Economie

Projet de loi de finances 2027 : Priorité à l’investissement, à l’entreprise et à la maîtrise des dépenses

Avatar photo
  • 3 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Projet de loi de finances 2027 : Priorité à l’investissement, à l’entreprise et à la maîtrise des dépenses

À l’approche du projet de loi de finances 2027, le député Mohamed Amine Ouerghi plaide pour une fiscalité davantage orientée vers l’investissement, une réduction de certains coûts pesant sur les entreprises et un meilleur accès des jeunes au financement. Il appelle également à renforcer la maîtrise des dépenses publiques.

La Presse —À quelques mois de l’examen du projet de loi de finances 2027, les discussions commencent à faire émerger plusieurs pistes autour de la fiscalité, de l’investissement et du financement de l’économie. Membre de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Amine Ouerghi estime que les grandes orientations du prochain budget devraient rester globalement dans la continuité des précédentes, avec un recours privilégié aux ressources propres et une attention particulière à la maîtrise des dépenses publiques.

Une fiscalité au service de l’investissement

Mais au-delà de ces principes, le député met l’accent sur la nécessité de donner davantage de place à l’investissement et à l’initiative privée. Intervenant récemment sur les ondes d’une radio privée, il a notamment appelé à éviter une nouvelle augmentation de la pression fiscale pesant sur les entreprises. Selon lui, les principaux leviers fiscaux ont déjà été largement sollicités, notamment à travers l’impôt sur les sociétés et la contribution de certains secteurs, comme les services financiers et les grandes entreprises. Dans ce contexte, il considère que la fiscalité devrait davantage servir à stimuler l’investissement et la création d’activités. Il a ainsi évoqué des mesures ciblées en faveur de certaines filières industrielles, citant notamment la fabrication de batteries, l’agroalimentaire et les industries électroniques. Des incitations fiscales pourraient également, selon lui, être envisagées pour les entreprises installées dans les régions de l’intérieur, voire sous la forme d’exonérations temporaires. Pour Mohamed Amine Ouerghi, la compétitivité ne dépend toutefois pas uniquement du niveau d’imposition. Elle passe également par une révision de certains coûts qui pèsent sur les entreprises. Le député a notamment appelé à revoir les droits de douane appliqués à certains intrants destinés aux industries lourdes. Il a relevé une situation qu’il juge peu cohérente lorsqu’un producteur local supporte des droits sur ses matières premières ou équipements alors que des produits finis importés peuvent être soumis à une charge moindre.

La même logique est avancée concernant le transport. Ouerghi propose d’alléger les droits de douane appliqués aux camions et à certains équipements de production, considérant ces derniers comme des outils nécessaires à l’activité économique. Il estime que le renchérissement du transport finit par se répercuter sur les prix des biens et services.

Maîtrise des dépenses ?

L’autre priorité évoquée concerne l’entrepreneuriat. Mohamed Amine Ouerghi a fait état d’une proposition visant à faciliter l’accès des moins de 40 ans au financement bancaire grâce à un mécanisme de garantie publique. L’idée serait de permettre à l’État de couvrir jusqu’à 80 % du risque lié au financement, afin de répondre au problème des garanties exigées par les banques. Le député a également évoqué les sociétés communautaires, en lien avec l’objectif annoncé de créer 1.200 nouvelles sociétés.

Sur le financement du budget, Ouerghi a rappelé que l’État dépend principalement des recettes fiscales et non fiscales ainsi que des emprunts. Il a cependant relevé la diminution des recettes non fiscales et souligné les difficultés financières de certaines entreprises publiques, dont certaines constitueraient désormais une charge pour les finances publiques. Pour lui, la question de la maîtrise des dépenses reste donc centrale et nécessite un réexamen de leur évolution au cours des dernières années. Le député a par ailleurs abordé plusieurs dossiers susceptibles d’évoluer dans le cadre des travaux parlementaires.

La facturation électronique reste, selon lui, en discussion et pourrait faire l’objet d’une proposition si des mesures gouvernementales ne répondent pas aux réserves exprimées. Le Code des changes demeure également suspendu à l’avis de la Banque centrale de Tunisie, après l’audition des différentes parties par la Commission des finances. Enfin, Ouerghi a évoqué une proposition de création d’un fonds consacré à la prévention et au traitement des addictions, ainsi que la poursuite des travaux relatifs au dispositif «une voiture pour chaque famille ». Sur le secteur parallèle, il défend une approche fondée notamment sur une baisse temporaire des droits de douane sur certains produits afin de favoriser leur passage vers le circuit formel.

Avatar photo
Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

You cannot copy content of this page