L’année 2026 marque un tournant stratégique pour l’économie tunisienne. Sous l’impulsion du nouveau budget économique et des orientations parlementaires, le pays lance officiellement son plan quinquennal . Une ambition qui se traduit par un objectif chiffré clair : une progression de 12 % du volume des investissements, porté par une stratégie de « souveraineté » et une dématérialisation sans précédent des procédures.
Pour séduire à nouveau, les investisseurs nationaux et internationaux, le gouvernement tunisien déploie un dispositif reposant sur quatre piliers principaux:
Via le futur portail National de l’investisseur, l’administration promet une gestion numérique de A à Z, de la création à l’exploitation.
Un vaste plan de modernisation des ports et des flux de transport pour réduire les coûts et les délais.
Pour briser le plafond de verre du crédit bancaire classique, de nouveaux mécanismes de garantie et de financement sont mis en œuvre.
Outre, un accompagnement « sur mesure » des promoteurs, avec une mise en valeur des spécificités économiques de chaque région.
Les projections pour 2026 témoignent d’un regain d’optimisme. Les investissements globaux devront frôler la barre des 30 milliards de dinars. Sur le front des Investissements Directs Étrangers (IDE), la Tunisie vise la mobilisation de 4 000 millions de dinars, un bond significatif par rapport aux 3 400 millions attendus l’année précédente.
Le budget 2026 dessine une économie de résilience, avec des investissements qui ont été réalisés dans les secteurs vitaux :
Avec une hausse de 54,5 % du budget agricole, la priorité est donnée au dessalement et à la modernisation du réseau de distribution.
Neuf zones industrielles vont sortir de terre sur près de 350 hectares.
Outre le projet de gaz de Tataouine et le champ Didon, l’année sera marquée par l’accélération du projet ELMED (interconnexion avec l’Italie) et le stockage d’énergie photovoltaïque.
Le volet transport n’est pas en reste. Entre la livraison de nouvelles rames pour le mythique TGM, la modernisation du « train du phosphate » et l’avancement de l’autoroute Tunis-Jelma, l’État a injecté des capitaux massifs pour fluidifier les échanges. Le doublement des routes nationales (Sfax-Kasserine et Sousse-Kairouan) ainsi que le pont de Bizerte restent les vitrines de cette métamorphose infrastructurelle.
Si la feuille de route séduit sur le papier, la communauté financière reste attentive à la mise en œuvre. Les experts soulignent que la réussite de ce plan dépendra de la capacité de l’État à instaurer une réelle transparence de marché et à garantir une saine concurrence. Le défi pour 2026 ne sera pas seulement de mobiliser les fonds, mais de s’assurer que chaque dinar investi génère la croissance et les emplois promis.