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Economie

Flambée des métaux précieux en 2025 : L’Afrique, grande bénéficiaire des minerais stratégiques

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  • 5 janvier 18:30
  • 4 min de lecture
Flambée des métaux précieux en 2025 : L’Afrique, grande bénéficiaire des minerais stratégiques

2025 a été une année exceptionnelle pour les métaux précieux et stratégiques, créant des opportunités économiques majeures pour certains pays africains producteurs tout en confirmant le rôle des minerais comme valeurs refuges dans un contexte global incertain.

L’année 2025 a été marquée par une flambée spectaculaire des cours de plusieurs métaux précieux et minerais stratégiques, impactée par des tensions commerciales et géopolitiques mondiales, la transition énergétique et les politiques monétaires américaines.

L’or, l’argent, le platine, le cobalt, le cuivre et le lithium ont atteint des niveaux record, bénéficiant à certains pays africains producteurs et créant un environnement favorable aux investisseurs recherchant des valeurs refuges.

Forte demande industrielle de l’or

L’or a été le moteur de cette hausse, progressant de 66 % pour atteindre 4.315 dollars l’once. Ce métal précieux a bénéficié de la forte demande industrielle et joaillière, de l’attrait des banques centrales pour la thésaurisation et des incertitudes économiques mondiales. L’Afrique, qui détient environ 30 % des réserves mondiales, a vu des pays comme le Ghana, le Mali, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso et la Guinée tirer profit de cette hausse, notamment les États ayant accru leur contrôle sur leurs ressources via des codes miniers favorables.

À l’inverse, certains pays comme la Côte d’Ivoire ou la RDC, où les multinationales dominent l’exploitation, en bénéficient moins directement.

L’argent a enregistré la plus forte progression de tous les minerais, avec un bond de 144 % pour atteindre 71,83 dollars l’once, porté par la demande industrielle et l’effet de valeur refuge derrière l’or. Les principaux bénéficiaires africains sont le Maroc, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Namibie et le Ghana, ce dernier profitant notamment de mines comme Zgounder.

Le platine a progressé de 124 %, porté par sa rareté et ses usages industriels et automobiles. L’Afrique du Sud, qui assure plus de 70 % de la production mondiale, est le principal bénéficiaire. Le métal est utilisé dans les pots catalytiques, la chimie et les équipements médicaux, et attire également les investisseurs en période d’incertitude.

2026, un rythme moins soutenu

Le cobalt a connu une hausse exceptionnelle de 120 %, stimulée par la demande des batteries électriques et la décision de la RDC d’interdire temporairement ses exportations pour soutenir les prix. La RDC, qui produit plus de 75 % du cobalt mondial, reste le principal bénéficiaire, avec la Chine comme principal acheteur et raffineur.

Le cuivre a progressé de 45 %, influencé par la politique commerciale américaine, les droits de douane et les tensions sur l’offre mondiale. Les principaux producteurs africains sont la RDC, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Maroc et la Mauritanie.

La demande croissante dans les secteurs des batteries, panneaux photovoltaïques et centres de données a accentué la pression sur les prix.

Le lithium, essentiel aux batteries lithium-ion, a vu son prix augmenter de 57 % malgré une offre abondante. Le Zimbabwe, la RDC, le Mali et la Namibie sont les principaux producteurs africains, tandis que la demande mondiale reste dominée par la transition énergétique et les véhicules électriques.

D’autres métaux comme l’étain ont également bénéficié d’une hausse de 50 %. La tendance haussière des matières premières devrait se poursuivre en 2026, mais à un rythme moins soutenu, sous réserve de la politique monétaire américaine, des tensions géopolitiques et des contraintes de l’offre.

Les investisseurs restent attentifs aux dettes publiques des grandes puissances et aux risques liés à l’essor de l’intelligence artificielle, qui pourraient amplifier la volatilité des métaux précieux.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE