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Culture

On a vu pour vous : « My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr : L’intime au cœur du cinéma nigérian

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  • 4 janvier 19:30
  • 2 min de lecture
On a vu pour vous : « My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr : L’intime au cœur du cinéma nigérian

Dans le paysage foisonnant du cinéma africain contemporain, « My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr s’impose comme une œuvre singulière. 

Ce long métrage nigérian propose une approche délicate et profondément humaine, privilégiant l’intime comme porte d’entrée vers le collectif. Tanit d’argent et prix « Tahar Cheriaa » pour la 1ère œuvre à la 36e édition des JCC.

La Presse — Le film se déroule à Lagos, le temps d’une journée durant laquelle deux jeunes frères accompagnent leur père dans ses déplacements à travers la ville. Un récit qui devient rapidement un parcours initiatique, où chaque geste et chaque silence prennent une valeur symbolique. La figure paternelle, à la fois présente et distante, génère des interrogations sur la transmission, l’autorité et l’absence.

« My Father’s Shadow » inscrit son récit dans le contexte politique et social du Nigeria des années 1990. Les tensions du pays servent de trames de fond, perceptibles à travers l’atmosphère urbaine, les échanges et les obstacles de la vie courante. Cette narration confond l’intime et le collectif mais toujours avec maîtrise et habileté. 

La mise en scène d’Akinola Davies Jr se distingue par sa précision. Le film, dans sa manière de réaliser, capte souvent le mobile et le discret, avec la densité de la vie urbaine à Lagos sans jamais freiner le rythme. Le son mêle bruits urbains et silences, renforce l’immersion et confère au film une dimension presque sensorielle. Cette écriture cinématographique, exigeante mais accessible, fait la puissance du film.

Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, « My Father’s Shadow » a marqué le cinéma nigérian, confirmant l’émergence d’une génération qui rivalise désormais avec le cinéma mondial tout en restant ancrée dans les réalités locales du continent africain. 

Œuvre de mémoire et de transmission, le long métrage a trouvé sa place dans une programmation de festival comme celle des JCC 2025, où le cinéma est pensé comme un espace de réflexion, de résistance et de dialogue entre les cultures. Un film discret mais qui ne passe pas inaperçu et qui rappelle que l’avenir du cinéma africain se joue aussi dans ces récits intimes.

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Auteur

Haithem Haouel