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Polémique autour de l’interdiction de journalistes d’accéder au parlement: les droits et libertés des journalistes, une ligne rouge !

  • 20 juillet 09:21
  • 4 min de lecture

Quand un député menace de limiter la liberté des journalistes et leur droit d’accéder à l’information, on s’aperçoit de la précarité du contexte des libertés dans lequel s’activent ces vigiles de la démocratie.


Non pas pour ses avancées en matière de législation ni pour ses initiatives parlementaires pour contribuer au dénouement de la crise économique et sociale, toute l’attention est actuellement portée sur l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), malheureusement pour ses scènes de chaos, d’anarchie et de tiraillements politiques interminables.

En effet, l’institution parlementaire actuellement paralysée par les conflits politiques et partisans si profonds attire largement l’attention des médias qui trouvent dans ce brouhaha parlementaire une aubaine médiatique. C’est dans ce contexte parlementaire très tendu qu’une polémique s’est déclenchée sur fond d’informations laissant croire que certains journalistes ont été interdits d’accéder au parlement pour couvrir le sit-in du groupe parlementaire du Parti destourien libre entamé depuis quelques jours dans le bureau de Habib Khedher, chef de cabinet du président de l’Assemblée des représentants du peuple. Ce sont notamment les correspondants de la radio privée Shems FM qui ont affirmé avoir été interdits, samedi dernier, d’accéder au Parlement par la sécurité présidentielle, chargée, notons-le, de sécuriser l’ARP. D’ailleurs, sur son site électronique, la radio en question a fait part de son indignation quant à ces agissements. Réagissant à ces accusations, les services de communication de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont précisé, dans un communiqué publié le même jour, qu’il n’existe aucune décision empêchant les journalistes d’accéder au Parlement.

Ces services, expliquent toutefois que l’accès est réservé aux journalistes inscrits sur les listes approuvées par les services de presse de l’ARP et qui sont actualisées régulièrement et au début de la session parlementaire. «Les journalistes qui ne sont pas inscrits sur ces listes sont appelés à coordonner avec les services de communication de l’ARP afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires et leur permettre de mener à bien leur travail, notamment après les horaires administratifs ou pendant le week-end», a-t-on communiqué.

Joint par La Presse, Khaled Moujahed, responsable au sein de ces services de communication, a, en effet, affirmé qu’aucune décision d’interdire les journalistes d’accéder au parlement n’a été émise par la présidence du Parlement, et que l’incident ayant eu lieu samedi dernier émane d’une simple procédure sécuritaire. Et de rappeler que l’ARP restera toujours ouverte et accessible aux journalistes, «même si les responsables de communication de l’institution législative peuvent parfois ne pas être disponibles pour résoudre certains problèmes comme cela a été le cas samedi dernier».

Quand les libertés sont menacées !

Mais pour le député de la coalition Al-Karama Yosri Daly, les journalistes et les médias ne sont pas les bienvenus à l’hémicycle. Et quand un député menace de limiter la liberté des journalistes et leur droit d’accéder à l’information, on s’aperçoit de la précarité du contexte des libertés dans lequel s’activent ces vigiles de la démocratie. En effet, ce député s’est permis de menacer de modifier le règlement intérieur de l’ARP pour interdire aux journalistes d’accéder à l’institution parlementaire sous prétexte d’éviter la propagation des rumeurs et des fausses informations. La loi tunisienne donne pourtant à chaque journaliste, mais aussi chaque citoyen tunisien, le droit d’accéder au Parlement, et il est utile de rappeler que la liberté d’expression et de la presse semble être le seul véritable acquis de la révolution.

C’est dans ce sens que la fédération générale de l’information relevant de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) a dénoncé ce qu’elle a appelé les tentatives d’entraver le travail des journalistes sur fond de cette polémique. La fédération s’est dite indignée de l’interdiction de certains journalistes d’accéder au Parlement alors que «cette période sensible nécessite au contraire de permettre aux journalistes de travailler dans de bonnes conditions en vue d’éclairer l’opinion publique». Elle appelle dans ce sens la présidence de l’ARP à œuvrer en vue d’améliorer les conditions de travail des journalistes et des médias sous le dôme de l’ARP.

Auteur

Khalil JELASSI

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