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Economie

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  • 7 novembre 2021
  • 5 min de lecture
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Anis El Fahem, directeur du Programme «Appui aux PME» de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement

«Le deuxième appel à candidatures du programme “Insadder” est ouvert du 1er novembre jusqu’à la fin du mois courant sur le site officiel du programme. L’inscription se fait selon les étapes décrites sur le site. Les candidats seront ensuite contactés par la Berd pour les aider lors de la préparation de leurs dossiers. Un diagnostic des entreprises participantes sera assuré par la Berd dans une durée qui ne dépasse pas 30 jours avant l’annonce des résultats. Ce programme a pour objectif de renforcer l’exportation des entreprises tunisiennes pour stimuler la croissance et l’emploi de qualité. La Berd a injecté 23 millions de dinars. Lancé depuis juin 2021, ce programme appuie les PME et  200 candidatures ont été retenues parmi les 500 entreprises participantes. Une centaine d’entreprises ont été par la suite sélectionnées, avant d’en retenir 25 dans la première équipe d’entreprises bénéficiaires de ce programme. Ces entreprises seront accompagnées pour une durée de 2 à 3 années, à travers la prise en charge des améliorations au niveau de l’administration, la qualité des produits, les voies d’exportation, les états financiers afin de les aider à accéder à de nouveaux marchés. Pour bénéficier de ce programme, certaines conditions doivent être réunies. Il faut que l’entreprise soit capable d’exporter et ne l’a pas encore fait, ou bien qu’elle soit une entreprise exportatrice dont le chiffre d’affaires réalisé par les exportations ne dépasse pas 30% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Ce programme couvre toutes les entreprises et tous les secteurs. Les entreprises bénéficiant de ce programme seront accompagnées par des experts étrangers dotés de grandes expériences et connaissent de près les marchés africains et européens. Ces entreprises profiteront d’une formation dans tous les domaines, notamment la finance internationale, les voies de paiement et de financement des exportations…».

Abdelkader Boudriga, président du Cercle des financiers tunisiens

«La réduction de l’importation n’est pas liée à la politique de rigueur. Le président Saïed n’est pas économiste et il l’a déjà avoué. Il est communément admis  dans le monde que le président de la République doit s’entourer d’experts économiques. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en Tunisie. Dans notre cas,  les déclarations de M.Saïed relatives à la politique de rigueur et à la réduction des importations ne sont pas concordantes. Les importations n’affectent pas directement les finances publiques et  le problème de l’importation en Tunisie ne se rapporte pas aux produits importés, mais plutôt au port de Radès, arène de toutes les atrocités. La priorité des priorités en matière de lutte contre la corruption est le rééquilibrage de la balance commerciale pour alléger la pression sur la devise et le dinar. L’Etat a un rôle social important à jouer, dans le contexte actuel, à travers les services offerts aux citoyens. Il faut bouger la roue économie, s’ouvrir sur les initiatives privées des jeunes pour sauver le pays. L’Etat tunisien doit choisir entre l’austérité et la relance économique à travers l’exploitation des richesses, des ressources et des compétences tunisiennes. L’Etat est pauvre et pourtant la roue économique bouge, ce qui représente un danger menaçant l’Etat tunisien. Au sujet de la loi de finances 2022, je crois que cette loi sera adoptée sans discussions. Celle-ci  n’a pas été élaborée selon une approche  claire. J’espère que l’approche socioéconomique de M.Saïed se traduira dans les dispositions de la Loi de finances, car, en principe, le politicien au pouvoir doit être doté d’une vision économique et sociale traduite par la loi de finances».

Fathi Chafroud, président de l’Association tunisienne des contrôleurs publics (Atcp)

«L’appel lancé par Kaïs Saïed pour effectuer un audit de tous les prêts et les dons accordés à la Tunisie est légitime, vu la forte augmentation de la dette publique ces dernières années. Le sort de ces prêts et dons est variable, vu la pluralité et la diversité des parties intervenantes, ce qui justifie l’absence d’une information centralisée auprès d’une seule structure ou organisme. Certains prêts sont accordés par des pays étrangers, alors que d’autres relèvent de la dette intérieure, puisqu’ils sont accordés par les banques, outre les prêts et dons octroyés par la Banque mondiale et les autres institutions financières internationales. Je considère qu’il y a, quand même, un minimum de contrôle de la destination de ces prêts, particulièrement ceux affectés pour le financement des projets. J’appelle à revoir le système de gestion des ressources publiques,  que les structures actuelles suivent des voies classiques et ne sollicitent pas des techniques d’audit modernes. Ce qui explique la lenteur de la procédure et la prolongation des délais. Les montants des prêts et des dons ne sont pas tout le temps, intégralement consommés, vu la limitation des délais, et certaines difficultés sont liées à l’épuisement des délais d’utilisation des dons en devises. Je déplore la lenteur caractérisant la réalisation de ces projets à cause de la complication des procédures administratives et le système des appels d’offres. La suspension de la réalisation des projets entraîne des retards au niveau de l’utilisation des dons et des prêts, et les délais s’écoulent».

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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