Diplomatie économique : Un puissant levier d’internationalisation
La diplomatie économique tunisienne est tenue, comme l’affirme souvent le Président de la République, par le devoir de préserver les intérêts stratégiques du pays avant tout autre considération. D’où l’importance du choix du profil.
La Presse —La Tunisie, malgré un contexte difficile, a réussi, tout de même, à améliorer son positionnement international, à mieux intégrer les chaînes de valeurs mondiales et à reconquérir, surtout, la confiance des capitaux étrangers. Mais, admettons-le, on est en encore loin du niveau espéré.
Une question qui mérite d’être corrigée rapidement si l’on espère mieux se libérer de l’emprise des donneurs d’ordres économiques, commerciaux et financiers internationaux.
Il faut reconnaître justement que nos structures implantées à l’étranger n’ont pas aidé suffisamment notre économie, faute d’implication, de planification, de qualification et peut-être bien de moyens.
Des défaillances qui se sont malheureusement traduites par cette incapacité de générer des plus-values économiques ou même de faciliter le positionnement de l’offre tunisienne sur les marchés internationaux.
En témoigne, d’ailleurs, ce creusement inquiétant du déficit commercial, qui continue, malgré toute la volonté politique, à suivre une tendance haussière. Une telle situation, comme le rappellent nos premiers décideurs, n’est plus permise.
Nos représentants doivent trouver des solutions concrètes et radicales à ce manquement. Cela est d’autant plus indispensable que toute affectation ou nomination à l’étranger ne doit, en aucun cas, être perçue comme une récompense, mais plutôt comme un engagement professionnel impliquant des responsabilités, des missions et des objectifs bien précis.
Mieux accompagner l’offre tunisienne
Au concret, et face à l’enjeu de la compétitivité et à la concurrence, notre diplomatie économique doit se doter, comme le recommande à chaque fois le Président de la République, d’un programme solide de soutien à l’activité commerciale de nos entreprises et au bon écoulement de nos produits, notamment phares. Comprendre que nos représentants doivent être des piliers puissants pour accélérer l’internationalisation des entreprises tunisiennes et renforcer leur présence sur les marchés, notamment à fort potentiel.
Cela implique l’identification de nouvelles pistes et de nouvelles opportunités. Cela est d’autant plus vrai que les nouvelles tensions géopolitiques ont imposé une nouvelle répartition géo-commerciale, plus complexe et plus exigeante.
C’est d’ailleurs dans cette logique que le Chef de l’Etat a appelé, en recevant le 14 novembre dernier, la Cheffe du gouvernement, à la nécessité de diversifier encore plus nos partenariats stratégiques de manière à mieux servir nos intérêts nationaux.
Il a même appelé à la révision de certains accords dont «la Tunisie n’a pas tiré profit ». Des accords qu’il qualifie de «déséquilibrés et préjudiciables à l’économie dans plusieurs secteurs». La même logique s’applique aux marchés.
A ce stade, on peut affirmer que le marché africain représente une opportunité. Car, avec 1,3 milliard de consommateurs, ce continent pourrait offrir un immense potentiel à nos entreprises, notamment les petites et moyennes unités. Le rôle de notre diplomatie est, à ce niveau, incontournable, notamment en termes d’encadrement, d’accompagnement et de mise en réseau.
En somme, pour élever davantage l’impact de notre diplomatie économique, il est nécessaire de renforcer la coordination entre les différents acteurs, pour pouvoir espérer aboutir à des stratégies cohérentes. Mais le plus important serait, certainement, de mettre en place des compétences spécifiques, capables de négocier, de communiquer, de bien analyser les marchés et d’anticiper à temps les nouvelles tendances.
C’est-à-dire que le choix des profils doit répondre d’abord à certains critères précis et tenir compte, ensuite, des particularités de chaque marché. C’est seulement ainsi qu’on peut maximiser le profit.