Une nouvelle souche de grippe identifiée en Australie est désormais au cœur d’une flambée mondiale d’ampleur inédite, après avoir alimenté la saison grippale la plus sévère jamais enregistrée dans le pays, alertent des chercheurs australiens.
Baptisée « Super-K », cette variante de la grippe A (H3N2), appartenant au sous-clade K, a été détectée pour la première fois en Australie et en Nouvelle-Zélande en août dernier, en pleine fin d’hiver austral. Fait inhabituel, la saison grippale 2025 s’est prolongée jusqu’à l’été, offrant au virus un terrain favorable à sa diffusion rapide.
Depuis, la souche a été repérée dans plus de 30 pays, selon l’Institut Peter Doherty pour l’infection et l’immunité, basé à Melbourne. En Australie seule, plus de 427.000 cas de grippe ont été officiellement notifiés en 2025, soit une hausse de 21 % par rapport à l’année précédente, un record depuis le début du suivi national en 2001. Près d’un millier de décès ont été recensés sur les neuf premiers mois de l’année.
Les scientifiques expliquent cette propagation par une dérive génétique du virus. La souche Super-K a accumulé des mutations sur l’hémagglutinine, une protéine clé de sa surface, ce qui la rend plus difficile à reconnaître par le système immunitaire, y compris chez des personnes déjà vaccinées ou précédemment infectées.
Les données hospitalières et de médecine de ville restent toutefois rassurantes sur un point : la vaccination continue de jouer un rôle protecteur majeur. En pratique, elle réduit encore d’environ moitié le risque de consultations médicales et d’hospitalisations liées à la grippe, soulignent les experts.
Face à cette évolution rapide, les autorités sanitaires australiennes ont déjà ajusté la composition des vaccins destinés à la saison 2026 dans l’hémisphère Sud, notamment le composant H3N2.
Une course contre la montre assumée, alors que les spécialistes appellent à renforcer la surveillance, l’adaptation des vaccins et l’accès aux antiviraux pour limiter l’impact des prochaines vagues.