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Société

Chroniques de la Byrsa : Dans les méandres des «Zriba»

  • 4 janvier 17:15
  • 3 min de lecture
Chroniques de la Byrsa : Dans les méandres des «Zriba»

Il a fait beau pour la sortie de l’année écoulée et il fait beau pour l’amorce de l’année nouvelle. C’est de bon augure et autant rester sur cette note optimiste pour la reprise de cette rubrique sous les couleurs de 2026.

La Presse — L’avant-veille de la fin de l’année dernière et dans le cadre d’une tournée de repérages en vue d’une future excursion à organiser dans un proche avenir par l’association Générations Hilaliennes, en compagnie du président de cette association et son épouse ainsi que celle d’un couple tuniso-iranien, je me suis rendu dans la localité de Zriba, accrochée au flanc d’un pic du massif du Zaghouan à près de 1.000 mètres d’altitude.

C’est un village que je chéris depuis ma première visite à cet endroit dans les années 60 du siècle dernier. Et ce que j’y ai constaté m’a réjoui le cœur, tant j’avais appelé à sa réalisation en vain des décennies durant. Mais commençons par le commencement.

On doit savoir au préalable qu’il y a, en fait, quatre Zriba. Le premier est celui qu’on rencontre en venant de la ville de Zaghouan. C’est un bourg administratif auquel est venu s’accoler une zone industrielle. C’est le centre administratif qui a été créé dans les années 70 pour y implanter la population qui vivait auparavant dans le village montagneux et que de graves inondations ont contrainte à se réfugier en plaine où le gouvernement de l’époque a décidé de les installer définitivement. Inutile de décrire la platitude du décor urbain en tout point semblable à celle du paysage environnant. 

C’est quoi ce «Olia », si ce n’est l’expression de l’extrême indigence des esprits qui l’ont inventé ?

On traverse ce bourg pour se rendre à sa sortie, à droite, direction Hammam Zriba, station thermale réputée et qui, elle aussi, connaît une extension remarquable qui laisse prévoir une prochaine fusion avec son voisin. A gauche s’amorce une bretelle qui, au-delà du pont en bois qui surplombe un ru, part sur environ 6 km à l’assaut du pic qui domine la dépression.

Cette bretelle conduit vers le bien nommé Zriba «Olia» dûment signalé comme tel sur une pancarte en arabe et en caractères latins. 

Arrêtons-nous un peu à cette pancarte, elle mérite l’attention car elle en rappelle une autre, à plus de deux cents kilomètres de là, dans cet autre massif de Kesra. Là, une autre plaque indique dans les mêmes caractères la direction de Kesra «Olia» à la sortie du village de Kesra administratif, lui aussi créé relativement récemment. 

C’est quoi ce «Olia», si ce n’est l’expression de l’extrême indigence des esprits qui se sont ingéniés à «traduire» ainsi l’équivalent du même mot en arabe? Consultez les vieux documents en langue française et vous verrez que le Zriba perché était désigné par l’appellation de Zriba-Haut. Ça fait moins ridicule que Zriba Olia. Non ?

(A suivre)

Auteur

Tahar Ayachi