Ce deuxième débat télévisé, après celui qui a été consacré la semaine dernière au terrorisme, s’inscrit dans le cadre des orientations tracées par le Président Ben Ali qui a renouvelé, dans son discours à l’occasion du 20e anniversaire du Changement, son appel à une multiplication des espaces de dialogue dans nos canaux de télévision, et au renforcement de la présence des partis d’opposition dans les dossiers et débats portant sur les problèmes nationaux et l’actualité internationale.
Tant au niveau de la forme que du fond, le débat a été, d’une manière générale, une réussite parce qu’il a eu le mérite d’avoir largement intéressé les téléspectateurs, lesquels semblent avoir apprécié cette initiative.
En effet, d’abord sur le plan de la forme, le débat a été bien animé, passionnant, voire passionné.
Les téléspectateurs ont suivi avec beaucoup d’intérêt les points de vue des uns et des autres sur l’information en Tunisie, où l’exercice de la profession fait l’objet d’une sollicitude présidentielle sans cesse renouvelée en vue de permettre aux hommes des médias non seulement d’accompagner l’évolution du processus démocratique amorcé dès l’aube du Changement, mais aussi d’être le reflet de la société tunisienne, de son dynamisme et de sa diversité.
Pour ce qui est du contenu, le débat a été consacré à la situation de l’information dans notre pays où le paysage médiatique a su se soustraire, d’une manière générale, à la surenchère, à la manipulation et au pouvoir de l’argent.
La liberté de la presse en Tunisie se ressource dans un référentiel de liberté et des droits de l’Homme inscrits dans la Constitution et vécus dans un Etat de droit où la liberté ne connaît de limites que celles prescrites dans le texte fondamental de la Constitution. Le débat a réuni des représentants de la télévision, de la radio, de l’opposition, de la société civile et de la presse écrite.
En toute liberté et sans langue de bois, les différents intervenants ont eu, chacun, selon ses convictions propres, à définir le rôle du journaliste pour mieux répondre aux attentes du citoyen.
Démocratique, pluraliste voire contradictoire, le débat a soulevé plusieurs questions.
D’abord, face aux tentations de prêt-à-porter intellectuel, de l’esprit mercantile et ceux qui cherchent à semer le doute et à jeter l’anathème sur la volonté des peuples, tous les intervenants ont tenu à rappeler l’attachement des journalistes tunisiens à s’acquitter, comme il se doit, de leur devoir, tout en se félicitant de la sollicitude constante dont le Président Ben Ali entoure les hommes de la profession pour leur permettre d’assumer pleinement leur mission.
Comme l’ont bien souligné les différents intervenants, la liberté de la presse demeure posée, même dans les plus vieilles démocraties occidentales.
Dans un pays comme le nôtre, l’on saisit, à sa juste valeur, l’approche tunisienne qui associe de manière dynamique liberté, objectivité et responsabilité.
Car le rôle des médias est aussi important, aussi délicat et sensible que sacré.
Il est certain que le débat sur l’information suscite toujours la polémique et la passion.
Toutefois, prétendre que le débat télévisé n’a pas atteint ses objectifs, faute d’avoir réuni d’autres intervenants, est un argument peu crédible, pour ne pas dire douteux.
Car le débat a réuni un large échantillon de la société civile, des représentants de l’audiovisuel, des organes des partis politiques et de la presse écrite indépendante. Il est curieux que ceux qui sont censés être des sages soient aussi agités, surexcités et se transforment en donneurs de leçons. Et si ces journalistes étaient invités à l’émission, auraient-ils mieux défendu la profession!? Auraient-ils fait les mêmes commentaires que ceux qu’ils viennent de rédiger!? Curieuse conception des choses et du rôle du journaliste quand celui qui est censé être à la fois le miroir et la conscience de la société plonge dans l’excès, l’extravagance et la vengeance pour tenter vainement de jeter le discrédit sur un débat qui a été profond, pluraliste et qui sera, d’ailleurs, toujours d’actualité, ici comme ailleurs !
Mouldi M’BAREK