Le Souffle d’Hammamet : Quand la calligraphie se fait acier de Soufiane Bouali
« Sous la plume du calligraphe Achref Ben Abed Halime, le dessin originel s’imprègne de traditions arabes, offrant à la sculpture une âme et une identité qui transcendent la simple forme ».
À la lisière de la mer et de l’histoire, là où le bleu de la Méditerranée rencontre le blanc des murs d’Hammamet, une nouvelle silhouette s’apprête à modifier l’horizon. Le projet « I love Hammamet » n’est pas qu’une simple enseigne urbaine ; c’est une déclaration d’amour monumentale, sculptée dans la pérennité de l’acier par les mains de Soufiane Bouali.
Tout commence par le délié d’une plume. Sous le regard du calligraphe Achref Ben Abed Halime, la lettre arabe s’étire, se courbe et s’entrelace pour dessiner l’identité d’une région.
C’est cette âme graphique, fragile et profonde que Soufiane Bouali a choisi de transmuter. En s’emparant de ce design, le sculpteur a opéré une métamorphose: le trait d’encre est devenu volume, et l’idée s’est faite monument.
Le choix des matériaux ne doit rien au hasard. Selon l’Agence italienne Nova, en utilisant l’acier inoxydable 316, poli jusqu’à l’effet miroir, l’artiste offre à la ville une œuvre vivante.
La sculpture ne se contente pas d’exister ; elle absorbe le passage des nuages, l’éclat du soleil tunisien et le sourire des passants. Elle devient un dialogue permanent entre la technique pure et l’émotion brute, une sentinelle moderne capable de résister aux assauts du sel et du temps.
Ce geste artistique est le fruit d’un destin tissé entre deux rives. Né à Tunis mais forgé par vingt années d’exil créatif en Italie, Soufiane Bouali porte en lui l’exigence des maîtres artisans de Cantù et l’audace des grands designers milanais.
De ses collaborations avec des géants comme Ron Arad ou la maison Versace, il a ramené ce savoir-faire unique où le métal, loin d’être une matière froide, devient un langage.
Alors que la Tunisie célèbre en ce mois de décembre 2025 un renouveau touristique sans précédent, accueillant plus de onze millions de voyageurs, l’œuvre de Bouali tombe à point nommé.
Elle offre à Hammamet, perle du littoral, un nouveau phare culturel. À travers cette installation, la ville ne se donne plus seulement à voir, elle se donne à vivre, invitant les visiteurs du monde entier à s’arrêter un instant devant ce miroir d’acier pour y lire, en lettres de lumière, la fierté d’une identité retrouvée.


