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Virus Ebola et Hanta : vigilance accrue dans les aéroports, ports et postes-frontières tunisiens

  • 24 mai 2026
  • 4 min de lecture
Virus Ebola et Hanta : vigilance accrue dans les aéroports, ports et postes-frontières tunisiens

La Tunisie a décidé de renforcer la surveillance sanitaire dans les aéroports, les ports et les postes-frontières terrestres afin de prévenir tout risque lié aux virus Ebola et Hanta, à travers l’application d’un protocole sanitaire préventif ciblant les voyageurs en provenance de pays ayant enregistré des foyers de contamination.

Le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, le Dr Riadh Daghfous, a indiqué dimanche, dans une déclaration à l’agence TAP, que ce dispositif repose notamment sur le contrôle de l’état de santé des voyageurs avant leur entrée sur le territoire tunisien. Les mesures comprennent la prise de température ainsi que la réalisation de tests PCR destinés à détecter d’éventuels cas d’Ebola.

Selon le responsable, des espaces de quarantaine ont également été aménagés pour accueillir les éventuels cas confirmés. Les autorités assureront par ailleurs le transfert des personnes concernées depuis les points d’entrée vers les centres de quarantaine, avec la mobilisation d’équipes médicales et de superviseurs qualifiés.

Cette décision a été prise vendredi dernier lors d’une réunion de coordination tenue au siège du Ministère tunisien de la Santé, consacrée au suivi de l’évolution de la situation épidémiologique mondiale, notamment concernant les virus Ebola et Hanta. La réunion a été présidée par le ministre de la Santé Mustapha Ferjani, en présence de représentants des ministères de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et du Transport, ainsi que de responsables de l’Office de l’aviation civile et des aéroports et de plusieurs experts du secteur de la santé.

Riadh Daghfous a toutefois tenu à rassurer quant à la situation épidémiologique actuelle, soulignant qu’aucun motif d’inquiétude majeur n’est enregistré ni à l’échelle internationale ni en Tunisie. Il a précisé que le risque de propagation demeure limité grâce aux protocoles sanitaires en vigueur et aux mesures de prévention appliquées aux frontières.

Le responsable a rappelé que le virus Hanta, découvert en 1976, n’est pas un nouveau virus et qu’il se transmet principalement par les rongeurs, notamment les rats, et non facilement d’une personne à une autre. Il a expliqué que certaines souches présentes en Europe et en Asie affectent principalement les reins et peuvent provoquer des hémorragies, avec un taux de mortalité compris entre 10 et 15 %.

En revanche, les souches recensées sur le continent américain sont considérées comme plus dangereuses, car elles attaquent rapidement le système respiratoire et peuvent entraîner une accumulation de liquide dans les poumons, avec des taux de mortalité pouvant atteindre 40 à 50 %.

Le Dr Daghfous a également souligné qu’il n’existe actuellement aucun vaccin contre le virus Hanta. Le traitement repose essentiellement sur la prise en charge des symptômes et des complications éventuelles, tandis qu’un diagnostic précoce et une intervention rapide permettent de réduire considérablement les risques liés à la maladie.

Concernant les mesures de prévention, il a appelé à la vigilance lors du nettoyage des entrepôts ou des espaces susceptibles de contenir des excréments de rongeurs, déconseillant le balayage à sec qui favorise la propagation du virus par les poussières dans l’air. Il recommande plutôt l’utilisation d’eau et d’eau de Javel pour désinfecter les lieux contaminés.

À propos du virus Ebola, le responsable a précisé qu’il s’agit d’un virus ancien, limité à certaines régions d’Afrique. Il a indiqué que l’espèce de chauve-souris considérée comme vecteur du virus n’est pas présente en Tunisie, qui n’a enregistré jusqu’à présent aucun cas d’infection par Ebola.

Il a enfin rappelé que la Tunisie applique de manière permanente un protocole de surveillance des voyageurs provenant de zones à risque, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, qui impose également des restrictions strictes aux personnes présentant des symptômes dans les zones touchées.

Auteur

R. I

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