Tozeur : L’appel pressant à la création d’un groupement interprofessionnel des dattes
Dans un contexte de fluctuations inquiétantes des prix et de pressions croissantes sur les agriculteurs, la demande pour la création d’un groupement interprofessionnel des dattes se fait plus urgente que jamais dans les régions productrices tunisiennes.
Entre la spéculation, l’absence d’un cadre régulateur efficace et la fragilité des récoltes face aux aléas du marché, producteurs, commerçants et industriels s’accordent sur une même nécessité : celle d’instaurer une institution capable d’organiser la filière, de protéger la récolte et d’assurer une commercialisation équitable et transparente des dattes tunisiennes, emblème économique du Sud
La Presse — De nombreux agriculteurs et intervenants dans la filière dattière appellent aujourd’hui à la création d’un groupement des dattes dans les zones de production, afin d’organiser le secteur, protéger la récolte et mettre fin aux problèmes récurrents qui affectent chaque saison les agriculteurs et les propriétaires d’usines.
Ces appels s’intensifient à un moment où la filière fait face à des difficultés structurelles liées à la commercialisation, à la fluctuation des prix et à la propagation des pratiques spéculatives.
Selon les professionnels du secteur, la création d’un tel organisme permettra de fixer des prix de référence, de réguler l’offre, d’assurer le stockage, le conditionnement et la commercialisation des dattes de manière cohérente, tout en protégeant les agriculteurs contre les pertes et l’exploitation par certains intermédiaires.
La Tunisie, l’un des plus grands producteurs de dattes, souffre de l’absence d’une structure officielle chargée d’encadrer le secteur, contrairement à d’autres pays ayant créé des institutions similaires qui ont contribué à améliorer la qualité de leurs produits et à renforcer leur présence sur les marchés internationaux.
Les représentants des organisations agricoles indiquent que les régions productrices — notamment Kébili, Tozeur et Gabès — ont un besoin urgent d’une telle institution afin de préserver la valeur ajoutée de la filière, de protéger les agriculteurs et d’assurer une meilleure gestion de la production nationale, dont une grande partie est destinée à l’exportation.
Ils affirment que la mise en place d’un bureau des dattes permettra de lutter contre les fluctuations incontrôlées des prix, de réduire les pertes enregistrées à chaque saison et de renforcer la compétitivité du produit tunisien, tout en soutenant les politiques de développement économique dans les régions du Sud.
Les agriculteurs font face chaque année à une chute des prix et à des intermédiaires qui profitent de la situation. L’absence d’une structure officielle de régulation laisse la filière exposée au désordre et à la spéculation. Pour préserver la récolte et protéger les agriculteurs, les commerçants et les propriétaires d’usines, la création d’un bureau des dattes dans les zones de production est devenue une nécessité urgente. Les acteurs du secteur appellent le gouvernement à accélérer l’adoption de cette initiative, considérée comme un mécanisme essentiel pour préserver la récolte, protéger les petits producteurs et assurer une commercialisation organisée et durable des dattes tunisiennes.