Accord sur le Centre d’Excellence africain : un pas stratégique pour la Tunisie
La Commission des Relations Extérieures, de la Coopération Internationale, des Affaires des Tunisiens à l’Étranger et de la Migration a tenu mardi 11 mars 2026 une audition conjointe avec le ministre des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, ainsi que des représentants de la Banque Centrale de Tunisie.
Cette séance s’inscrivait dans le cadre de l’examen du projet de loi fondamental n°07/2026, relatif à l’approbation de l’accord conclu entre le gouvernement tunisien et la Commission de l’Union africaine pour l’implantation du siège du Centre d’Excellence africain pour les marchés inclusifs.
Un acquis stratégique pour la Tunisie
Lors de la séance, le ministre a réaffirmé la place centrale de l’Afrique dans la politique étrangère tunisienne, tant dans les relations bilatérales que dans le cadre de l’action africaine commune, notamment au sein de l’Union africaine, de la COMESA (Communauté de développement de l’Afrique orientale et australe) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le ministre a aussi insisté sur le fait que l’accueil du Centre d’Excellence africain constitue un véritable acquis stratégique pour la Tunisie, tant pour ses retombées économiques que pour son rôle symbolique dans le renforcement de la position régionale du pays. Il a appelé à l’accélération des procédures de ratification de l’accord afin de permettre à la Tunisie de respecter ses engagements vis-à-vis de l’Union africaine.
Les députés présents ont souligné la nécessité de renforcer la diplomatie économique tunisienne sur le continent, notamment en révisant la carte diplomatique pour une meilleure représentation dans les pays africains, comblant les postes vacants dans certaines représentations diplomatiques, dotant ces missions des ressources humaines et logistiques nécessaires pour attirer les investissements et consolider la présence tunisienne.
Ils ont également insisté sur la coordination entre les représentants de l’exécutif et du législatif pour maximiser l’efficacité de ces initiatives.
Gestion de l’immigration irrégulière
Le phénomène de l’immigration irrégulière a été au centre des débats. Le Ministre a rappelé que la Tunisie refuse toute installation de migrants irréguliers et a développé un programme de retour volontaire efficace, faisant passer le nombre de retours de 1 614 en 2022 à 8 853 en 2025.
Concernant les aspects financiers du Centre, plusieurs députés ont interrogé les représentants de la Banque Centrale sur les avantages accordés au personnel et leur conformité avec le Code des changes tunisien. Les représentants ont précisé que le centre bénéficie du statut de « non résident », que son budget est entièrement financé par l’Union africaine et qu’il n’est pas soumis au contrôle de la Banque Centrale tunisienne.
Les avantages accordés respectent les dispositions légales et sont comparables à ceux des autres institutions étrangères en Tunisie.
Protection des Tunisiens au Moyen-Orient
La situation des citoyens tunisiens dans la région du Moyen-Orient a également été abordée, notamment dans un contexte de tensions géopolitiques. Les députés ont interrogé le Ministre sur les mesures préventives pour assurer leur sécurité.
En réponse, le Ministre a détaillé la mise en place d’une commission de suivi, le lancement de l’évacuation des personnes bloquées (notamment les pèlerins), et la coordination avec les universités et représentations diplomatiques pour assurer la protection des étudiants tunisiens. Des opérations de rapatriement ont également été organisées depuis l’Iran et d’autres pays, tandis que les démarches pour évacuer les derniers ressortissants se poursuivent.