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CAN 2025 : Analyse technique du match Tunisie-Mali

  • 2 janvier 17:41
  • 7 min de lecture
CAN 2025 : Analyse technique du match Tunisie-Mali

La sélection tunisienne de football affrontera demain, samedi, son homologue malienne dans un match décisif sur la pelouse du complexe Mohammed V à Casablanca, dans le cadre des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations de football (Maroc 2025), où l’enjeu sera la qualification pour les quarts de finale.

L’ancien sélectionneur national, Ridha Jeddi, est intervenu aujourd’hui vendredi lors débat dans le studio TV de l’agence Tunis-Afrique Presse (TAP), en présence de l’ancien international Karim Aouadhi et du journaliste Labib Sghaier, chef du service des sports à la Radio Tunisienne. Pour Jeddi, la sélection tunisienne a réussi, malgré l’irrégularité de son niveau, à remporter le pari de la qualification pour les huitièmes de finale. Il a toutefois exprimé sa conviction que la prestation a manqué, notamment, de réalisme tactique, particulièrement au niveau défensif, ce qui explique l’encaissement de cinq buts en trois matchs.

Jeddi, vainqueur de la CAN 2004 avec les « Aigles de Carthage » en tant qu’adjoint du sélectionneur français Roger Lemerre, a ajouté que le staff technique a fait preuve de flexibilité dans les schémas tactiques lors des matchs de la phase de groupes, ce qu’il considère comme un point positif. Cependant, l’essentiel reste selon lui de préserver les fondamentaux. Il estime qu’une bonne utilisation des capacités de tous les éléments, leur protection contre diverses influences extérieures et pressions environnantes, ainsi que le réalisme tactique, constituent les clés du succès pour garantir la qualification en quarts de finale.

Concernant les points forts de l’adversaire, le technicien a déclaré que « l’équipe du mali compte un nombre important de joueurs évoluant dans des clubs européens réputés, et ils disposent de grandes qualités techniques et d’une importante puissance physique. » Il a ajouté que « la sélection malienne s’appuie sur le dynamisme et la combativité, et ses principaux atouts se situent au milieu de terrain, avec un jeu direct et rapide dans les transitions offensives, en plus de sa maîtrise du bloc défensif une fois qu’elle parvient à prendre l’avantage au score. »
Jeddi, qui a été entraîné plusieurs clubs tunisiens tels que l’Etoile du Sahel, l’ES Zarzis et la JS Kairouanaise, ainsi qu’à l’étranger en Arabie Saoudite et au Qatar, a souligné que la clé du succès pour la sélection tunisienne lors du match de demain réside dans la capacité des joueurs du milieu de terrain à contenir les points forts de l’équipe malienne. Cela passe par l’engagement physique et la capacité de récupération du ballon par des joueurs tels qu’Elias Achouri, Houssem Tka et Hannibal Mejbri. Ensuite, il sera crucial d’amorcer une transition rapide vers une construction offensive directe afin d’exploiter les déséquilibres défensifs de l’adversaire, tout en faisant preuve de réalisme dans le traitement des occasions de but et des balles arrêtées.

De son côté, l’ex-international tunisien, Karim Aouadhi a estimé que la performance de l’équipe nationale tunisienne durant les matchs de la phase de groupes de la CAN a été fluctuante et n’a pas été à la hauteur des attentes, déclarant à ce propos : « Il est vrai que la qualification pour les huitièmes de finale a été obtenue, mais le doute s’est insinué dans le groupe, et j’espère que cela sera surmonté avec l’entrée dans la phase à élimination directe. »

Concernant les pressions que vit l’équipe nationale, Aouadhi a expliqué que la différence entre un grand joueur et un joueur moyen réside dans sa capacité à gérer la pression toujours liée aux résultats. Il a indiqué que l’équipe tunisienne a subi une pression allant jusqu’au doute après sa dernière participation à la coupe arabe, estimant qu’il aurait été possible d’éviter à certains éléments de disputer cette compétition, comme le gardien Aymen Dahmen, le défenseur Yassine Meriah et le milieu de terrain Ferjani Sassi, afin de les protéger des répercussions de cette pression.

Et Aouadhi qui a porté les couleurs de plusieurs clubs en Tunisie et à l’étranger, dont le Club Africain, l’Espérance de Tunis, le Stade Tunisien, le CS Sfaxien, l’Etoile du Sahel, ainsi que Fortuna Dusseldorf en Allemagne et Abha Club en Arabie Saoudite, a souligné que la force de l’équipe malienne réside essentiellement dans sa solidité défensive et la rapidité de ses transitions offensives, en raison de la grande valeur technique de ses joueurs évoluant dans plusieurs championnats européens. Il a estimé qu’il était nécessaire d’adapter le schéma tactique prévu en fonction des qualités des joueurs tunisiens, et non en fonction des capacités de l’adversaire, pour éviter de répéter ce qui s’est passé lors du match contre le Nigeria.

Aouadhi a lié les chances de succès des « Aigles de Carthage » dans la confrontation de demain contre le Mali au rendement des joueurs du milieu de terrain, d’autant que le point fort de l’adversaire se situe dans cette zone. Cela passe par l’utilisation d’éléments maîtrisant la récupération, comme Mohamed Belhaj Mahmoud, et par le recours à la vitesse dans la construction des attaques pour atteindre la cage malienne. Il a également insisté sur la nécessité d’éviter les erreurs défensives qui ont coûté cinq buts encaissés, estimant qu’il serait sage, selon lui, de laisser reposer le gardien Aymen Dahmene après sa performance mitigée en phase de groupes, et d’offrir sa chance au gardien Bechir Ben Saïd.

De son côté, Labib Sghaier, chef du service des sports à la Radio Tunisienne, a rappelé que lors de la CAN 2019, l’équipe de Tunisie avait atteint les demi-finales malgré une qualification depuis la phase de groupes avec seulement trois points. Il a indiqué que la possibilité de briller dans cette édition est toujours possible malgré la performance chancelante offerte par l’équipe dans ses matchs précédents, qu’il attribue principalement aux changements excessifs de schémas tactiques, ayant créé une confusion évidente dans le jeu.

S’agissant du match des huitièmes de finale, Sghaier a souligné que le Mali est devenu un adversaire traditionnel ayant souvent barré la route à la Tunisie dans différentes compétitions, que ce soit lors des qualifications pour la coupe du monde ou de la CAN. Il s’est dit convaincu que le niveau technique entre les deux sélections est très proche et que la rencontre sera tranchée par des détails. Il a également mis en garde contre la force du milieu de terrain malien, qui comprend des joueurs alliant qualités techniques et puissance physique.

Selon le journaliste, le staff technique national doit s’appuyer sur les joueurs les plus en forme physiquement et mentalement, d’autant que le rendement de certains éléments a été en deçà des attentes lors des matchs précédents, comme le latéral droit Yann Valery qui a, selon lui, échoué dans son apport offensif à fournir des centres précis, et l’avant-centre Hazem Mastouri qui n’a pas offert une performance convaincante à ses yeux.
Le chef du service des sports à la Radio Tunisienne a conclu en insistant sur la nécessité de faire preuve d’efficacité et de concentration tout au long du match, qui pourrait selon lui se prolonger en prolongations, ainsi que sur l’importance du réalisme offensif pour transformer les demi-occasions en buts. Il a également appelé à éviter le désordre tactique qui a accompagné les matchs contre le Nigeria et la Tanzanie, notamment l’utilisation côte à côte du duo Hannibal Mejbri et Ismail Gharbi, ce qui a, selon lui, affecté négativement la performance globale de l’équipe.

 

Auteur

La Presse