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Eclair & Net
Gouvernance… jusqu’où ?
Internet est une machine tellement complexe, sensible, utile, révolutionnaire… qu’il est insensé de la laisser sans chef d’orchestre  et surtout sans les garde-fous nécessaires à une utilisation rationnelle loin des abus et des dérapages. C’est-à-dire sans qu’elle ne soit sérieusement engagée dans une démarche de bonne gouvernance.
Ayant fait l’objet d’âpres discussions au cours du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) et ayant figuré en bonne place  dans les documents de la seconde phase de cette rencontre historique tenue à Tunis en novembre 2005, la gouvernance d’Internet est un thème qui n’a pas fini de susciter les controverses.
Si la gestion du réseau en tant que structure a été léguée à l’organisme américain Icann qui l’a toujours assurée depuis le début, l’usage qu’on fait de l’Internet est devenu, lui, le bien-fondé du forum créé à cet effet par le SMSI et qui vient, il y a quelques jours, de tenir à Haydarabad (Inde), sa troisième session annuelle.
Les participants au SMSI, représentants des trois sphères impliquées (public, privé, société civile) ont, en effet, accepté le compromis afin de pouvoir avancer dans le traitement de ce dossier épineux qu’est la gouvernance d’Internet.
Tout en acceptant ce fait presque accompli, la communauté internationale a essayé de résoudre les problèmes, aujourd’hui quasi incalculables, posés par les différentes utilisations de l’Internet. Tels que la cybercriminalité, l’atteinte à la vie privée des citoyens, le piratage des œuvres (atteinte aux droits d’auteur)…
La communauté internationale, qui semble plus ou moins capable de s’en sortir et de pouvoir trouver des solutions à tous ces problèmes, n’a pas encore, à notre humble avis, évalué les coûts exorbitants de ces problèmes et les freins qu’ils pourraient devenir à l’activité utile sur l’Internet.
Par ailleurs, les dossiers très sensibles, tels que la mise en ligne d’images susceptibles de menacer la sécurité publique, sont,paraît-il, éludés.
Mais les problèmes ne s’arrêteront pas là, même si le chemin parcouru est assez long. L’acheminement de l’humanité vers la numérisation de tous les savoirs et le fait de conférer à l’Internet, dans un proche avenir, une situation de quasi monopole de la connaissance sont une entreprise très risquée au moins pour deux raisons.
La disponibilité de l’information après cette migration forcée et surtout sa gratuité, d’un côté, et sa véracité, de l’autre, surtout avec l’avènement du web.2. Les utilisateurs seront donc acculés à procéder à l’évaluation rigoureuse des sources d’information. Une entreprise pas toujours facile ni à la portée de tous. Bref, l’Internet ne doit pas devenir un lieu où chacun peut dire ce qu’il veut au moment qu’il choisit et à propos de n’importe quoi.
Foued ALLANI
http://www.santetunisie.rns.tn
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