gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Marché mondial du sucre : L’arrêt des exportations indiennes inquiète les importateurs arabes

Avatar photo
  • 24 mai 2026
  • 4 min de lecture
Marché mondial du sucre : L’arrêt des exportations indiennes inquiète les importateurs arabes

La décision de l’Inde de suspendre ses ventes de sucre jusqu’à la fin septembre, combinée aux tensions géopolitiques et climatiques, suscite l’inquiétude. L’on craint une nouvelle crise mondiale qui mettrait sous haute pression les principaux pays importateurs du monde arabe.

Le sucre est encore une fois au cœur des préoccupations économiques mondiales. L’Inde, deuxième plus grand producteur de la planète, a pris la décision de geler ses exportations jusqu’à la fin du mois de septembre. Cette mesure radicale vient accentuer les perturbations d’un marché international déjà fragilisé par les guerres, notamment celle contre l’Iran, la volatilité des prix de l’énergie et les caprices climatiques.

Les répercussions de ce choix dépassent largement les frontières indiennes. Elles surviennent dans un contexte global marqué par la flambée des coûts des engrais et du transport maritime, alimentant les craintes d’une pénurie généralisée lors d’une saison qui s’annonce déficitaire à l’échelle mondiale. Face aux besoins criants des grands acheteurs de la région, et malgré les efforts du Brésil et de la Thaïlande pour combler une partie du vide, une question cruciale se pose : le monde court-il vers une nouvelle crise du sucre ?

En effet, le monde arabe semble se retrouver en première ligne face à ce choc d’approvisionnement. Car selon le rapport de décembre 2025 du Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) sur le commerce mondial du sucre, les Émirats arabes unis, l’Algérie et l’Arabie saoudite dominent le classement des plus grands importateurs de la région pour la saison 2024/2025.

Panique arabe

Le volume des importations des Émirats arabes unis a grimpé à 2,271 millions de tonnes en 2024/2025, contre 2,121 millions de tonnes lors de la saison précédente, avec des projections à la hausse atteignant 2,29 millions de tonnes pour 2025/2026. L’Algérie suit de très près avec 2,245 millions de tonnes importées en 2024/2025 (contre 2,034 millions de tonnes en 2023/2024), un chiffre qui devrait se stabiliser à 2,25 millions de tonnes la saison suivante. L’Arabie saoudite affiche quant à elle 2,24 millions de tonnes pour 2024/2025, en nette progression par rapport aux 1,982 million de tonnes de l’exercice précédent, même si une baisse à 2,055 millions de tonnes est anticipée pour 2025/2026.

D’autres pays de la région affichent des trajectoires contrastées face à cette crise. Le Maroc a vu ses importations passer de 1,701 million de tonnes à 1,89 million de tonnes en 2024/2025, avant un léger repli prévu à 1,803 million de tonnes pour 2025/2026. À l’inverse, l’Égypte se distingue par une baisse significative de ses flux d’importation, tombant à 1,26 million de tonnes en 2024/2025 contre 1,96 million de tonnes un an plus tôt, avec une baisse continue attendue à 1,06 million de tonnes en 2025/2026. Enfin, l’Iran maintient un niveau élevé avec 1,02 million de tonnes importées en 2024/2025, un volume qui devrait bondir à 1,3 million de tonnes pour la saison 2025/2026.

La réaction des marchés financiers ne s’est pas fait attendre. Immédiatement après l’annonce de la décision indienne, les cours ont immédiatement flambé. Selon l’agence Reuters, les contrats à terme sur le sucre brut à New York ont bondi de plus de 2 %, tandis que le sucre blanc à Londres a enregistré une hausse d’environ 3 %, illustrant la nervosité des investisseurs face à cet avenir incertain.

Et la Tunisie ?

Pour ce qui est de la Tunisie, c’est le Brésil qui est le principal fournisseur de sucre représentant plus de la moitié de nos importations globales (environ 57 %). Ce sucre importé de Brésil est principalement sous forme de sucre brut destiné au raffinage. Le pays diversifie également ses approvisionnements en achetant du sucre raffiné auprès de pays de l’Union européenne et, ponctuellement, par voie terrestre auprès de voisins comme l’Algérie pour combler les urgences de stockage.

Avatar photo
Auteur

Abir Chemli

You cannot copy content of this page