Après l’élimination, il n’a pas fui les questions des journalistes, même s’il s’est dit dégoûté après l’élimination. Hannibal Mejbri a démontré durant cette CAN, sur et en dehors du terrain, qu’il a bien mûri.
La Presse — Quand Sami Trabelsi l’a fait remplacer par Mohamed Ali Ben Romdhane à la 85’, c’était l’incompréhension totale : pourquoi avoir fait sortir le joueur le plus en vue de l’équipe, celui qui n’arrêtait pas de donner des solutions pour tenter de déverrouiller la solide défense malienne, en obtenant des fautes ou en forçant les joueurs adverses à dégager en corners qu’il prenait la charge de les tirer ?
Hannibal Mejbri a été incontestablement le meilleur joueur tunisien sur le terrain face au Mali. Infatigable, il a débordé d’énergie tout au long des 85 minutes qu’il a jouées et il était en mesure d’en procurer davantage, tellement il voulait cette qualification aux quarts de finale.
On comprend dès lors son amertume après l’élimination : “Je suis dégoûté. Je suis dégoûté pour le peuple tunisien.”, a-t-il lancé aux journalistes qu’il n’a pas cherché à fuir dans la zone mixte, contrairement à d’autres.
“Nous n’avons pas assuré et je suis désolé pour cela. Nous devons remercier nos supporters qui n’ont cessé de nous encourager en grand nombre”.
Comme à l’école…
Interrogé sur le match, Hannibal Mejbri n’y est pas allé par quatre chemins, assumant entièrement sa responsabilité et celle de ses camarades dans cet échec cuisant contre le Mali : “C’est une faute professionnelle de ne pas avoir trouvé la solution à 11 contre 10.
Nous n’avons pas tué le match, alors qu’on était en supériorité numérique.
C’est pourquoi je dis que nous devons nous asseoir sur une table, comme à l’école, pour visionner la vidéo du match et réapprendre le football.” Durant cette CAN, celui qui a pris des galons, en devenant titulaire à part entière, a gagné en maturité en dehors du terrain aussi. A la question de son changement par le sélectionneur national, Mejbri a répondu : “C’est le sentiment d’amertume qui me prédomine en ce moment.
Je n’ai pas parlé avec le coach. J’ai un carton jaune. J’ai pris énormément de coups. Je peux comprendre que le sélectionneur me fasse sortir. Les joueurs qui sont entrés ont fait le maximum. Je suis sorti du terrain, certes, mais je n’ai pas arrêté d’encourager mes camarades.”, s’est-il contenté de dire.
Le message de Hannibal Mejbri a été encore plus fort : “Je suis désolé de le dire même si mes propos feront peut-être le tour de la Tunisie : on rêve trop et on ne travaille pas assez.
Et cela c’est le cas de tous les Tunisiens. On ne se forme pas. Ce n’est pas la honte d’apprendre tous les jours, moi le premier, vous en tant que médias. En tant que pays, nous avons pris beaucoup de retard. On doit se poser des questions et pas seulement en football”.