées de l’extérieur et qui sont le signe d’une obédience politique donnée
".
Il faut mettre en exergue, effectivement, que depuis l’avènement du Changement, grâce à une approche présidentielle judicieuse, l’identité arabo-musulmane de notre peuple, ainsi que son intégrité et son homogénéité, ont été préservées et le caractère sacré des rites qui leur sont inhérents a été bien protégé.
La réhabilitation de notre sublime religion et de ses valeurs authentiques s’est aussi exprimée à travers le rejet des extrémismes de tous bords et la diffusion de la culture de la modération et de la tolérance. S’agissant de tenue vestimentaire, la Tunisie du Changement a toujours prôné la modération et le juste milieu, bannissant et les attitudes provocantes et les symboles sectaires. D’ailleurs, dans le cas d’espèce, rien dans les textes n’exige le port d’un tel ou tel uniforme.
Les textes du Coran et du "Hadith" parlent du port d’une tenue vestimentaire féminine conforme au respect de la pudeur. C’est donc le principe et l’esprit qui doivent être respectés dans le sens où rien ne stipule le port d’une tenue vestimentaire uniforme bien déterminée.
L’essentiel est de s’en tenir, dans toute question, au fond tout en veillant à ne pas se perdre dans les méandres des détails, souvent futiles, sachant que ledit uniforme s’attache davantage à la forme qu’au fond et consacre des signes ostentatoires et sectaires qui présentent pour notre pays, qui jouit d’une homogénéité de rite exemplaire, de sérieux risques de discorde et de zizanie. Malheureusement, ce sont les objectifs que semblent rechercher les partisans de cette tenue qui s’en servent à des fins politiques évidentes et, autrement, plus dangereuses.
Grâce à la politique sage et visionnaire du Président Ben Ali qui a su lui inculquer le principe du juste milieu et l’engager sur une voie de réforme alliant le respect de l’identité à l’ouverture et l’authenticité à la modernité, politique qui est à la base des succès engrangés par la Tunisie, notre pays saura encore une fois faire valoir son engagement pour un Islam éclairé et en adéquation avec les temps modernes.
D’autant qu’en privilégiant et en misant sur une politique d’éducation avant-gardiste, le Chef de l’Etat a permis à toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens d’être bien outillés afin de discerner le bon grain de l’ivraie, de rejeter les desseins obscurantistes et de pouvoir choisir, en toute liberté et en bonne connaissance de cause, la voie de l’épanouissement et du progrès, la voie de l’avenir.
Noureddine HLAOUI