Selon une étude en robotique menée à l’Université de Haute-Alsace par Stéphane Bazeille, enseignant-chercheur, et publiée dans The Conversation, la majorité des robots actuels évoluent encore avec une perception très limitée de leur environnement.
Qu’il s’agisse d’aspirateurs autonomes, de drones ou de machines industrielles, ces systèmes reposent essentiellement sur des enchaînements de tâches préprogrammées.
En l’absence de capteurs adaptés, leur capacité à interpréter leur environnement reste restreinte, ce qui limite leur autonomie opérationnelle.
Les travaux présentés soulignent que cette contrainte découle directement de la faiblesse des dispositifs de perception embarqués.
Peu d’informations sensorielles signifient peu de compréhension de l’espace, cantonnant ces robots à des actions simples, répétitives et anticipées à l’avance.
Un contraste apparaît toutefois avec l’émergence de robots humanoïdes plus sophistiqués. Des plateformes comme Atlas de Boston Dynamics ou Optimus de Tesla intègrent désormais plusieurs catégories de capteurs.
Les capteurs inertiels participent au maintien de l’équilibre, les systèmes LIDAR évaluent les distances, tandis que les caméras fournissent des données visuelles.
Le principal enjeu réside alors dans le traitement simultané de ces flux d’informations, une opération complexe à réaliser en temps réel.
Les recherches mettent également en avant le rôle croissant des caméras dites « intelligentes ». Contrairement aux dispositifs classiques, elles produisent directement des données interprétables, telles que la position ou certaines caractéristiques d’un objet.
Cette approche permet notamment à des bras robotiques de saisir divers éléments sans nécessiter une programmation détaillée pour chaque situation.
En matière de déplacement et de navigation, notamment dans des environnements en trois dimensions, des technologies de type light-field sont également étudiées.
Utilisant un capteur visuel unique, elles permettent de capturer la profondeur et la direction de la lumière afin de générer des représentations spatiales précises. Ces travaux sont en cours au sein du laboratoire IRIMAS.
Malgré ces avancées, la majorité des robots déployés dans les usages domestiques et industriels reste équipée de capteurs limités. Leur fonctionnement demeure donc centré sur des tâches prédéfinies, avec une faible capacité d’adaptation à des environnements complexes.