Pour une Tunisie imperméable à la corruption
Vendredi 8 août, au Palais de Carthage, le Président de la République, Kaïs Saïed, a réaffirmé avec force une vérité que beaucoup feignent encore d’ignorer : le peuple tunisien a pleinement le droit d’exiger la redevabilité de ceux qui l’ont trahi, et à récupérer ce qui lui a été dérobé. Ces paroles ne sont pas de simples formules politiques ; elles constituent le socle d’un projet national qui vise à reconstruire un État fort, intègre et insensible aux manœuvres des corrompus.
La démarche du Chef de l’État s’inscrit dans une continuité historique, convoquant des figures comme Tahar Haddad ou Mohamed Ali El-Hammi, dont l’engagement et l’abnégation furent les piliers du mouvement syndical tunisien. Leur combat n’était pas motivé par l’intérêt personnel, ni orchestré dans des salons feutrés, mais mené au plus près des ouvriers, dans l’austérité et la conviction que la loi devait traduire la volonté de la majorité.
Cette référence n’est pas anodine : elle rappelle que les grandes transformations de la Tunisie ont toujours trouvé leurs racines dans la légitimité populaire, et non dans les compromis avec les puissances ou les intérêts occultes.
En citant l’article « Le carnaval » du regretté Mohamed Guelbi, le Président a dressé un parallèle saisissant entre les hypocrisies d’hier et celles d’aujourd’hui. Ceux qui tentent de déformer les faits, d’exploiter les incidents récents pour nourrir un récit alarmiste ou mensonger sont les héritiers d’un vieux système de manipulation. La vérité, rappelée avec précision, est que les forces de l’ordre n’ont pas été mobilisées pour réprimer, mais pour protéger. Les amalgames avec les violences syndicales de 2012 sont non seulement infondés, mais relèvent d’une stratégie délibérée visant à brouiller la mémoire collective.
Le Président Saïed met également en garde contre une concomitance troublante d’événements — coupures d’eau, perturbations sociales, incidents orchestrés — qui ne peuvent être réduits à de simples coïncidences. Cette lecture n’est pas conspirationniste; elle repose sur la lucidité d’un responsable qui refuse de sous-estimer la capacité de certaines forces, internes ou externes, à instrumentaliser la détresse des Tunisiens pour fragiliser l’État.
La vision défendue à Carthage est claire : il n’y aura plus d’immunité pour ceux qui enfreignent la loi. Les passe-droits, l’impunité et les complicités silencieuses appartiennent au passé. Cette ligne de fermeté n’est pas un caprice autoritaire, mais la condition sine qua non pour restaurer la confiance du citoyen dans ses institutions et pour bâtir cet « édifice inexpugnable » que le Président appelle de tous ses vœux.
À l’heure où certains continuent de chercher à l’étranger une légitimité qu’ils n’ont pas su construire chez eux, la Tunisie a besoin d’unité, de clarté et de courage. Les peuples ne se trompent pas éternellement. En misant sur la transparence, la justice et la mémoire historique, le Président Saïed affirme que le pays est prêt à relever le défi d’une véritable libération nationale — celle qui affranchit non seulement des ingérences, mais surtout de l’injustice et de la corruption qui gangrènent de l’intérieur.



