Le rapport a abouti, en effet, à la conclusion suivante: à moyen et à long terme, les pays les moins nantis souffriront le plus des conséquences du réchauffement planétaire, dans la mesure où ils ne disposent pas des moyens à même de leur permettre de se protéger des conséquences néfastes des changements climatiques.
Le Programme des Nations unies pour le développement en Tunisie (Pnud) a présenté les principales conclusions de ce rapport ainsi que les recommandations qui ont été émises, et à la lumière desquelles les pays industrialisés sont appelés à atténuer l’impact des bouleversements climatiques sur le développement humain dans les pays les plus exposés. En effet, selon le rapport, l’élévation de la température, couplée à de fortes précipitations imprévisibles, a pour effet de mettre à mal les systèmes agricoles de nombreux pays pauvres, ce qui a pour principale conséquence d’augmenter le nombre de personnes souffrant de malnutrition. Ainsi, les zones semi-arides d’Afrique subsaharienne parmi les plus pauvres du monde risquent d’enregistrer une diminution de 26% de leur productivité d’ici 2060. Citant, par ailleurs, l’exemple de l’Ethiopie, le rapport relève que les enfants exposés à la sécheresse durant leur petite enfance ont 36% de chances supplémentaires de souffrir de malnutrition, ce qui équivaudrait à deux millions d’enfants mal nourris.
En outre, plus de 98% des 265 millions de personnes qui ont été affectées par les catastrophes climatiques survenues, entre 2000 et 2004, vivent dans les pays en voie de développement, alors que seulement une personne sur 1.500, originaires des pays de l’Ocde, a été touchée, au cours de la même période, par les catastrophes climatiques. Toujours selon le rapport, l’augmentation d’un mètre du niveau des mers entraînerait l’inondation de 4.500 km2 de terres agricoles en Egypte et menacerait 80% des terres aux Maldives qui se trouvent moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer.
Le rapport a, d’autre part, établi une estimation des émissions de CO2 dans le monde. Il ressort que les pays riches sont responsables de près de 50% de l’émission de CO2, alors qu’ils comptent seulement 15% de la population mondiale. Les auteurs de ce rapport invitent les gouvernements à joindre leurs efforts pour éviter que les changements climatiques ne deviennent dangereux à long terme. Plusieurs solutions sont proposées. Il s’agit de limiter l’augmentation de la température à 2 degrés, seuil au-dessus duquel les risques découlant des bouleversements climatiques risquent d’engendrer des catastrophes planétaires. Par ailleurs, les pays développés sont appelés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 80% d’ici 2050, tandis que les pays en développement doivent se fixer pour objectif le chiffre de 20%. Parmi les autres recommandations émises, le rapport relève qu’une manière indirecte d’atténuer le risque des changements climatiques serait, en outre, d’agir sur la tarification du carbone, en élevant les taxes sur le carbone, ce qui aurait pour conséquence positive de modifier les mécanismes d’incitations destinés aux investisseurs.
Le rapport encourage, par ailleurs, les gouvernements à faire appliquer, de manière plus stricte, les normes sur les émissions des véhicules, des bâtiments et des appareils électriques. Le rapport plaide, en outre, pour la création d’un Fonds d’atténuation des changements climatiques (Facc) qui financerait, chaque année, à hauteur de 25 à 50 milliards de dollars, les investissements supplémentaires pour les projets qui prévoient l’utilisation d’énergies à faible émission de carbone. En Tunisie, deux projets seront développés. De même, le Pnud s’est engagé pour la période 2007-2011 à apporter sa contribution au développement de programmes et de projets tunisiens. Notre pays prévoit, entre autres, de développer un projet national qui se base sur le développement des énergies de substitution, à l’instar des énergies renouvelables, ce qui aura pour effet de réduire la facture énergétique et d’atténuer l’émission de gaz à effet de serre. Un autre projet consistera, enfin, à encourager la production électrique à partir de l’énergie éolienne. Ce projet qui s’étalera sur une durée de trois ans, coûtera quatre millions de dollars.
I. HAOUARI