Une trêve précaire au goût d’échec
ON nous répète à tout-va qu’à Gaza la guerre est terminée. Pourtant, les questions fondamentales qui avaient fait l’objet de négociations au cours des deux années précédentes restent sans réponse ; le plan en 20 points de Trump manquait de détails et ne proposait aucune feuille de route claire pour sa mise en œuvre, tandis que pour les médiateurs arabes et islamiques, ainsi que pour les Palestiniens, il garantissait la fi n de la guerre génocidaire, même si les massacres quotidiens se poursuivent.
Le plan de paix avait pour ambition «d’ouvrir une nouvelle page de sécurité et de stabilité régionale». Un vœu pieux ! Les jours et les mois après l’accord ne sont qu’une succession d’autres bombardements, de massacres et de morts. Les journaux The Guardian et The National ont visé dans le mille, mettant en lumière le manque de progrès, la reprise des tensions et les défi s humanitaires persistants dans les territoires à Gaza et en Cisjordanie. Leur opinion est éloquente, elle éclaire et résume la situation actuelle : « le cessez-le-feu est juste un nom », soulignant l’échec de ces accords à instaurer une paix durable et la détérioration des conditions de vie, malgré des appels internationaux répétés à la solution à deux États.
L’hiver n’est pas partout le même, c’est un euphémisme ; mais à Gaza ces derniers jours, il est singulièrement rude, mortel : les Gazaouis ne manquent pas de peine, à ces drames, s’ajoutent les intempéries qui amplifi ent le malheur. Il y a peu de temps, toutes les télévisions du monde montraient les attroupements et les batailles pour l’eau qui manquait cruellement.
La semaine dernière, la pluie s’est abattue du ciel par fl ots : la tempête appelée Byron est passée par là, les conséquences sont aussi graves que la famine. Les habitants n’ont plus de maisons, de nourriture ni de médicaments, la plupart d’entre eux logent dans des campements improvisés ; les pieds des enfant sont dans l’eau. Ces derniers jours, la pluie s’est infi ltrée dans les tentes et les abris de fortune, emportant des camps entiers ( dont les foyers ne sont pas adaptés aux intempéries) et aggravant la souffrance de la majorité des deux millions deux cent mille habitants.
Des milliers de Palestiniens ont migré vers le nord en direction de la ville de Gaza à la recherche d’un refuge dans ce qui reste des bâtiments bombardés par l’occupant sioniste. Les équipes de la Défense civile évacuent les familles dont les tentes ont été inondées. Selon le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires, 850.000 personnes sont toujours déplacées dans l’enclave et accuse notamment l’occupant d’entraver l’acheminement de l’aide humanitaire, ajoutant que le mouvement Hamas a demandé aux pays médiateurs de faire pression pour que soit respectée la première phase. L’appel — on le sait d’avance— ne sera pas entendu, la mort et les souffrances continuent à sévir.
Les pays médiateurs savent qui en est responsable.