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Editorial

Caisses de sécurité sociale : mieux agir sur les ressources

  • 6 janvier 17:00
  • 3 min de lecture
Caisses de sécurité sociale : mieux agir sur les ressources

Les analyses, notamment financières, des experts, de la protection sociale sont, de plus en plus, préoccupantes.

Les dernières statistiques retiennent, en effet, que la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), malgré un excédent d’environ 900 millions de dinars, accuse un problème d’assèchement de liquidité assez sérieux.

Cette situation paradoxale est justifiée par la mauvaise santé financière de nos caisses de sécurité sociale qui, comme on l’a souvent relevé, n’arrivent toujours pas à bien gérer leurs ressources et mieux capitaliser sur les cotisations. Faute de projections et d’orientations. Une attitude qui explique leur incapacité d’honorer l’essentiel de leurs engagements envers la Cnam.

On se rappelle d’ailleurs que le Chef de l’Etat, lors de son entretien, le 27 octobre dernier, avec le ministre des Affaires sociales, a réaffirmé l’urgence de trouver une sortie radicale de la crise financière que connaissent nos caisses, tout en qualifiant la question de leur redressement «d’enjeu de stabilité nationale».

L’urgence de ce redressement financier est d’autant plus légitime que les derniers bilans retiennent un déficit à trajectoire haussière à risque. Pour la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale, (Cnrps), le déficit est passé de 600 millions de dinars en 2023 à 700 millions en 2024 pour se stabiliser, vraisemblablement à 1,1 milliard au terme de 2025.

Au niveau de la Caisse nationale de sécurité sociale, (Cnss), le constat est beaucoup plus grave puisque, pour les trois dernières années, le déficit est passé de 950 millions à 1,2 milliard pour se situer, finalement,

à 1,4 milliard de dinars. En attendant, bien entendu, la confirmation de nos statisticiens.

La situation est donc inquiétante, elle risque même de compromettre la viabilité de notre système de protection sociale. Ce qui implique des mesures d’équilibrage financier bien étudiées et qui devraient porter, comme on l’a déjà soulevé, sur l’élargissement intelligent de la base d’affiliation pour impliquer les activités qui continuent à renier leur devoir social, et l’actualisation de notre politique d’indemnisation, toujours peu adaptée aux nouvelles exigences du système national.

Mais le plus important serait, certainement, de trouver la parade nécessaire pour mieux agir sur les ressources propres de nos caisses, à travers l’optimisation des cotisations, l’amélioration du niveau de recouvrement, la diversification des prestations et la maîtrise aussi bien des dépenses que des coûts. Sans parler, bien entendu, de la digitalisation du système et de l’élargissement de son contenu technologique.

Il s’agit, en somme, de reconvertir nos caisses de simples fonds de collecte en véritables structures de réinvestissement et de création de richesses. Une expérience qui a prouvé sa fiabilité dans plusieurs pays.

Auteur

Anis SOUADI