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Pharmaciens d’officine: le syndicat ouvert à toute proposition de négociation avec la CNAM

  • 5 janvier 16:27
  • 3 min de lecture
Pharmaciens d’officine: le syndicat ouvert à toute proposition de négociation avec la CNAM

Au lendemain de l’expiration de la convention les liant à la CNAM, les pharmaciens d’officine tirent la sonnette d’alarme. Entre asphyxie financière et dysfonctionnements structurels, le syndicat se dit prêt à une reprise du dialogue, à condition qu’elle s’inscrive dans une réforme profonde du secteur.

Dans un communiqué publié ce lundi à l’issue de son bureau exécutif, le syndicat Tunisien des Propriétaires de Pharmacies Privées (SPOT) a officialisé la fin de la relation contractuelle avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), effective depuis le 31 décembre 2025. L’organisation syndicale rejette toute responsabilité dans cette impasse, affirmant que les pharmaciens n’ont pas délibérément choisi la rupture, mais y ont été « acculés ».

Le syndicat dénonce une « politique de la fuite en avant » et une « inertie réformatrice » de la part des autorités de tutelle. Il se dit néanmoins ouvert à toute médiation « sérieuse et responsable » qui placerait l’intérêt de l’assuré social au cœur des priorités, tout en restaurant la dignité de la profession.

185 jours d’impayés
le constat dressé par le SPOT est sans appel : l’exercice 2025 aura été une « année de calvaire » pour les professionnels et les patients. Deux fléaux majeurs ont grippé le système :

les délais de remboursement de la CNAM excèdent désormais les 185 jours, une situation qui vide la trésorerie des officines et menace leur pérennité.

les perturbations chroniques de l’approvisionnement ont transformé la quête de médicaments en un défi quotidien pour les malades.

L’urgence de réformes structurelles
Pour le syndicat, la crise actuelle n’est que le symptôme de politiques défaillantes accumulées depuis 2015. Le SPOT interpelle le gouvernement sur plusieurs dossiers législatifs en suspens, indispensables à la régulation du marché, à savoir:

l’activation immédiate de la commission unifiée des prix des médicaments.

l’encadrement strict de la fabrication et de la distribution des compléments alimentaires et des dispositifs médicaux.
l’urgence de légiférer sur les produits à visée thérapeutique qui circulent aujourd’hui hors de tout contrôle sanitaire.

En réaction à la suspension du tiers-payant décidée unilatéralement par les pharmaciens le 8 décembre dernier, la CNAM a instauré un dispositif d’exception. Depuis le 10 décembre, les assurés sociaux affiliés à la filière privée doivent avancer l’intégralité des frais pour espérer un remboursement ultérieur par la Caisse. Si cette mesure évite un blocage total des soins, elle fait peser sur le citoyen le poids de la crise financière qui oppose les prestataires de santé à l’organisme de sécurité sociale.

Auteur

La Presse