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Des pièges et des désaccords

  • 2 janvier 19:45
  • 4 min de lecture
Des pièges et des désaccords

Le doute s’est installé au camp de la sélection après ce premier tour. Il y a de quoi.

La Presse — Pour les puristes, cette qualification sans éclat au tour principal de notre équipe nationale est restée comme une boule dans la gorge. Pourtant, cela n’a pas été facile. Nous avons failli boucler les valises et rentrer les mains vides. En fin de compte, une fois cette Coupe d’Afrique terminée, que pourrait être le bilan ?

Malheureusement, il y a des compétitions à l’issue desquelles le bilan pourrait être établi avant même la fin de l’épreuve. Il y a en effet des constats qui ne nécessitent pas une boule de cristal pour les clarifier.

Notre équipe de Tunisie a très mal entamé cette coupe d’Afrique. La Coupe arabe de  triste souvenir, mal préparée, a tout remis en cause et surtout a bouleversé les liens qui s’étaient patiemment tissés entre l’équipe nationale et son public. L’entourage de la sélection, le choix du personnel d’encadrement à tous les niveaux, les déclarations intempestives en fin de matchs, l’entêtement dans l’analyse des situations qui ont pourri l’ambiance, et bien d’autres choses encore, ont été des pièges, pour ne pas dire un champ de mines, qui ont nourri les conversations et les déluges de désaccords. Sur tout.

Tout d’abord, ce milieu ambiant qui a prédominé avec des plateaux qui réduisaient tout à de la perte de temps. Rien n’est resté des envolées lyriques qui ont bercé le conscient et le subconscient du public, des joueurs et des observateurs. Comme par miracle, ce groupe de jeunes de valeur, qui a réussi à donner espoir aux fans de cette sélection au lendemain de cette sacrée rencontre livrée face au Brésil, s’est soudain liquéfié.

Son entraîneur traîné dans la boue, menacé, assommé, accusé de régionalisme, ses assistants traités d’incompétents.  Les douze millions de techniciens, que nous possédons, se sont lâchés. Les plateaux se sont enflammés et tout ce monde, qui devrait assurer paix et sérénité au groupe, semble avoir été touché par la baguette magique d’une fée maléfique qui s’est jurée de couler cette équipe. Un match, c’est  pourtant une confrontation d’équilibres, un affrontement de structures mentales et émotionnelles, une lecture des espaces à exploiter ou à occuper, pour bouleverser les projets de l’adversaire.

Sursaut d’orgueil

Le choix de Sami  Trabelsi, ce n’était pas un secret,  a été un retour aux fondamentaux du football : le réalisme et une défense intraitable. Nous l’avons su dès sa prise en charge de la sélection et certains, nombreux, ont salué cette orientation qui se voulait réaliste : d’abord défendre pour ne pas perdre, ensuite saisir les occasions qui s’offrent pour surprendre l’adversaire.

Une stratégie basée sur la nécessité de s’opposer à toute tentative de laisser l’adversaire poser son jeu, mais qui présente un risque, lorsque l’on s’évertue à rater les quelques occasions qui se présentent. Et notre équipe nationale en a raté des occasions faciles et pour lesquelles on a appelé des joueurs que l’on s’est entêté de maintenir en dépit de leur manque de réussite.

La question s’est naturellement posée : la solidité de la défense peut-elle compenser le manque d’efficacité en attaque? Eh bien non. Parce que tout simplement, ces ratages encouragent l’adversaire et sèment le doute au sein de l’équipe. Considérant que nous ne pourrions pas descendre plus bas, il est possible qu’un sursaut d’orgueil réinsuffle l’espoir et redonne un meilleur visage de notre onze qui possède les moyens de déjouer les pronostics. A condition de procéder à quelques ajustements qui sautent aux yeux et de mettre un terme à cet entêtement dévastateur.

Auteur

Kamel GHATTAS