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Cancer du col en Tunisie : seulement 14 % des femmes dépistées

  • 2 janvier 17:41
  • 5 min de lecture
Cancer du col en Tunisie : seulement 14 % des femmes dépistées

Le dépistage en Tunisie par le frottis cervico-utérin qui est un examen de dépistage du cancer du col de l’utérus est rarement fait, a indiqué Rim Abdelmlek, professeur hospitalo-universitaire en maladies infectieuses qui a souligné que les femmes qui en ont bénéficié ne dépassent pas 14 à 16% des femmes en âge de procréer, alors qu’il faut couvrir au moins 70% des femmes pour dépister le maximum de lésions précoces.

Elle a souligné que le cancer du col de l’utérus, peut être causé par les papillomavirus (HPV), virus étant très répandu, ubiquitaire, de transmission très facile, oncogène et sans traitement curatif, les seuls moyens de lutte sont l’association d’un dépistage régulier et d’une vaccination précoce.
« Le HPV est un virus très répandu, nu, donc résistant à la chaleur et à la dessiccation, ce qui lui permet de persister dans milieu extérieur, sur les surfaces et les vêtements pendant plusieurs jours » a-t-elle fait savoir précisant que La transmission se fait par le contact, de peau à peau, de peau à muqueuse, de muqueuse à muqueuse et à travers les objets et les surfaces.

En effet, ce virus se transmet très facilement par les gestes de la vie quotidienne, entre les membres d’une même famille, au sein d’un couple, de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou la toilette, dans les lieux communs comme les bains maures, les spa, les salles de sport, par le contact et le partage d’objets comme les cigarettes, le narguilé, les haltères, les roses de bain, les serviettes, les cuillères ou par les microtraumatismes à travers une surface contaminée comme les bords de piscine.

Concernant le cancer du col utérin, Abdelmlek a indiqué que les données rapportent aux alentours de 600 cas par an de cancers avérés dont au moins 200 décèdent après une souffrance associant chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, et des familles éplorées, des enfants laissés sans mères et des familles brisées. On estime qu’il y a aux alentours de 400 à 6000 cas de lésions pré-cancéreuses par an vu que la règle est d’avoir 10 fois plus de lésions pré-cancéreuses que de cancers.

La vaccination est utilisée dans 154 pays à travers le monde dont l’Arabie Saoudite, le Maroc, la Mauritanie et la Libye. Les vaccins peuvent contenir deux génotypes (16 et 18) vu leur responsabilité première dans tous les cancers liés au HPV, ou quatre génotypes (16, 18, 6, 11) pour prévenir les cancers et les verrues ou neuf génotypes (16, 18, 6, 11, 31, 33, 45, 52, 58) pour élargir le spectre sur d’autres cancers.

En Tunisie, les cancers du col sont dûs aux génotypes 16 et 18 dans 70-90% des cas selon les régions. La vaccination va ainsi prévenir autant de cancers du col mais aussi d’autres cancers pelviens ou ORL. Le vaccin génère une protection croisée contre d’autres génotypes comme 31, 33, 45 et 51, a-t-elle expliqué.

« C’est un vaccin bien toléré, efficace qui prévient jusqu’à 100% des cancers induits par les génotypes ciblés. Il n’est pas responsable de stérilité, ni maladie neurologique, ni maladie inflammatoire, ni dégénérative » a indiqué Abdelmlek.

La vaccination est indiquée au mieux à l’âge de 11 ans mais peut se faire à base d’une seule injection jusqu’à l’âge de 16 ans. A partir de 17 ans, il faut au moins 2 doses de vaccins. Les jeunes qui désirent se vacciner peuvent le faire jusqu’à l’âge de 26 ans.

Le vaccin contre HPV bivalent contre 16 et 18 n’est indiqué que chez les femmes, a-t-elle rappelé, indiquant que le programme national de vaccination a inclus le HPV dans le calendrier national depuis avril 2025. Le vaccin est disponible dans les centres de soins de base. Ceux qui ont des filles au-delà de 16 ans, peuvent commander le vaccin en officinal vu que le vaccin qui a été introduit en Tunisie en 2009, garde encore son AMM (autorisation de mise sur le marché) et qu’on peut l’importer sur commande ferme.

Ainsi, le vaccin contre HPV est efficace, sûr et associé à une innocuité prouvée par 20 ans d’usage sur le plan international. Il est à rappeler que tous les vaccins sont à base de VPL, donc utilisant la même technologie même s’ils sont différents.

Les schémas initiaux avaient prévu jusqu’à 3 doses pour vacciner une même personne. Depuis 2022 des études ont montré qu’une seule dose est suffisante pour assurer une couverture vaccinale permettant d’aider l’immunité à lutter contre le virus (empêcher l’entrée virale et/ou aider à la clairance virale). Depuis 2024, l’OMS a retenu ces nouveaux schémas pour permettre de vacciner le maximum de personnes mais aussi pour simplifier les schémas vaccinaux.

Des études menées au danemark ont prouvé la réduction claire de l’incidence des cancers parmi la population vaccinée, d’autres études menées sur des centaines de milliers de femmes ont prouvé qu’il n’y avait aucun impact sur la fertilité, d’autres études n’ont pas montré de majoration des complications neurologiques, ni auto-immunes, a-t-elle dit.

Auteur

La Presse