Le parlement face à 2026 : Les députés persévèrent dans la culture de l’initiative
A partir d’aujourd’hui, lundi 5 janvier, les députés se mettent à l’œuvre pour concrétiser les initiatives législatives qu’ils sollicitent quotidiennement auprès des palais de Carthage et de La Kasbah et aussi pour passer à l’action et obliger le président de l’ARP, Brahim Bouderbala, à faire passer devant la séance plénière certains parmi les soixante projets de loi qui dorment dans les tiroirs de son bureau. Habités par la culture militante du processus du 25 juillet et fidèles aux injonctions du Président Kaïs Saïed, ils sont déterminés à faire de 2026 l’année du décollage civilisationnel tant rêvé par les Tunisiens patriotes.
La Presse — Il est de tradition qu’à chaque démarrage d’une session parlementaire, on procède au renouvellement de l’élection des membres du bureau du Parlement, des membres des commissions législatives permanentes et, jusqu’à une récente époque, du président du Palais du Bardo et deux présidents. Sauf que cette dernière pratique a disparu avec la révolution avec la décision de choisir un président et ses deux adjoints (un homme et une femme) pour la totalité du mandat, soit cinq années au cas où le Parlement ne serait pas dissous avant terme.
En Tunisie, faut-il le rappeler, une tentative de déloger le président du Parlement 2014-2019 a échoué, faute du nombre requis des volants (109 sur 217) et récemment certains députés ont fait courir l’information qu’ils ont déjà collecté soixante signatures sur 161 députés (en réalité 154 parmi lesquels 2 députés dont l’un est emprisonné et 7 n’ont pas été élus faute de candidats dans les circonscriptions de quelques pays européens) pour demander la révocation du doyen Brahim Bouderbala qui garde toujours la barque et attend que la pétition débarque, si Dieu le décide, au bureau de l’Assemblée. Mais pour le moment, c’est le prochain bureau qui va en décider au cas où les soixante contestataires ne feraient pas marche arrière et renonceraient à leur plan faute d’un remplaçant capable de recueillir l’adhésion des députés considérés comme les têtes «dures» du palais du Bardo.
Mais en attendant que nos élus décident du sort de Me Brahim Bouderbala, au cours de la semaine du lundi 5 janvier, les députés seront devant la responsabilité de «renouveler les structures parlementaires sur la base du principe du consensus», comme le souligne le député Youssef Toumi qui affirme que «les consensus sont déjà définis» et que l’essentiel est maintenant de se pencher «sur les priorités législatives».
C’est-à-dire sur les projets de loi dont Brahim Bouderbala sollicite la présentration rapide par le gouvernement sous «la menace» de voir les députés passer la vitesse supérieure et décider eux-mêmes de réviser profondément les conventions signées avec plusieurs pays européens, dont principalement la Turquie, de réformer le Code de l’investissement, d’annoncer la composition du Conseil supérieur de la magistrature, de voter une loi qui suspend officiellement le paiement des salaires des membres de l’Instance nationale de lutte contre la corruption.
Ou de passer carrément à la publication des textes d’application de la loi relative au recrutement des diplômés du supérieur ayant passé 10 ans à attendre un poste dans l’administration. Et ce, au cas où les experts du Palais de La Kasbah prendraient la décision de faire traîner les choses et de reporter aux calendes grecques l’élaboration du texte qui permettra à des milliers de jeunes Tunisiens de quarante ans ou plus de goûter à la dignité en accédant à un emploi digne de leur formation et à même de concrétiser leur droit absolu à la participation active à la marche de leur pays sur la voie de la prospérité et du progrès.
Les députés décriés par les détracteurs professionnels et les champions du mensonge et considérés comme des «valets» qui appliquent aveuglément les ordres sont devant la responsabilité de montrer aux Tunisiens que même si certains parmi eux manquent d’expérience, peinent à communiquer avec les citoyens qui les ont élus ou confondent entre les compétences qui leur sont attribuées et leurs propositions parfois carrément sur la plaque, il reste qu’ils bénéficient toujours de la confiance du peuple qui est convaincu qu’ils sont en mesure de concrétiser les aspirations communes des patriotes. Tout simplement parce qu’ils se nourrissent dans la culture de la militance prônée par le Président de la République et parce qu’ils ont choisi de servir la Tunisie et de porter leur allégeance à la Tunisie et à elle seule.