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Pour la première fois après la révolution, deux têtes de l’exécutif au profil d’indépendant: Quand Kaïs Saïed prend à contrepied la classe politique

  • 27 juillet 08:15
  • 7 min de lecture
Pour la première fois après la révolution, deux têtes de l’exécutif au profil d’indépendant: Quand Kaïs Saïed prend à contrepied la classe politique

Encore une fois, le Président de la République prend à contrepied toute la classe politique. En désignant Hichem Mechichi pour former le nouveau gouvernement, Kaïs Saïed semble tenir davantage les commandes de la scène politique en tirant progressivement le tapis sous les pieds d’un parlement livré au chaos.


Pour la première fois après la révolution, les deux têtes de l’exécutif ont le profil d’indépendants une nouvelle situation politique où l’initiative semble échapper progressivement aux partis politiques qui sombrent de plus en plus dans des conflits interminables.
C’est dans ce contexte, que de nombreux partis politiques et personnalités nationales se sont félicités du choix du président de la République en désignant un indépendant pour former le gouvernement, ce qui lui donne l’opportunité de se tenir à l’écart des divergences et des conflits parlementaires. D’ailleurs, le secrétaire général du Mouvement du peuple, Zouhaier Maghzaoui, était le premier à réagir à cette désignation. Pour lui, en chargeant Mechichi de former le gouvernement, Kaïs Saïed a fait «un bon choix», d’autant plus que «la plupart des critères souhaités par le Mouvement dans le profil du nouveau locataire de la Kasbah correspondent à ceux de Hichem Mechichi». «Mechichi saura regrouper autour de lui la plus large formation politique», a-t-il déclaré pour exprimer la position de son parti quant à cette désignation.
Même si, selon nos informations, le parti Ennahdha a appelé, officieusement dans le cadre de la discipline partisane, ses dirigeants et leaders à éviter toute déclaration médiatique ou toute publication sur les réseaux sociaux concernant leurs réactions quant à cette désignation, quelques dirigeants nahdhaouis ont brisé le silence à l’image de Abdelhamid Jelassi. Sur son compte Facebook, il a exprimé implicitement son refus du choix du président de la République, estimant que Kaïs Saïed n’a pas bien fait en chargeant Mechichi de former le gouvernement. «Indépendamment des compétences de Hichem Mechichi, le président de la République n’a pas bien fait de le désigner, préférant ignorer les propositions des partis politiques et s’obstinant à refuser leur consultation», a-t-il posté. Et d’appeler Hichem Mechichi à «prouver qu’il sera un véritable Chef de gouvernement et non pas un simple premier ministre auprès du président de la République, en s’ouvrant notamment sur le parlement pour éviter un dérapage vers un système présidentiel amputé».

Qalb Tounès n’émet aucune réserve
Le mécontentement d’Ennahdha quant à cette désignation était assez prévisible si l’on rappelle que, même avant cette annonce, le chef du parti, Rached Ghannouchi, avait appelé à la désignation d’un économiste plutôt qu’un juriste. Car, pour lui, l’actuelle conjoncture nationale nécessite de faire appel à un profil ayant une grande connaissance des affaires économiques.
La réaction du parti Qalb Tounès à la désignation de Mechichi a été exprimée par le chef de son bloc parlementaire, Oussema Khelifi, qui a annoncé n’avoir aucune réserve sur la personne de Hichem Mechichi. «Nous espérons qu’il pourra apporter la stabilité politique nécessaire pour focaliser les besoins du peuple et ce qui garantira la cohésion de l’État et la continuité de ses institutions légitimes loin des intérêts personnels et des manœuvres politiciennes», a-t-il posté sur son compte Facebook. Affirmant qu’actuellement, «la priorité urgente et principale pour le pays est de sauver l’économie nationale et de faire face à la crise économique et sociale aiguë».
Cependant, les dirigeants de certains partis, comme notamment ceux du Courant démocratique ont préféré attendre la tenue des réunions partisanes pour s’exprimer sur cette désignation, mais aussi le dévoilement des intentions du chef du gouvernement désigné compte tenu de la nature du gouvernement qu’il compte former.
Pour sa part, le président du bloc parlementaire de la Réforme nationale, Hassouna Nasfi, s’est également exprimé, sur la désignation du ministre de l’Intérieur, Hichem Mechichi, pour la formation d’un nouveau gouvernement en remplacement de celui du Chef du gouvernement démissionnaire, Elyès Fakhfakh. Nasfi qui mène un combat pour destituer le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, a approuvé le choix «d’une personnalité indépendante, un homme d’Etat et enfant de l’Administration tunisienne qui mérite tout notre soutien et appui». «Je souhaite plein succès à Hichem Mechichi nommé par le président de la République pour former le nouveau gouvernement», a-t-il posté sur son compte Facebook tout en laissant entendre qu’il était prêt à collaborer avec lui pour former le gouvernement.
Le député de Tahya Tounès, Hussein Jenayah, s’est félicité, à son tour, de la nomination de Hichem Mechichi pour former le nouveau gouvernement, qualifiant la décision du président de la République, Kaïs Saïed, de convenable. Pour lui, Hichem Mechichi renvoie à un profil de compétent, ayant une bonne connaissance des rouages de l’Etat et de l’administration tunisienne.
Mohsen Marzouk, chef du parti Machrou Tounès, s’est également réjoui de cette désignation, affirmant que le président de la République est conscient de la nécessité de rompre avec ce qu’il a appelé le système. «Le faux système des partis a encaissé un premier coup qu’il mérite tant, vers une troisième République au profit du peuple et contre toute forme de corruption», a-t-il posté.
Juste après l’annonce du verdict de Kaïs Saïed, Seiffedine Makhlouf, chef de la coalition Al-Karama, a tiré à boulets rouges sur le Chef de l’Etat, affirmant que son choix n’était pas surprenant et rappelant que sa formation politique avait raison en boycottant ce processus d’autant plus qu’elle savait que Kaïs Saïed n’allait pas prendre en considération les candidats des différents partis politiques. Furieux, Makhlouf a fustigé sur son compte Facebook le fait que «le Président de la République ne considère ni Constitution, ni Parlement, ni partis politiques, ni révolution». Il est allé jusqu’à dire que «Kaïs Saïed s’est transformé en un véritable fardeau pour la transition démocratique en Tunisie».
Réagissant à ce nouveau rebondissement sur la scène nationale, d’autres personnalités politiques ont également commenté la désignation de Mechichi pour former le nouveau gouvernement. C’est dans ce sens que l’ancien député Sahbi Ben Fraj a tenu à préciser «qu’en évoquant la nécessité de revoir la légitimité, le président de la République a officiellement annoncé le passage à la troisième République», pour insinuer que «le Chef de l’Etat vise la dissolution du parlement et le changement du régime politique».
En tout cas, le Chef du gouvernement désigné n’a pas jusqu’à présent dévoilé les grands traits de son gouvernement ni sa nature. Gouvernement restreint formé de compétences nationales ou formation gouvernementale élargie et politisée, Mechichi s’est contenté d’affirmer que son gouvernement répondra aux aspirations de tous les Tunisiens.

Auteur

Khalil JELASSI

1 Comment

  • Comment l’armée a t elle réagi à la nomination de ce nouveau premier ministre, reste l’accord de L’ARP. Il a un plan de redressement du pays surtout celui du tourisme et de l’emploi des jeunes.

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