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Sport tunisien : Une remise en question maintenant !

  • 5 janvier 11:54
  • 4 min de lecture
Sport tunisien : Une remise en question maintenant !

Le sport tunisien, le football en particulier, déjà à la dérive, a besoin aujourd’hui, comme l’a recommandé le Chef de l’Etat, le 11 janvier 2025, d’une « refonte profonde et globale», surtout que les contre-performances sont de plus en plus fréquentes et douloureuses. Cette restructuration doit être immédiate, car tout report, comme l’espèrent certains privilégiés, risque d’être lourd de conséquences.

La Presse— Comme on s’y attendait, après la débâcle subie lors de la Coupe arable et la sortie humiliante dès le premier tour, l’équipe tunisienne de football a, encore une fois, déçu.

Une déception qui confirme que notre football est réellement à la dérive. Et c’est ce problème de navigation à vue et cette question d’encadrement technique qui inquiètent, toujours.

D’ailleurs les rebondissements qui ont caractérisé le feuilleton farfelu de l’élection du dernier bureau fédéral illustrent clairement le marasme de notre football. Un nouveau bureau qui s’est avéré, rapidement, incapable, même, de prendre les bonnes décisions. Sinon comment expliquer la nomination de Sami Trabelsi, un soi-disant technicien, dépourvu de l’abécédaire du football moderne. Un entraîneur sans repères ni conviction. Tout comme le directeur technique.

Il est vrai, en effet, que, depuis des années, la désignation de nos sélectionneurs nationaux  et de nos dirigeants sportifs n’a jamais tenu compte de la qualité du profit ou encore de la qualification professionnelle du candidat, mais elle est attribuée plutôt par complaisance et ou en tenant compte d’autres facteurs extrasportifs.

Notre football a besoin, d’urgence, de tout un chantier de restructuration profonde qui doit être conduit progressivement et intelligemment. Il faut faire primer l’immédiat et le stratégique.

Pour le premier volet, il s’agit de préparer, en l’espace de cinq mois seulement, une meilleure copie de l’équipe tunisienne pour la Coupe du monde 2026, pour minimiser les dégâts et surtout éviter le ridicule.

On ne cherche certainement pas un éventuel exploit, mais de faire preuve, au moins, d’implication et  de caractère.

Retenir les bonnes dispositions

Pour le stratégique, le football tunisien doit mettre un terme à cette navigation à vue pour s’engager, à long terme, dans une réforme sérieuse, profonde et globale. Il est question d’une nouvelle planification à la base, en s’appuyant sur les principaux défis structurels, tels que l’infrastructure, la gestion, la professionnalisation effective et l’investissement dans la formation.

Comprendre : la nécessité d’une volonté réelle de changer les principaux fondamentaux de notre sport-roi.

N’oublions pas que certains de nos concurrents directs, comme l’Algérie et le Maroc, ont connu, par le passé, la même traversée du désert, mais grâce à une remise en question sérieuse et une prise de conscience générale de la nécessité d’une restructuration approfondie, ils ont réussi, en l’espace de quelques années, non seulement à remonter la pente mais à dominer, aussi, la hiérarchie du football africain.

Et le football tunisien est capable de relever un tel enjeu et même de faire mieux, pour peu que les mentalités changent, qu’on prenne les bonnes dispositions , qu’on se fixe les objectifs essentiels, et qu’on applique une refonte sincère et non pas se contenter des sempiternels colmatages. Le tout dans la transparence totale.

Pour cela, il est important d’arrêter, avant tout, de percevoir le football comme une simple dépense mais de le gérer plutôt comme une véritable industrie. Certes, on a gaspillé beaucoup de temps, mais comme disait l’adage, «mieux vaut tard que jamais».

Il est certain que quelques personnes, par crainte de perdre leurs places et leurs privilèges, chercheraient à repousser encore cette échéance de réforme, en surfant sur notre qualification au mondial 2026, mais n’auront certainement pas, cette fois-ci, la même liberté de manœuvre.

Car il s’agit-là de tout un choix national stratégique, vital pour la survie de notre football. Sans pour autant oublier que le football est et restera toujours un thermomètre social et un facteur de stabilité et d’épanouissement.

Auteur

Anis SOUADI