Développement : L’enjeu de la diversification financière
L’économie nationale, déjà sur la bonne voie, a besoin aujourd’hui de diversifier davantage ses sources de financement pour prétendre à une croissance évolutive et surtout durable.
La Presse — Notre système fiscal, après les multiples et importantes corrections, commence à retrouver, progressivement, un meilleur niveau de rentabilité et gagner, ainsi, en efficacité. Il devient même la principale source de financement de l’Etat, avec une moyenne de plus de 87% selon les dernières statistiques (certains parlent d’une moyenne de 93%).
Et cette tendance devrait connaître une trajectoire haussière. D’ailleurs, durant les huit premiers mois de 2025, nos recettes fiscales se sont situées aux alentours de 29,1 millions de dinars, soit une progression d’environ 6,2% par rapport à la même période de l’année écoulée.
Si certains se réjouissent de cet apport, d’autres semblent beaucoup plus réservés, car pour eux, la solidité financière d’un pays ne pourrait être assurée qu’avec la diversification des ressources. La dépendance, dans une large proportion, d’une seule source pourrait être fatale en cas de contre-performance.
Selon les spécialistes, cela «pourrait l’exposer à des risques conjoncturels majeurs», tels que les chocs exogènes, la mauvaise gestion de la source unique, la perte de flexibilité budgétaire ou encore un surendettement forcé. Un ralentissement de l’activité économique ou encore une fuite massive des capitaux seraient, de leur côté, lourds de conséquences, et constitueraient un frein sérieux à la croissance économique.
Les spécialistes estiment également qu’une large dépendance à une source unique pourrait, dans un cas, décourager le développement d’autres activités. Une possibilité qu’on qualifie de grave car elle risque d’affecter l’inclusion et la résilience économiques. Cela est d’autant plus vrai que cette limitation financière risque, soutient encore les analystes, «d’affecter la capacité de notre pays à investir, surtout dans les secteurs stratégiques et pourrait compromettre la transition vers une économie durable». Cette question doit être traitée, donc, avec sérieux et prudence.
Revalorisation du système national d’investissement
Et ce n’est certainement pas un hasard si le Chef de l’Etat réaffirme, à chaque fois, la nécessité de reposer notre économie sur une approche globale et intégrée pour pouvoir prétendre réellement à une performance durable.
Il est, donc, question d’explorer de nouvelles pistes capables d’apporter à nos finances publiques plus de garantie et de fiabilité. La dynamisation des investissements, notamment dans les industries à forte valeur ajoutée. On reconnaît, en effet, que malgré une légère amélioration, le volume d’investissement est encore loin aussi bien du potentiel existant qu’aux besoins réels de l’économie nationale.
Il faut admettre, à cet effet, que la dynamisation n’est pas aussi complexe que le pensent certains, surtout que l’Etat a pris toutes les dispositions nécessaires, notamment en termes d’amélioration de l’environnement d’affaires, de consolidation des incitations financières ou encore d’assouplissement administratif.
Il faut admettre justement que la promotion des investissements demeure, vraisemblablement, une parade prioritaire pour échapper au piège de la source unique. D’ailleurs, le nouveau projet de réforme et de développement du système national d’investissement devrait, comme le souligne la Cheffe du gouvernement, donner un nouveau souffle à ce fondamental économique et mieux l’outiller pour qu’il réponde aux exigences aussi bien actuelles que futures de l’économie nationale.
N’oublions pas qu’un bon volume d’investissement est toujours synonyme de création de nouvelles richesses, la promotion de nouvelles sources financières et d’identification de nouvelles opportunités de développement.
La réactivation de l’appareil productif apporterait, elle aussi, beaucoup de bien à l’inclusion financière. Pour cela, il est nécessaire d’approfondir les réformes sectorielles, d’améliorer le niveau d’innovation et de relever le défi de la digitalisation et du verdissement.