Art, design, artisanat et mode: Phosphorescent Phosphore
Deux ou trois fois dans l’année, la communauté du Phosphore Creative district nous convie à une fête totale. Tous ouvrent leurs portes, changent leurs décors, bouleversent leurs accrochages et créent un nouvel environnement : de nouveaux artistes, des designers inédits, des concepts innovants, tout est fait pour surprendre, étonner et séduire.
La Presse —Et ma foi, cela réussit au vu de la magnifique affluence d’un public pourtant blasé de ce genre d’événements.
Pour être juste, il faudrait les citer tous, car tous ont contribué à cette énergie créative. Mais comme cela est impossible au vu de la multiplication d’espaces, assumons nos choix et nos découvertes.
Un éblouissement dans un petit espace tendu de sombre, un univers floral digne des plus beaux arrangements de la Renaissance, une explosion de couleurs, de senteurs, une harmonie toute de légèreté, d’équilibre et de cohérence. Nous sommes dans le domaine d’Olfa Abdelmoula Sellami, architecte talentueuse jusque-là connue dans le monde de la mode, qui entame aujourd’hui une nouvelle carrière et se voue avec grâce et créativité à la scénographie florale. Une pause s’impose pour découvrir l’exposition d’un trio d’artistes bien connues : Mouna Jemal et son âne bleu, Rachida Amara et la Madone de Bhar Lazreg, et Najet Dhahbi et ses fenêtres dont on ne sait si elles sont ouvertes ou fermées. Toutes trois se sont imprégnées de l’esprit des lieux et lui ont rendu allégeance. Plus loin, Soumaya Nakouri nous entraîne dans le mouvement aérien de ses plongeuses athlétiques, univers de piscines bleues et de maillots rouges, obsessionnel, répétitif, décliné en séquences successives. Un focus sur ses sculptures poétiques d’enfants aux ballons prêts à l’envol.
Chez Viranda, lieu dédié à l’art de la maison, des tables et des terrasses, des meubles de rotin et des céramiques colorées accueillent la délicate collection de linge de maison d’Anoushka, toute de dentelles, de volants et de finesse élaborée.
Une présence poétique s’impose plus loin dans cette rue où talents, créativité et imagination se confrontent : des fontaines d’intérieur, des lampes, des vases sculptures, des porte-encens expriment l’énergie de la terre, de l’air, du feu et de l’eau dans les maisons sous le label d’Accords, signés par Paola Giacafoni et Kareem Sahbani. Yosr ben Ammar invite une quinzaine d’artistes pour clôturer sa saison, certains familiers de la galerie, d’autres inédits à découvrir. Un peu plus loin, La Ruche lance une magnifique manifestation solidaire. Un collectif d’artistes, toutes disciplines confondues, a adhéré à cette exposition organisée autour d’une opération d’aide et de soutien dédiée à une cause commune : cette réponse unanime à l’appel de personnes en difficulté est l’honneur de l’art et des artistes. Phosphore nous a offert de beaux moments et de belles découvertes. Un seul regret, que cela ne dure pas plus longtemps qu’un éphémère week-end.




