À l’occasion du Nouvel an, le Théâtre national tunisien inaugure l’année 2026 par trois soirées théâtrales au 4e Art, réunissant « Call Center Tragedy », « Les Fugueuses » et « Ad Vitam ».
La Presse — A partir du vendredi prochain, le théâtre national tunisien donne le coup d’envoi de sa saison 2026 avec une programmation resserrée mais éloquente, pensée comme une déclaration d’intention artistique.
Les 2, 3 et 4 janvier, la salle du 4e Art accueillera trois productions emblématiques du théâtre tunisien contemporain, portés par des écritures singulières et des démarches scéniques engagées.
Le premier rendez-vous, « Call Center Tragedy », réunit le texte et la dramaturgie d’Abdelhalim Messaoudi à la scénographie et à la mise en scène de Nizar Saïdi. Produite par le Jeune Théâtre national 2025, la pièce s’attaque frontalement aux dérives du monde du travail contemporain.
Dans un univers dominé par la standardisation de la parole et la pression du rendement, les personnages évoluent dans un espace scénique tendu, révélant peu à peu l’usure des corps et des consciences. Une tragédie moderne, lucide et incisive, qui met en lumière les fractures sociales et humaines de notre temps.
Le lendemain, place à « Les Fugueuses », une création de Wafa Taboubi, qui signe le texte, la scénographie et la mise en scène. Coproduit par le Théâtre national tunisien et Fabula Prod, le spectacle explore les trajectoires de femmes en rupture, animées par un irrépressible désir d’échapper à l’enfermement, qu’il soit social, intime ou symbolique.

Entre fuite et résistance, la pièce déploie une écriture sensible et politique, où la sobriété du dispositif scénique renforce la puissance des corps et des voix.
La série de représentations s’achève avec « Ad Vitam » de Leila Toubel, texte, scénographie et mise en scène, coproduite par le Théâtre national tunisien et la compagnie Resist’Art. Créée en 2025, cette œuvre s’inscrit dans la continuité du travail de l’artiste autour du corps et de la mémoire face aux violences visibles et invisibles.
À la croisée du théâtre et de la performance, « Ad Vitam » propose une expérience scénique dense, traversée par une réflexion profonde sur la dignité humaine et la résistance par l’art.
En réunissant ces trois propositions dès les premiers jours de l’année, le Théâtre national tunisien affirme sa volonté d’inscrire la création théâtrale au cœur du débat public et de faire du 4e Art un espace de confrontation des idées, des formes et des sensibilités. Une ouverture de saison qui annonce une année placée sous le signe de l’exigence artistique et de l’engagement.